Catherine Traer rêve de participer aux jeux olympiques de Tokyo en 2020.

La porte olympique s’ouvre devant Traer

Catherine Traer était debout à 5h, mardi matin, rivée devant son écran d’ordinateur. Elle tenait à suivre le match hors-concours de basket-ball masculin entre le Canada et la Nouvelle-Zélande à la veille de la Coupe du monde.

Son amoureux qu’elle vient d’épouser, Thomas Scrubb, fait partie de l’équipe nationale. Il a marqué 12 points dans le gain de 103-100 des siens dans cette plus récente joute préparatoire en Australie.

«Il est parti là-bas le lendemain de notre mariage, a relaté Traer.

«C’est le retour à la normale pour nous», ajoute-t-elle du même souffle.

Le couple d’athlètes est habitué d’être un peu partout sur le globe, parfois loin un de l’autre. Scrubb et ses coéquipiers tenteront de se qualifier en vue des Jeux olympiques.

Traer, 24 ans, pourrait le rejoindre à Tokyo en 2020. La joueuse de Chelsea fait partie d’un groupe de six femmes canadiennes qui tentent d’obtenir un laissez-passer en vue du nouveau tournoi de basket trois contre trois, une nouvelle épreuve au menu olympique.

L’équipe est menée et financée par les soeurs Plouffe, d’Edmonton. Ces dernières ont recruté quatre joueuses pour compléter leur alignement, dont Traer qui a disputé un premier tournoi en juillet en France.

«Nous avons terminé deuxièmes», a-t-elle souligné.

C’était son baptême dans cette formule, elle qui avait toujours représenté le Canada en basket cinq contre cinq par le passé sur la scène internationale. On l’avait vu notamment aux Jeux du Commonwealth, l’an dernier, à Gold Coast.

«C’est le fun le trois contre trois. C’est très physique. C’est pour le genre de joueuse que je suis. Je peux lancer. Je suis rapide. Je suis grande. Je suis très athlétique. J’aime l’intensité.»

Les parties prennent fin de deux façons possibles. Que ce soit lorsqu’une équipe se rend à 21 points ou après la durée maximale de 10 minutes de jeu.

Catherine Traer

«On peut jouer trois à quatre parties par jour. Tu es fatiguée à la fin!»

Le tout se déroule à l’extérieur. Un peu comme les matches amicaux de quartier. De la musique se fait entendre du début jusqu’à la fin du jeu.

«Honnêtement, je suis tellement concentrée rendu à ce point-là que ça ne me dérange pas du tout», a raconté Traer.

Elles sont six dans l’équipe canadienne. Seulement quatre joueuses peuvent participer lors de chaque tournoi.

Traer n’était pas de l’alignement de l’édition qui a gagné les deux dernières compétitions. Elle va renouer avec l’action dans deux semaines à Montréal, prochain arrêt de la série féminine 3x3 de la FIBA.

Ses nouvelles amies et elle visent à se qualifier en vue du tournoi de sélection qui aura lieu en mars 2020. En ce moment, le Canada flirte avec le top 20 mondial.

Seulement huit pays accéderont aux Jeux.

Basketball Canada n’a pas de programme concret trois contre trois en ce moment. La fédération nationale ne fournit que les chandails aux joueuses, qui assument le reste des coûts dans leur quête.

Cette nouvelle aventure arrive à un bon moment dans la carrière de Catherine Traer. Après la conclusion de sa brillante carrière universitaire chez les Ravens de Carleton, elle espérait dénicher un contrat dans une ligue professionnelle en Europe.

«J’ai été ramenée à la réalité du basket féminin. Ce n’est pas facile (...) Je n’ai pas eu d’opportunité d’aller jouer à un endroit où je pourrais continuer à me développer. Le salaire était mauvais et le gym n’était pas toujours accessible.»

Traer s’est déniché un emploi contractuel aux Affaires mondiales Canada en janvier. «Tout le monde me demandait si j’avais pris ma retraite du basket-ball», a-t-elle souligné.

L’Europe l’attend cet automne. Elle ira rejoindre son conjoint qui évoluera chez le SIG Strasbourg, en France.

«Je pourrai m’entraîner avec une équipe professionnelle là-bas, mais je ne pourrai pas jouer. Elle a déjà ses deux joueuses étrangères. Je vais quand même garder l’oeil ouvert.»