Dale Hunter, qui aura 59 ans mercredi, s’est démarqué dans la Ligue canadienne de hockey depuis que son frère Mark et lui ont acheté les Knights de London, de la Ligue de l’Ontario, en 2000.

La longue attente de Dale Hunter

PLYMOUTH, Mich. — Alan May se souvient d'un athlète engagé. Keith Jones d'une passion sans commune mesure et d'une brillante tête de hockey. Comme joueur, Dale Hunter avait toutes ces qualités. Comme entraîneur, il obtient finalement l'occasion de se faire valoir à la tête de l'équipe canadienne qui participera au Mondial de hockey junior 2020.

Lui qui aura 59 ans mercredi, Hunter s'est démarqué dans la Ligue canadienne de hockey depuis que son frère Mark et lui ont acheté les Knights de London, de la Ligue de l'Ontario, en 2000. L'équipe a gagné deux coupes Memorial (2005 et 2016), en plus de fournir nombre de joueurs à la LNH, dont Patrick Kane, John Tavares, Corey Perry et Mitch Marner.

Mais outre une fois au tournoi Ivan-Hlinka de 2013 - qu'il a gagné -, Hunter n'était qu'un spectateur en ce qui a trait au programme national.

«Ça a été long avant qu'on lui offre cette chance, a déclaré Stan Butler, directeur général et entraîneur-chef du Battalion de North Bay, qui a dirigé deux fois l'équipe nationale junior. Je ne pense pas qu'il y ait entraîneur plus méritant que lui au hockey junior.»

Hunter prétend quant à lui qu'il avait toujours «autre chose à faire» et que le Canada «comptait sur de grands entraîneurs».

«C'est fantastique, a-t-il toutefois admis. C'est très excitant.»

May et Jones ont leur petite idée pour expliquer pourquoi l'attente a été aussi longue pour leur ex-coéquipier.

«Plusieurs sont jaloux de ses succès, a souligné May, qui travaille à la retransmission des matchs des Capitals de Washington. J'ai vu plusieurs gars qui n'arrivent pas à la cheville de Dale obtenir cette opportunité.»

«Il ne fait pas d'autopromotion, a pour sa part argué Jones, analyste pour MSNBC et pour les matchs des Flyers de Philadelphie. Il n'est pas là pour se mettre de l'avant, mais pour rendre son club meilleur. Il veut gagner à tout prix.»

Sans surprise, Hockey Canada a une autre explication.

«Nous n'avons qu'une place à combler chaque année, a indiqué Shawn Bulock, directeur des équipes masculines. Dale était très enthousiaste quand nous lui avons proposé le poste. Nous n'aurions pas pu être plus excités.»

Hunter a quitté les Knights pour diriger les Capitals lors de la saison 2011-12, menant la formation à une victoire surprise contre les champions en titre, les Bruins de Boston, au premier tour éliminatoire. Au lieu de poursuivre sa route dans la LNH, il est retourné chez les Knights.

Jones, compagnon de trio de Hunter à Washington, n'a jamais douté que ce dernier se retrouverait derrière un banc.

«Dale avait une façon bien à lui de faire passer son message, s'est rappelé Jones. Vous saviez que ses intentions étaient de rendre l'équipe meilleure, que ce n'était pas pour se mettre en valeur. Il ne faisait pas semblant d'être le capitaine. Il était le capitaine.»

Que peut-on s'attendre d'une équipe dirigée par Hunter sur la scène internationale?

«Un groupe extrêmement compétitif qui n'arrêtera jamais, a dit Jones. Ils vont peut-être perdre, mais ils vont tout donner jusqu'à la dernière seconde.»

Hunter est sur la patinoire cette semaine en banlieue de Detroit en compagnie de 38 joueurs pour une série d'entraînements et de matchs préparatoires contre les États-Unis, la Suède et la Finlande. Il s'agit de la première occasion pour les dirigeants de Hockey Canada de jeter un bon coup d'œil à certains des jeunes hockeyeurs qui aspirent à représenter leur pays dans le temps des Fêtes, en République tchèque.

Le Canada a gagné le tournoi deux fois au cours des cinq dernières années, mais a raté le podium les trois fois où la compétition a été jouée en Europe.

«C'est une grande surface, a noté Hunter. C'est un tournoi difficile.»

 Volonté de fer

L'ex-porte-couleurs des Nordiques de Québec, des Capitals et de l'Avalanche du Colorado vient toujours au deuxième rang de la LNH avec ses 3565 minutes de punition en près de 1600 matchs.

«Ce gars a joué si longtemps dans la LNH. Il était petit, pas particulièrement habile patineur, s'est souvenu May. Mais il était très déterminé. Il avait une volonté de fer. Il n'avait pas envie de se retrouver sous les projecteurs. Tout ce qu'il voulait, c'était gagner.»

L'occasion lui est maintenant offerte avec Équipe Canada junior.