La Ligue nord-américaine de hockey (LNAH) se donne jusqu’aux Fêtes pour décider si elle annule la saison 2020-2021.
La Ligue nord-américaine de hockey (LNAH) se donne jusqu’aux Fêtes pour décider si elle annule la saison 2020-2021.

La Ligue nord-américaine se donne les Fêtes comme date butoir

Ian Bussières
Ian Bussières
Le Soleil
La Ligue nord-américaine de hockey (LNAH) se donne jusqu’aux Fêtes pour décider si elle annule la saison 2020-2021 après avoir mis fin à la saison précédente avant la fin des éliminatoires en raison de la pandémie de COVID-19.

«Ce n’est pas évident car plus les semaines avancent, moins on est optimiste. On se donne jusqu’en décembre, jusqu’aux Fêtes pour prendre une décision», a expliqué au Soleil Renaud Lefort, commissaire de la LNAH.

Celui-ci dit s’inquiéter de voir le nombre de cas de Covid-19 exploser après les Fêtes, provoquant un nouveau confinement et il se félicite d’avoir choisi de ne pas lancer la saison plus tôt dans les conditions actuelles. «La complexité de tout ça, l’annulation de matchs, les tests de dépistage, les limites quant au nombre de spectateurs et les zones jaune, orange et rouge, je ne crois pas que ça aurait été gérable. Les équipes auraient vraiment perdu beaucoup d’argent et je suis convaincu que certains auraient lancé la serviette s’ils avaient été forcés d’opérer dans ces conditions.»

Il ajoute du même souffle qu’il serait impossible de faire évoluer les joueurs de la LNAH dans une «bulle» comme le feront ceux de sept équipes de la Ligue de hockey junior majeur du Québec (LHJMQ) la semaine prochaine. «Ces joueurs ont des familles, des enfants, un emploi», explique-t-il.

Commanditaires

M. Lefort assure que sa ligue ne se retrouvera pas en position précaire si elle annule la saison. «On n’est pas en danger car on ne perd pas d’argent présentement et que nos propriétaires souhaitent tous refaire du hockey l’an prochain.»

D’après Renaud Lefort, la ligue pourrait cependant être en danger si ses commanditaires peinaient à se relever de la pandémie. «Les équipes dépendent beaucoup des PME pour boucler leur budget et ce sont ces entreprises qui sont les plus touchées par les mesures sanitaires présentement. Ce ne sont pas les McDonald’s, les Wal-Mart et les Costco de ce monde que nous font vivre, ce sont les petits restaurants et les petits commerces. Sans ces commanditaires, ce n’est pas possible.»

Pas d’aide

Le commissaire avoue également être déçu de ses démarches pour obtenir une aide financière auprès de la ministre des Sports. «J’ai eu une longue conversation avec l’adjointe de la ministre des Sports. Je comprends que le gouvernement aide la LHJMQ, mais est-ce qu’on pourrait aussi aider la seule ligue de hockey professionnelle au Québec, dont les équipes appartiennent à des Québécois et dont les joueurs sont Québécois? Il y avait 70 millions $ pour les sports au Québec, mais rien pour nous. C’était seulement pour les fédérations. Là aussi, je suis d’accord pour les aider, mais j’aurais aimé que la LNAH soit incluse là-dedans! On devrait être dans le panier bleu!», illustre-t-il.

Renaud Lefort se demande si son circuit n’est pas victime de sa réputation passée, alors qu’il était reconnu pour ses matamores et ses matchs ponctués de nombreuses bagarres. «Peut-être que c’est ça, ou peut-être que le gouvernement n’est pas allé voir le pedigree de nos joueurs, dont plusieurs ont joué dans la Ligue nationale? Ceci étant dit, je connais l’enjeu. Je sais qu’il y a un virus et qu’il faut le combattre, mais est-ce qu’on est vraiment rendus au stade où on parlait de transformer des hôtels en hôpitaux?», conclut-il.