Jacques Landry a habité pendant dix ans à Ottawa où il a été directeur haute performance à Cyclisme Canada. Il est maintenant le nouveau directeur général de la Fédération de cyclisme de la Nouvelle-Zélande.

La Nouvelle-Zélande se tourne vers Landry

Trente-six heures à voyager d’Ottawa vers l’Océanie attendaient Jacques Landry. L’ancien cycliste devenu entraîneur-chef était loin de s’en plaindre.

C’est le prix à payer pour relever un nouveau et surtout énorme défi. Le double Olympien des Jeux de 1992 à Barcelone puis à Atlanta en 1996 assumera la direction de la Fédération cycliste de la Nouvelle-Zélande, qui se trouve dans la tourmente depuis un an.

On l’a nommé directeur général par intérim pour les six prochains mois. Il remplace Andrew Matheson, qui a démissionné dans la foulée d’une enquête indépendante à la suite de plusieurs problèmes de fonctionnement au sein de l’organisation, dont des comportements jugés inappropriés.

Un appel au changement de culture avait été lancé.

« Le climat de confiance a été érodé », avoue Landry, qui vient de fêter ses 49 ans.

« J’ai hérité de certaines affaires que je dois gérer dès mon arrivée en atterrissant. J’ai une réunion à 8 h le matin à Auckland avant de retourner à Cambridge. Je me retrouve tout de suite dans le bain. »

Le domicile de la fédération se trouve à Cambridge, site de l’un des vélodromes du pays.

Landry connaît bien cette nation. Il a travaillé cinq ans au sein de l’équipe nationale de la Nouvelle-Zélande de 2003 à 2008.

Un de ses mandats avait été d’établir une base d’entraînement en France pour l’équipe sur route. Il a aussi goûté aux Jeux olympiques en tant que coach à Athènes et Pékin.

Par la suite, Cyclisme Canada l’a repêché à titre de directeur haute performance.

Les Australiens et les Suisses tentaient aussi à l’époque de l’attirer dans leur giron.

Landry a passé dix ans dans ce poste avant d’être remercié en mars dernier. Il n’aura pas chômé longtemps.

La fédération néo-zélandaise l’a embauché en juillet à titre d’adjoint au directeur haute performance.

« C’était un deuil pour moi. Je ne m’attendais pas à ça », a-t-il avoué de son départ de Cyclisme Canada où les athlètes avaient connu du succès durant son passage autant sur route que sur piste, en vélo de montagne et les épreuves de paracyclisme.

« De pouvoir travailler en Nouvelle-Zélande si vite a aidé. Je suis reconnaissant de pouvoir contribuer à la continuité de leur programme. »

Qui dit Nouvelle-Zélande, dit succès en cyclisme sur piste. Surtout la formation féminine qui a livré de chaudes batailles aux Canadiennes au fil des dernières années pour la troisième marche du podium à diverses compétitions internationales.

« C’est un pays très axé sur le sport. Un peu comme l’Australie. On pense tout de suite au rugby, mais l’accent est aussi mis sur le cyclisme, l’aviron et la voile. »

Jacques Landry a eu l’occasion de toucher déjà à certains dossiers au début de décembre durant une période de transition. Il est revenu au pays afin de célébrer le temps des Fêtes avec les siens.

Se retrouver loin du Canada n’aura rien de nouveau pour lui.

Jacques Landry a beaucoup voyagé à titre de directeur haute performance et surtout auparavant comme athlète durant les années 1980 et 1990. Durant sa carrière derrière le guidon, il a fini troisième au classement général du Tour de Beauce en 1992, gagnant l’épreuve deux ans plus tard. C’est sans compter ses victoires au Tour des régions italiennes et au contre-la-montre du Grand Prix des nations.

Peu de temps après sa retraite, on l’a retrouvé à Cyclisme Canada en tant qu’entraîneur de l’équipe de développement. Deux décennies plus tard, le voilà grand patron d’une fédération dans un pays lointain.