Mathieu Chénier a été officiel dans la Ligue américaine de hockey au début des années 2010.
Mathieu Chénier a été officiel dans la Ligue américaine de hockey au début des années 2010.

L’arbitre devenu courtier et promoteur

Avant de brasser des affaires en Outaouais et se porter acquéreur d’un terrain de golf, Mathieu Chénier était un arbitre de hockey prometteur dans les rangs professionnels.

Le Gatinois a été juge de ligne pendant quatre saisons. D’abord dans la East Coast League puis la Ligue américaine jusqu’au printemps 2012.

Récit d’un parcours de la glace aux affaires pour ce père de famille de trois enfants. Et bientôt quatre. Sa conjointe Maude attend la venue d’un garçon en novembre.

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« Oui, il y a un certain prestige à travailler dans le domaine du hockey professionnel. Je crois que nous avons tous un chemin dans notre vie et ce chemin-là n’était pas pour moi », affirme Chénier de la carrière d’arbitre qu’il avait entamé à l’âge de 15 ans avant de la délaisser, une décennie plus tard.

« J’avais commencé parce que je me cherchais un emploi d’étudiant », se souvient l’homme à la charpente de 6’2’’.

Chénier a rapidement gravi les échelons dans les rangs mineurs. À 17 ans, il est choisi parmi l’équipe d’officiels en vue de la Coupe Telus, qui réunit les meilleures formations de hockey midget AAA au pays.

« J’avais presque le même âge que les gars qui jouaient », lance-t-il en riant. L’hiver suivant, on l’envoie aux championnats du monde des moins de 17 ans en Saskatchewan où il était le plus jeune officiel.

Un représentant de la LNH sur place en avait pris note.

Chénier allait passer trois saisons dans la LHJMQ avant de faire le saut chez les pros. Une discussion avec l’ancien responsable des arbitres du circuit, Doug Hayward, l’avait convaincu de poursuivre sa carrière dans la East Coast League.

« Il m’avait dit que je devrais peut-être penser d’aller aux États-Unis pour parler l’anglais. C’est là que j’ai fait mes bagages. Je suis parti dans mon auto, une Mazda 6, vers Charlotte en Caroline du Nord sans être capable de parler un mot d’anglais. Ce fut le début d’une belle aventure. »

À sa première saison dans la East Coast League, on fait appel à ses services durant la finale. Il finira par être promu à temps plein dans la Ligue américaine.

Son dernier match chez les pros, il s’en souvient encore trop bien. Chénier s’est retrouvé au centre d’une controverse sur le but gagnant en prolongation du troisième match de la finale entre les club-écoles du Ligthning de Tampa Bay et des Maple Leafs de Toronto.

« Tu peux le revoir sur YouTube. J’avais le bras levé pour appeler un hors-jeu à retardement », relate-t-il.

« Brandon Segal sortait de la zone pour un changement de ligne de mon bord. Son coéquipier, le défenseur Mike Kostka, a dumpé la rondelle à partir de la ligne rouge. Le gardien des Marlies, Ben Scrivens est sorti de son filet pour jouer la rondelle derrière le filet, mais il s’est fait prendre... La rondelle a frappé une extension de la baie vitrée pour finir dans le filet. »

Le hic ? Le hors-jeu n’a jamais pu être appelé à temps et le but a été accordé. La ligue s’était excusé le lendemain pour la confusion survenue sur la glace entre les officiels.

La saison suivante, c’était lockout dans la LNH. Donc le saut dans la grande ligue devait attendre.

Mathieu Chénier a décidé de rester à Gatineau, optant pour un retour dans la LHJMQ jusqu’au printemps 2015.

« J’aurais voulu continuer chez les pros, mais j’avais eu mon petit gars l’année auparavant. C’est ce qui m’avait convaincu de rester ici. »

Ça, et il avait un intéressant plan B en place. Sa conjointe et lui touchaient déjà au domaine immobilier.

Mathieu Chénier avec sa conjointe et ses trois enfants

« J’avais acheté avec ma femme un premier semi-détaché quand j’étais parti pour mon aventure dans la East Coast League. Ensuite, j’ai acheté des appartements. Ç’a mené éventuellement vers ce projet-ci », dit-il du développement des terrains de l’ancien club de golf Dunnderosa.

« L’an dernier, j’ai terminé un gros projet de 32 logis dans l’est de Gatineau. »

Ajoutez à cela son rôle de courtier immobilier depuis 2014.

« J’ai d’autres projets, autant en affaires qu’en famille. J’aime ça. Je suis un gars qui travaille beaucoup. »