Le centre-arrière des Stampeders de Calgary, William Langlais, disputera le prochain match de la coupe Grey, dimanche, dans son patelin à la Place TD. L’athlète âgé de 27 ans a grandi de l’autre côté de la rivière des Outaouais, à Gatineau. Il a étudié à l’école secondaire Mont-Bleu.

Langlais veut gagner chez lui

William Langlais se considère comme chanceux.

Le centre-arrière gatinois des Stampeders de Calgary s’apprête à participer au match de la coupe Grey pour un deuxième automne de suite. Et dire que sa carrière dans la Ligue canadienne de football n’est vieille que de trois ans.

« En plus, je vais vivre cette finale à la maison. Ça rend le tout encore plus spécial. Je vais pouvoir revoir mes amis », raconte Langlais au bout du fil.

Ses coéquipiers et lui affronteront en grande finale les Argonauts de Toronto, dimanche prochain, à la Place TD. Un stade qui se trouve à une vingtaine de minutes de route du quartier où il a grandi dans le secteur Hull.

Langlais a fréquenté l’école secondaire Mont-Bleu où il a porté les couleurs des Panthères à sa cinquième et dernière année. Il était à l’époque un ailier défensif.

« Je ne pensais jamais jouer un jour chez les pros », avoue-t-il.

Encore moins de gagner un championnat.

« Je n’ai jamais remporté une finale », note l’athlète âgé de 27 ans.

Langlais a perdu en finale du Bol d’Or lors de son séjour en Beauce dans les rangs collégiaux. Puis l’an dernier, il a vu le Rouge et Noir gagner la coupe Grey en prolongation contre les Stampeders et lui à Toronto.

Un revers qui a laissé des traces. Calgary était largement favori.

« On l’a encore sur le cœur ça », reconnaît-il.

À quel point ?

Les Stampeders ont refusé de toucher au trophée de champions de la finale de l’Ouest, dimanche, après avoir défait les Eskimos d’Edmonton. « Le trophée qu’on veut, c’est la coupe Grey », rappelle William Langlais.

Il était neuf heures à Calgary quand le journaliste l’a appelé, lundi matin. Le joueur de 6’3’’ et 235 livres était debout depuis déjà un bout de temps.

« Je suis habitué à me réveiller à six heures », précise-t-il.

Les Stampeders avaient quelques réunions d’équipe prévues plus tard en journée. Il allait être question de l’horaire de la formation dans les prochains jours.

Les Argonauts et eux se pointeront à Ottawa, mardi en fin de journée. Ce sera le début d’un tourbillon médiatique de cinq jours vers le botté d’envoi prévu peu de temps après 18 h, dimanche soir.

« Je vais passer du temps avec mes amis tout en restant concentré sur ce match », assure Langlais.

« Je suis chanceux de vivre ça à la maison. Je me dis que ma carrière sera peut-être terminée la prochaine fois que le match de la coupe Grey sera présenté à Ottawa dans une dizaine d’années. »

Du basket au football

Il a été question d’un peu de tout durant l’entrevue.

De la durabilité de Langlais. Il n’a raté que trois parties en raison de blessures depuis trois ans.

« J’ai été chanceux. Puis habituellement, quand tu es une recrue, tu vas commencer au sein de l’équipe de pratique. Les entraîneurs ici m’ont fait confiance immédiatement. »

On l’a muté dès ses débuts au sein des unités spéciales où il est devenu un morceau important.

« Et cette année, j’ai eu l’occasion de commencer cinq à six parties à l’attaque. Je suis heureux de cette progression. »

Pas pire pour un ado qui a été expulsé de l’équipe de basket de son école secondaire, il y a une dizaine d’années. Ce qui l’avait mené à se tourner vers le football.

« Je vivais des années tumultueuses à l’époque à Mont-Bleu, reconnaît Langlais. Depuis, j’ai gagné en maturité. Dans ce temps-là, je ne prenais pas ça au sérieux. Je pratiquais le sport juste pour passer du temps avec les amis. »

Dans les prochains jours, il pourra passer à nouveau du temps avec ces amis tout en chassant ce premier championnat en carrière.

RETOUR DU « LEMONATOR » À OTTAWA

Il y aura une saveur rouge et noir au match de la coupe Grey, même si le club local n’y participera pas.

Les amateurs des champions en titre reverront plusieurs anciens joueurs de l’organisation qu’ils ont applaudis par le passé à la Place TD. Plus précisément sept joueurs.

Les Argonauts de Toronto en compte six, dont «Le Lemonator».

Shawn Lemon a réussi trois sacs en finale de l’Est contre la Saskatchewan. Il a joué à Ottawa en 2015, aidant l’équipe à accéder au match de la coupe Grey à Winnipeg. Sa sortie de la capitale nationale avait été houleuse. L’ailier défensif s’était chicané sur les médias sociaux avec le DG Marcel Desjardins.

Un autre joueur qui a vécu un divorce avec le Rouge et Noir? Le secondeur Khalil Bass a abouti chez les Argos après avoir demandé sa libération en septembre.

Le demi de coin Mitchell White et le plaqueur Cleyon Laing ont joué un rôle important l’an dernier dans la conquête de la coupe Grey. Ils en font de même ces jours-ci chez les Argos. Le garde J’Michael Deane, qui est blessé, était un joueur régulier au sein de la ligne offensive du Rouge et Noir de 2014 à 2016.

Le botteur Ronnie Pfeffer fait partie de l’alignement des Argos. Mais à l’image de son séjour à Ottawa, il a passé la dernière saison à l’infirmerie.

Chez les Stampeders, on retrouve Roy Finch, un des joueurs les plus spectaculaires de la Ligue canadienne de football. Il a inscrit trois touchés sur des retours de botté durant le calendrier régulier. 

Finch, qui a joué cinq parties lors de l’an Un du Rouge et Noir en 2014, est en lice pour le titre du joueur par excellence au sein des unités spéciales au gala de la LCF, jeudi soir, au centre Shaw. Son adversaire sera un membre du Rouge et Noir, Diontae Spencer.