Le milieu terrain de Chelsea, Antoine Coupland, a participé à un entraînement avec des coéquipiers de l'Atlético d'Ottawa.
Le milieu terrain de Chelsea, Antoine Coupland, a participé à un entraînement avec des coéquipiers de l'Atlético d'Ottawa.

L’Atlético saute sur le terrain

C’était un grand jour dans la petite histoire sportive d’Ottawa. L’Atlético, nouveau club de soccer professionnel, a tenu mercredi une première séance d’entraînement dans la capitale.

On ne peut pas dire que c’était un événement grandiose, ni spectaculaire. On comptait une demi-douzaine de personnes, à peine, sur le terrain du secteur Manotick.

L’Atletico a présentement 14 joueurs sous contrat. Seulement cinq d’entre eux ont choisi d’affronter la COVID-19 en ville. Les autres sont rentrés chez eux, aux quatre coins du Canada ou dans leurs pays d’origine.

De façon à respecter les directives de la santé publique et le strict protocole de la Première Ligue canadienne (PLC), les joueurs ont été obligés de respecter une série de mesures.


« Nous allons tout faire ce qu’il faut pour conserver le droit de nous entraîner sur un terrain de soccer. »
Ben Fisk

D’abord, seulement quatre joueurs, à la fois, peuvent utiliser le terrain.

À leur arrivée au complexe d’entraînement, chacun devait se laver les mains et prendre sa température corporelle afin de s’assurer qu’il ne faisait pas de fièvre. Il devait ensuite remplir un questionnaire visant à garantir qu’il ne présentait pas de symptômes.

«Tout cela n’affecte en rien notre enthousiasme», déclare le joueur le plus connu de l’équipe, le milieu de terrain canadien Ben Fisk.

«S’ils veulent nous donner plus de directives à suivre, ils peuvent le faire. Nous allons tout faire ce qu’il faut pour conserver le droit de nous entraîner sur un terrain de soccer.»

Les joueurs ne savent toujours pas ce que l’avenir leur réserve. Avec le temps qui passe, les espoirs d’une saison «normale» de la PLC s’estompent. On parle présentement de la possibilité de réunir les huit clubs dans une seule ville afin d’y organiser un tournoi. L’île de Vancouver a été proposée, récemment, comme ville hôtesse.

«Je demeure optimiste qu’un champion canadien sera couronné en 2020», affirme le partenaire stratégique de l’Atlético à Ottawa, Jeff Hunt.

Le maire Jim Watson et le partenaire stratégique de l’Atlético à Ottawa, Jeff Hunt, ont assisté à l'entraînement du club.

En attendant, que le tournoi ait lieu ou pas, M. Hunt estime qu’il était crucial d’organiser des séances d’entraînement officielles.

«Nous avons tout plein de problèmes, en ce moment. Le moral des troupes en fait certainement partie», affirme-t-il.

«Nous avons des joueurs, étrangers, qui ont quitté leurs familles pour jouer avec nous. Je pense notamment à Acuna, notre joueur mexicain. En principe, ses jeunes enfants devraient venir le rejoindre. Pour l’instant, c’est impossible. Il est coincé ici, il ne peut rentrer chez lui. Il ne peut pas faire grand-chose. Comme plusieurs autres, il vit le Jour de la marmotte. Pour son moral, le fait de tenir des séances d’entraînement structurées, c’est vraiment important.»

Le défi des signatures

Ben Fisk, qui pourrait devenir le premier capitaine de l’histoire de l’Atletico, a justement choisi de rester à Ottawa, en mars ainsi qu’en avril, afin d’épauler les joueurs étrangers qui étaient coincés au Canada.

«Je ne me sentais pas à l’aise de les abandonner, ici. Certains ont de la difficulté à bien parler anglais. Leurs téléphones n’étaient pas bien branchés. Je voulais rester pour leur donner un coup de main.»

Les dirigeants de l’Atlético feront – très bientôt – face à un autre défi. «Nous avons besoin de mettre d’autres joueurs sous contrat», souligne M. Hunt.

L’Atlético aura besoin de plus de 14 joueurs si un tournoi pan-canadien est organisé cet été.

«Et ce n’est pas évident de mettre des joueurs sous contrat quand nous n’avons qu’un scénario hypothétique à leur proposer.»

«Nous avons de la chance. Nous avons un lien privilégié avec l’Atlético de Madrid. Ce club possède une base de données impressionnante. Tous les joueurs qui pourraient se joindre à notre club y sont fichés. Nous continuons de travailler très fort pour trouver de bons candidats.»