Sophia Jensen cherchera à obtenir une des trois places disponibles en vue des Jeux de Tokyo. Le canoë féminin apparaîtra officiellement sur le menu olympique.

La petite Jensen veut pagayer avec les grandes à Tokyo

Elle n’a que 18 ans, mais Sophia Jensen pourrait bien obtenir son billet pour les Jeux olympiques dans trois mois et demi.

« Je sais que c’est possible. Ça me trotte dans la tête », avoue la canoéiste de Chelsea, en entrevue.

Nerveuse, la sextuple championne du monde junior ? Non. Au contraire.

« C’est incroyable d’avoir déjà une occasion de concourir pour ça. On verra ce qui va arriver. »

Jensen se trouve depuis une semaine et demie en Floride. Plus précisément à Melbourne, à l’est d’Orlando.

Le plus bel espoir sportif féminin de l’Outaouais s’entraîne au Oars & Paddles Park avec les membres de l’équipe canadienne, dont ses deux idoles, Laurence Vincent-Lapointe et Katie Vincent.

« Nous sommes ici jusqu’en avril. Jusqu’aux qualifications olympiques, en fait. »

Les sélections de la formation sprint en canoë-kayak auront lieu à Lake Lanier, en Géorgie. Ce bassin a servi aux Jeux olympiques de 1996.

« Un super bel endroit », souligne Jensen.

Là-bas, la jeune femme cherchera à obtenir une des trois places disponibles en vue des Jeux de Tokyo. Le canoë féminin apparaîtra officiellement sur le menu olympique.

Seulement deux épreuves ont été acceptées, soit le C1 200 mètres et le C2 500 mètres.

Vincent-Lapointe occupe le premier rang sur l’échiquier mondial. Vincent, elle, arrive deuxième sur l’échiquier national.

La jeune Jensen les chauffe.

« L’écart entre moi et elles fond d’une année à l’autre. L’été dernier aux essais, j’ai battu Katie lors de la ronde préliminaire puis elle m’a tout juste devancé en finale. Je trouve ça super excitant. »

Une autre chose la rend heureuse depuis le début de la semaine.

Vincent-Lapointe a été blanchie en début de semaine des accusations de dopage qui pesaient contre elle. Résultat, elle pourra renouer avec la compétition.

« Je suis contente pour elle. Ce fut une longue bataille pour elle. C’est extraordinaire de la revoir parmi nous ici », dit-elle.

« En plus, c’est elle qui a joué un rôle important pour inclure le canoë féminin aux Jeux olympiques. »

Jensen passe beaucoup de temps dans la salle de conditionnement physique depuis la fin de la saison dernière. Pas qu’elle raffole de se taper des poids libres et autres exercices de musculation.

« Je n’ai pas le choix de repousser mes limites. Je suis plus petite que les autres. J’ai besoin de devenir plus imposante afin de générer plus de puissance dans mon embarcation », précise-t-elle.

La jeune femme ne fait que cinq pieds et quatre pouces. « Par exemple, Laurence mesure six pieds. C’est une énorme différence », fait-elle remarquer.

Et sur l’eau, en ce moment, Jensen met l’accent sur sa technique à pagayer. « Dans quelques semaines, on commencera à effectuer des sprints pour retrouver la vitesse. »

Les entraîneurs de l’équipe nationale procéderont aussi à des expériences. Ils vont jumeler diverses canoéistes afin de trouver la meilleure combinaison possible en C2 sur 500 mètres.

Qui sait ? Peut-être que Sophia Jensen finira par faire équipe avec une de ses idoles.