Selon le capitaine des Olympiques, Alex Breton, les joueurs vont s’ennuyer de Vitalii Abramov.

La vie continue chez les Olympiques

L’ambiance n’était pas à la fête dans le vestiaire des Olympiques de Gatineau vendredi matin.

Avant leur départ pour Sherbrooke, les joueurs avaient été réunis pour se faire expliquer la transaction de Vitalii Abramov aux Tigres de Victoriaville.

Privée de son meilleur joueur, la troupe d’Éric Landry a semblé avoir le moral dans les talons en s’inclinant 6-0 en soirée contre le Phoenix. Elle a suivi avec un autre revers de 4-1 dimanche contre Rouyn-Noranda à la maison.

Somme toute, il s’agit d’une réaction normale de la part d’une bande d’adolescents qui croyait en ses chances de remporter un championnat avec le joueur le plus utile de la LHJMQ. Du jour au lendemain, ils ont compris que le championnat ne sera probablement pas pour cette année.

Au-delà de ses qualités bien évidentes sur la glace, Abramov était un chum avant tout. « Vitalii était l’ami de tous. Il souriait tout le temps. C’est plate de le voir partir. On va s’ennuyer de lui, c’est sûr », a avoué le capitaine Alex Breton à la veille d’un match revanche contre le Phoenix de Sherbrooke à Guertin mercredi soir.

Pour l’assistant-capitaine Will Thompson, les Olympiques étaient sous le choc dans les deux matches qui ont suivi le départ d’Abramov. 

« La partie la plus dure dans cet échange, c’est de perdre un ami apprécié de tous. Ç’a sûrement joué dans notre manque de concentration le week-end dernier, mais il est parti maintenant et nous ne pouvons rien changer. C’est le temps d’aller de l’avant. »

Se gardant bien de lancer la serviette, le vétéran défenseur Gabriel Bilodeau s’est fait rassurant après l’entraînement de mardi.

« C’est sûr que c’est dur de se faire enlever son meilleur joueur, mais ça ne nous empêche pas de garder notre identité d’équipe qui travaille sans relâche. Nous l’avons vu à l’entraînement aujourd’hui. Ç’a été intense. La pilule semble avoir passé. Nos deux premiers matches sans Vitalii n’ont pas été comme nous l’aurions souhaité, mais nous avons gagné sans lui en début de saison ou même quand il a eu une mini-léthargie de trois matches sans point. »

Pas demande d’échange

Bilodeau pousse sa réflexion plus loin en lançant qu’il ne sent pas l’obligation d’exiger une transaction vers un club qui aspire au championnat alors qu’il approche la fin de sa carrière junior.

« Moi, je suis ici pour jouer au hockey. C’est sûr que j’espère gagner un championnat un jour, mais c’est encore possible sans Vitalii. Je suis bien ici et c’est ici que je veux gagner. »

À 19 ans, l’ancien choix de première ronde pourrait être sollicité par d’autres équipes voulant renforcer leur défensive à la prochaine période des transactions. Alex Breton et Will Thompson seront certainement recherchés eux aussi.
À 20 ans, c’est leur dernière chance de gagner un championnat. Encore là, les deux meneurs de la défensive gatinoise disent qu’ils ne veulent pas quitter le navire dans l’espoir de finir leur carrière en beauté dans un club aspirant.

« Un championnat, c’est le rêve de tout joueur de hockey, mais je ne suis pas dans la misère ici, dit Breton. J’aime l’équipe. J’aime ma maison de pension. Nous avons une des meilleures défensives de la ligue. En limitant l’adversaire à un ou deux buts comme nous l’avons fait jusqu’au dernier week-end, nous allons nous donner des chances de gagner des matches. »

Pour s’y faire, Will Thompson suggère de la créativité.

« Vitalii nous générait deux ou trois buts par match, mais un joueur ne fait pas une équipe. Nous avons les mêmes gardiens et le même groupe de sept défenseurs. Il va falloir continuer à fermer la porte tout en inventant d’autres façons de compter. »

Comme Bilodeau et Breton, Thompson aimerait soulever une coupe avant la fin de sa carrière de cinq saisons dans la LHJMQ, mais c’est à Gatineau qu’il veut le faire.

« Je pense sincèrement qu’on peut renverser la vapeur avec l’équipe que nous avons en place. Nous étions sous le choc en fin de semaine dernière. Nous allons nous en remettre. J’aime vraiment ça ici à Gatineau : ma pension, mes coéquipiers, nos entraîneurs. Je ferai tout ce que je peux pour aider cette équipe à gagner. »

DES RENFORTS EN PROVENANCE D'EUROPE ?

À présent qu’ils ont une place dans leur équipe pour un joueur européen, les Olympiques auront les yeux rivés sur les agents libres admissibles à combler le départ de Vitalii Abramov.

« Si nous sommes capables de pourvoir ce poste-là, nous allons le faire, mais il faudra que ce soit le candidat idéal. Nous n’allons pas ajouter un Européen juste pour le plaisir, surtout pas au détriment de nos jeunes joueurs », a affirmé le directeur des opérations hockey de l’équipe, Alain Sear. Ce dernier dit avoir « activé son réseau de contacts » dans sa démarche, mais il admet que les candidats ne sont pas nombreux. « Ça prend un Européen qui a déjà été repêché dans la Ligue canadienne de hockey et qui a été retiré de la liste de protection de son équipe depuis plus d’un an. Il faut aussi qu’il obtienne sa libération de la Fédération internationale de hockey sur glace. »

En attendant un hypothétique renfort européen, les Olympiques vont récupérer deux joueurs mercredi lors de la visite du Phoenix de Sherbrooke.

Absent le week-end dernier, le gardien Tristan Bérubé était de retour à l’entraînement mardi et sera disponible contre le Phoenix. Même chose pour Métis Roelens. La recrue de 17 ans s’est entraînée sans le chandail jaune réservé aux joueurs blessés mardi. Il est prêt à reprendre l’action. Il a raté les huit derniers matches des Olympiques.

Enfin, le défenseur de 18 ans Ryan O’Bonsawin a été cédé à l’organisation des Wolves de Sudbury la semaine dernière. Opéré à une cheville en début de saison, il avait recommencé à jouer chez lui dans le Nord de l’Ontario (junior A) depuis 10 matches. Selon Alain Sear, le défenseur ontarien voulait se rapprocher de la maison en raison de problèmes d’ordre personnel. Les Olympiques ont exaucé son souhait en s’entendant avec les Wolves où il est devenu un joueur affilié.