Erik Karlsson produit à plein régime. Mais l’attaque massive des Sénateurs, dont il est le quart-arrière, en arrache. Guy Boucher s’attend à ce que ça change.

L’attaque massive peut-elle débloquer ?

Les choses vont finir par s’améliorer, promet – encore et toujours – Guy Boucher.

L’entraîneur-chef des Sénateurs d’Ottawa est convaincu que son jeu de puissance est sur le point de débloquer.

« Notre jeu de puissance aurait pu marquer deux ou trois buts ce soir », a-t-il déclaré, après le revers de 2-1 encaissé samedi soir.

Le seul filet inscrit aux dépens du gardien adverse, Jaroslav Halak, a été inscrit avec l’avantage numérique, au troisième engagement.

« Notre jeu de puissance avait vraiment bonne mine. La rondelle circulait vraiment bien. Nous avons réussi à atteindre la cible pour décocher de bons tirs sur réception. Nous avons réussi à en marquer un. Nous aurions pu toucher la cible bien plus tôt. »

Ils auraient effectivement pu marquer plus tôt. 

Le but marqué par Duchene a mis un terme à une longue disette.

Les Sénateurs ont profité de leur deuxième journée de congé consécutive, lundi.

Ils reprendront l’entraînement mardi, à l’Académie CIH de Rockland. Ce sera le début d’un long et crucial voyage pour eux.

Un réveil de l’attaque massive serait bien entendu salutaire.

On constate toutefois que l’optimisme de Boucher ne s’appuie pas sur les succès du passé.

Une petite recherche nous révèle que les Sénateurs ont rarement été dominants dans cette phase du jeu. Ils ont percé le top-5 pendant une période de quatre ans, entre 2002 et 2006.

À cette époque, Daniel Alfredsson et Wade Redden connaissaient leurs plus belles années.

Ça fait longtemps. 

Les performances de jeu de puissance des Sénateurs, cette saison, sont à la hauteur de celles des sept ou huit saisons précédentes.

Depuis 2009, l’attaque massive d’Ottawa produit à un rythme qui oscille entre 16 et 18 %.

Erik Karlsson a fait ses débuts dans la LNH durant la saison 2009-10. Deux ans plus tard, il a remporté le trophée Norris pour la toute première fois. Depuis, il est devenu le défenseur à caractère offensif par excellence sur la planète. Il vit clairement dans une classe à part.

Pourtant, dans son rôle de quart-arrière, il dirige une attaque massive qui ne parvient presque jamais à se positionner dans le top-15 du circuit Bettman.

Karlsson continue de produire à plein régime, mais il produit surtout à forces égales.

Son entraîneur persiste.

« Ça fait deux matches que l’avantage numérique est très dominant, a-t-il martelé, tard samedi soir. Je pense qu’on a mis du temps là-dessus. Certains joueurs sont récemment revenus au jeu. C’est notamment le cas de Smitty… Il y a Matt Duchene, aussi. On commence à comprendre ses forces. On l’a placé à la bonne place. C’est un peu la même chose pour les autres joueurs. Tout cela fait en sorte que la rondelle bouge beaucoup. Quand les gars ne sont pas là où ils doivent être, on vit forcément une période d’adaptation. Plus ça va, plus on va prendre de bonnes décisions. »

Le cas de Columbus

Les statistiques nous révèlent d’abord qu’il n’est pas nécessaire de posséder un jeu de puissance très efficace pour connaître du succès dans la LNH.

La preuve réside chez les Blue Jackets de Columbus.

La formation de l’Ohio traîne dans les bas fonds. Elle a entrepris la semaine au 31e rang avec un famélique taux de succès de 9,7 %.

Ils parvenaient quand même à se maintenir dans le top-5 du classement général.

Ils ont remporté six matches d’affilée avant de rendre visite au Canadien de Montréal, lundi soir. Durant cette séquence, leur attaque massive leur a donné un seul but en 12 tentatives.

LES SÉNATEURS EN BREF

Kelly fait ses débuts à Belleville

Le vétéran attaquant Chris Kelly a disputé ses deux premiers matches dans l’uniforme des Senators de Belleville, la fin de semaine dernière. 

Il a connu des débuts modestes. Il a été blanchi à ses deux sorties. Il s’est contenté de décocher trois tirs au but et de passer six minutes au banc des pénalités dans les rencontres où les B-Sens se sont inclinés devant leurs rivaux ontariens, les Marlies de Toronto. 

Kelly a paraphé un contrat d’essai avec les Senators, la semaine dernière. En effectuant un retour dans la Ligue américaine, à 37 ans, il veut convaincre une formation de la LNH qu’il lui reste encore quelque chose à donner. 

Ce week-end, à Belleville, il s’est retrouvé au centre d’un troisième trio. Il a patiné entre deux espoirs québécois des Sénateurs, Gabriel Gagné et Francis Perron. 

Gagné, choix de deuxième ronde lors du repêchage amateur de l’été 2015, a inscrit le seul but de son équipe dans un revers de 5-1, dimanche. C’était déjà son neuvième de la saison. Il domine les B-Sens à ce chapitre. 

Dans le match de dimanche, le défenseur suédois Andreas Englund s’est aussi démarqué en assénant une violente mise en échec à l’espoir finlandais des Maple Leafs, Kasperi Kapanen.

Entre les lignes

Les Sénateurs partiront assez tôt vers Montréal, mardi matin, mais ils feront un arrêt assez tôt sur le bord de l’autoroute 174. Ils doivent s’entraîner en fin d’avant-midi sur la patinoire de l’Académie CIH de Rockland. Il ne s’agira pas de la première visite des Sénateurs dans ce jeune amphithéâtre. Chaque fois, les gradins se remplissent de jeunes et bruyants amateurs de hockey provenus des nombreuses écoles de l’Est ontarien.

Les Sénateurs seront en voyage pour une période prolongée, mais ils ne devront pas penser plus loin que leurs premiers adversaires. Lors de leur dernier affrontement, ils ont été rossés 8-3 par le Canadien. Depuis, en 10 parties, ils présentent une fiche plutôt moche de 3-6-1.

L’ancien attaquant du Canadien, le Gatinois Daniel Brière, sera de passage dans sa région natale, mardi. Il en profitera pour lancer sa biographie, Mister Playoffs, qu’il a rédigée en compagnie du journaliste sportif Martin Leclerc. Dans ce bouquin d’environ 300 pages, Brière raconte quelques histoires inédites sur sa carrière de 973 matches dans la LNH. Il a passé son avant-dernière saison à Montréal, où il a inscrit 25 points en 69 rencontres.