Devon Kershaw et Alex Harvey ont vécu un de leur plus beau moment ensemble en 2011, alors que le tandem a remporté le sprint par équipe au Championnat du monde.

La retraite pour Devon Kershaw, «grand frère» d'Alex Harvey

L’équipe canadienne de ski de fond n’aura plus la même allure, l’hiver prochain. Le vétéran Devon Kershaw a annoncé sa retraite de la compétition, mercredi, laissant derrière lui le souvenir d’un skieur combatif.

À 35 ans, père d’une fillette de 15 mois, Kershaw négociait difficilement avec l’éloignement. Établi en Norvège, avec son épouse, les contraintes financières ont aussi pesé dans sa décision.

«J’ai pourchassé mon rêve depuis 15 ans, mais avec femme et enfant, ça devenait de plus en plus difficile d’être loin d’elles», disait-il via un communiqué publié par Ski de fond Canada.

Un produit des centres nationaux d’entraînement, Kershaw s’est joint à l’équipe canadienne en 2003. Il marchait ainsi dans les traces de Pierre Harvey, de Beckie Scott et de Sara Renner. Il a été le fidèle coéquipier d’Alex Harvey, le tandem Kershaw/Harvey remportant le sprint par équipe au Championnat du monde, en 2011. Kershaw a bouclé sa carrière avec une récolte de 14 podiums, dont trois victoires.

«Ce fut toute une aventure, tout ce que j’ai dans la vie, je le dois au ski de fond. Personne ne pensait qu’il était possible pour un fondeur canadien d’être compétitif en Coupe du monde. Le monde du ski de fond ne croyait pas cela possible», rappelait-il à propos de sa première visite sur le podium à l’âge de 23 ans, en Suède. Il avait alors terminé troisième.

Un seul regret

Kershaw part à la retraite au moment où Harvey a repris l’entraînement pour ce qui doit être sa dernière saison sur le circuit.

«Devon était comme un frère pour moi, il m’a montré la voie de l’excellence dans notre sport dès le premier jour où j’ai rejoint l’équipe canadienne en Coupe du monde. Ç’a été une aventure fantastique pour nous. Nous avons donné au Canada son premier titre mondial [en 2011], et après, nous n’avons jamais regardé en arrière. De voir Devon dominer le monde du ski de fond en 2012 [il a terminé deuxième au cumulatif] m’a ouvert des portes, ce qui a permis à un Nord-Américain de briser le mythique plafond de verre du podium. Il a été un incroyable coéquipier et je ne pourrais pas être plus fier de lui», faisait savoir Harvey.

Kershaw a flirté deux fois avec le podium aux Jeux de Vancouver (2010), terminant quatrième au sprint par équipe et cinquième au 50 km.

«Ça m’a fait quelque chose de ne pas réussir, mais je pensais avoir une autre chance, mais tout a mal été pour nous à Sotchi [en 2014]. J’aurais aimé voir un fondeur canadien sur le podium olympique pendant ma carrière, ça me brise le cœur de savoir que je ne serai pas là quand ça va arriver, mais je suis fier de tout ce qu’on a accompli en équipe», notait-il en remerciant entraîneurs, coéquipiers et techniciens, dont Yves Bilodeau et Joel Jacques.

En plus de rester près de sa famille, Kershaw prévoit retourner à l’école «pour que ma mère puisse mieux dormir le soir», dit-il en riant. Il aimerait s’impliquer dans son sport, que ce soit en Norvège ou au Canada.