Le gérant des Miners Bobby Jones, qui a été le coéquipier de Larry Walker au Colorado de 1997 à 1999, affirme que l’ancien voltigeur de droite des Expos est le meilleur joueur avec lequel il a joué.

Larry Walker a sa place au Temple, croit Bobby Jones

À ses débuts dans les ligues majeures avec les Rockies du Colorado à la fin des années 90, le gérant des Miners de Sussex County, Bobby Jones, a côtoyé les Larry Walker, Andres Galarraga et Mike Lansing, des visages familiers aux amateurs de baseball québécois. Il estime maintenant que l’ancien voltigeur de droite mériterait bien une place au Temple de la renommée du baseball.

Le visage de Jones s’éclaire lorsqu’on mentionne le nom de Walker. «Je dirais qu’il est probablement le meilleur joueur avec qui j’aie évolué dans toute ma carrière. Il faisait tout sur le terrain : il était rapide, il avait de la puissance et il était excellent en défensive», raconte-t-il.

Avec 2160 coups sûrs, 383 circuits et 1311 points produits en 17 saisons dans les majeures, la production de Walker n’a en effet rien à envier à plusieurs joueurs qui sont déjà élevés au Saint des saints. Cependant, l’athlète de Maple Ridge, en Colombie--Britannique, n’a récolté que 34,1 % des votes cette année, alors qu’il en faut 75 % pour être admis.

Le facteur Coors Field

Jones estime que c’est probablement le facteur Coors Field, où Walker a évolué durant près de 10 saisons, qui nuit à ses chances. La balle a toujours été reconnue pour voyager davantage dans la haute altitude et l’air très sec du domicile des Rockies.

«Plusieurs croient que c’est à cause du Coors Field qu’il a eu ces chiffres, mais même quand il était au Colorado, il ne jouait que la moitié de ses matchs là», poursuit-il à propos de celui qui a commencé sa carrière avec les Expos de Montréal pour la finir avec les Cardinals de St. Louis.

«Et Walker, ce n’était pas que de la puissance brute. Je me rappelle surtout des roulants qu’il frappait au champ centre du Coors Field. Il courait directement au deuxième but sans s’arrêter! C’était aussi ça, Larry : de la vitesse et une bonne tête de baseball», poursuit Jones.

Il croit que Walker et l’ancien premier-but Todd Helton, qui a passé toute sa carrière au Colorado, auront un jour leur place à Cooperstown. «Ils étaient bons, peu importe où ils jouaient. Larry sera probablement le premier et dès qu’un ex-Rockies sera là, ça ouvrira la porte aux autres. Tu ne peux pas fermer la porte du Temple éternellement à ces gars-là et à d’autres comme Nolan Arenado. Ce sont tous de grands joueurs.»

Comme lancer une balle de billard...

Jones connaît bien le Coors Field pour y avoir lancé à ses trois premières saisons dans les majeures. «C’était différent à l’époque, ils ne plaçaient pas encore les balles dans un humidor pour compenser l’effet de l’air sec. Parfois, c’était comme lancer une balle de billard. Et quand tu sortais de là pour aller dans un autre stade, ta balle tombait d’un pied! Il y avait toute une adaptation à faire», se souvient-il.

Il demeure cependant convaincu qu’un lanceur peut avoir du succès au Colorado. «À ma première saison complète, je n’avais donné que 12 circuits. Tu peux avoir du succès là-bas si tu fais de bons lancers. Ma seconde année avait bien débuté aussi, mais je me suis blessé et j’en ai donné une vingtaine par la suite», raconte-t-il.

Les succès du jeune gaucher Kyle Freeland cette année, dont la moyenne de points mérités est inférieure à 3,00 et qui est devenu l’as de la rotation des Rockies, tendent à donner raison au gérant des Miners. «Je crois justement que plus des gars auront du succès comme lanceurs au Coors Field, plus les Walker, Helton et les autres frappeurs qui ont évolué là-bas seront pris au sérieux par ceux qui votent pour le Temple de la renommée. Ça signifiera que ce stade ne sera plus seulement considéré comme un paradis des frappeurs.»