Nick Sakiewicz, commissaire de la Ligne nationale de crosse, aimerait qu’une équipe s’amène à Québec. La ville a déjà accueilli une équipe dans les années 70 et le nouvel amphithéâtre en fait un endroit alléchant.

La Ligue nationale de crosse vise Québec

Malgré une tentative ratée il y a deux ans et demi, le commissaire de la Ligue nationale de crosse Nick Sakiewicz continue de considérer Québec et Montréal comme des marchés potentiels pour son circuit, qui s’enrichira l’an prochain d’une cinquième équipe canadienne installée à Halifax.

«Je me suis rendu à Québec et je crois toujours à ce marché, qui a eu une équipe de crosse (les Caribous) dans les années 70 et qui a un nouvel amphithéâtre spectaculaire», a déclaré Sakiewicz vendredi en entrevue téléphonique avec Le Soleil. «Des gens étaient intéressés au projet, mais il n’a pas été possible de mettre en place un groupe de propriétaires potentiels», ajoute-t-il. En 2016, c’est Pierre Gagnon qui menait le groupe qui avait approché Québecor pour devenir propriétaire d’une équipe. L’entreprise qui gère le Centre Vidéotron avait cependant décliné l’opportunité.

«Nous sommes demeurés en contact avec M. Gagnon, mais nous n’avons pas de négociations actuellement et nous n’en aurons pas tant qu’un groupe de propriétaires ne pourra pas être mis sur pied à Québec. Je ne dirais pas que Québecor n’est pas du tout intéressée à notre produit, je dirais plutôt qu’ils se concentrent actuellement sur leur projet d’amener une équipe de la Ligue nationale de hockey à Québec», poursuit M. Sakiewicz, qui considère encore qu’en tant que gestionnaire du Centre Vidéotron, Québecor serait un «match parfait» pour gérer une équipe de sa ligue.

Plan d’expansion

Après avoir accueilli les Wings de Philadelphie et les Seals de San Diego cette année, la Ligue nationale de crosse passera de 11 à 13 équipes, dont cinq au Canada, l’an prochain avec l’ajout d’Halifax et de New York. «Québec demeure très haut sur notre «liste d’intérêt» et à moyen terme, on espère avoir de huit à dix équipes au Canada», précise celui qui aimerait aussi ajouter des équipes à Montréal, Winnipeg, Edmonton et Ottawa.

«Nous privilégions des expansions de deux équipes par année, alors nous nous concentrons sur les marchés qui ont déjà un propriétaire potentiel», indique celui qui ne manque cependant pas de «vendre la salade» de sa ligue. «L’assistance à nos matchs augmente de 10% à 11% par année avec un pic de 18% cette année, une hausse surtout attribuable à nos équipes canadiennes. On parle souvent de 11 000 spectateurs par match. Les matchs du Rush de la Saskatchewan sont presque tous à guichet fermé!» poursuit-il, ajoutant que les assistances sont aussi excellentes pour le Rock de Toronto, les Warriors de Vancouver et les Roughnecks de Calgary, ces deux dernières équipes appartenant respectivement aux propriétaires des Canucks de Vancouver et des Flames de Calgary.

Propriétaires et amphithéâtres

Et même six des onze équipes de la Ligue appartiennent à des propriétaires qui possèdent aussi une équipe de la Ligue nationale de hockey ou de l’Association nationale de basketball, M. Sakiewicz ajoute que ce n’est pas du tout un prérequis pour joindre son circuit, citant les propriétaires indépendants. «Il n’y a pas de mauvais marché, il n’y a que de mauvais propriétaires et de mauvaises ententes d’amphithéâtre et malheureusement, il y a quelques années, notre ligue avait un peu trop des deux. Depuis mon arrivée il y a trois ans, nous n’avons que des propriétaires de qualité. Pas seulement des propriétaires riches, mais des propriétaires qui savent gérer une équipe. J’ai dû dire non à plusieurs groupes qui voulaient joindre la ligue parce qu’ils n’avaient pas de bon propriétaire ou de bonne entente avec leur amphithéâtre.»

M. Sakiewicz, un ancien gardien de but au soccer, sait de quoi il parle puisqu’il était du groupe qui a lancé la Major League Soccer (MLS) en 1995. Le circuit a connu une croissance fulgurante, passant de 10 à 24 équipes en 23 ans. «Je crois qu’en appliquant à notre ligue ce qu’on a appliqué dans la MLS, on peut obtenir d’aussi bons résultats, car il y a une chose que nous avons : les meilleurs joueurs de crosse viennent tous d’Amérique du Nord. De plus, 60 % de nos fans n’ont jamais joué à la crosse. Si vous aimez la LNH ou la NBA, la crosse est pour vous, car c’est un sport physique et rapide», conclut-il.