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Graeme Clarke aura joué son dernier match avec les 67's l'an dernier.
Graeme Clarke aura joué son dernier match avec les 67's l'an dernier.

La Ligue de l’Ontario tire un trait sur sa saison 2020-21

Jean-François Plante
Jean-François Plante
Le Droit
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Journée noire dans la Ligue de hockey de l’Ontario (OHL) mardi.

Situé dans l’épicentre de la COVID-19 au pays, le circuit Branch était rendu à court d’arguments et de solutions pour justifier la relance de ses activités. Treize mois après avoir été arrêtée par l’arrivée du nouveau coronavirus au Canada, la OHL a annoncé qu’elle devait tirer un trait sur sa saison 2020-21.

Le circuit, qui compte 17 équipes en Ontario et trois autres aux États-Unis, sera donc la seule ligue junior majeure de hockey à ne pas avoir disputé un seul match cette saison. La LHJMQ a amorcé ses séries mardi soir après une saison régulière ou ses équipes ont disputé quelque 300 matches, la majorité dans des milieux fermés. La Western Hockey League (WHL) essaie de compléter une raison régulière de 24 matches, mais lundi, elle a annoncé qu’elle renonçait à présenter des séries éliminatoires devant la flambée des cas de COVID-19 dans l’Ouest du pays.

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Au sud de la frontière, les circuits juniors de la USHL et de la NAHL ont disputé des saisons complètes.

Le commissaire David Branch a indiqué qu’il était parvenu à une entente avec les autorités de la province il y a quelques semaines afin de permettre à ses équipes de renouer avec l’action dans quatre villes-bulles, mais l’ordre du gouvernement Ford de rester à la maison en réponse à la hausse des cas de COVID-19 est venu mettre fin à ses projets.

«L’Ontario a mis en place les règles sanitaires les plus strictes parmi toutes les juridictions de l’Amérique du Nord. C’est le premier ministre Doug Ford qui le dit et pour avoir négocié avec lui et son groupe, je pense qu’il a raison. Nous avons donc compris que notre scénario de reprise devenait de plus en plus improbable. Au Québec, le gouvernement a mieux appuyé les efforts de la LHJMQ. J’ai discuté avec (le commissaire) Gilles Courteau toutes les semaines. J’admire et je respecte le travail qu’il a accompli pour ses équipes, mais je pense que nous avons travaillé dans deux environnements différents», s’est défendu le commissaire.

David Branch s’est fié à la parole de Doug Ford pour expliquer son impuissance à s’entendre plus tôt avec le gouvernement, mais au Québec, il y a notamment un couvre-feu. Dans les Maritimes, il y a des restrictions de voyages. Les règles sévères ont tellement bien fonctionné dans les Maritimes que le virus a été contenu au point de permettre aux six équipes de la LHJMQ de disputer des matches devant des spectateurs.

Le commissaire a ajouté que la sécurité de ses joueurs et de ses familles représentait la priorité de la OHL.


« Même si la nouvelle d’aujourd’hui n’est pas celle que nos joueurs souhaitaient entendre, il s’agit de la bonne décision pour la santé et la sécurité de tout un chacun. »
David Branch

Les 67’s dévastés
Chez les 67’s d’Ottawa, le directeur général James Boyd s’est dit dévasté par la décision de la ligue.

«Pour moi, ce qui est le plus difficile, c’est d’expliquer à nos joueurs que nous n’aurons pas de saison alors que partout ailleurs en Amérique du Nord, ils ont pu en avoir une. La LHJMQ commence ses séries ce soir. Comment est-ce que j’explique à nos joueurs que nous n’aurons même pas de saison?»

Avant le congé de Pâques, James Boyd se montrait optimiste pour sauver la saison de son équipe.

«Tout semblait indiquer que nous aurions finalement la chance de jouer quelques matches, puis les nuages noirs sont arrivés et tout a basculé très rapidement.»

Le directeur général des 67's, James Boyd

Ce dernier s’est dit quelque peu contrarié devant l’absence de communications avec la ligue pendant tout le processus de négociations entre la OHL et le gouvernement Ford.

«Nous avions la mission d’informer nos joueurs, mais nous avions peu à leur offrir. Nous savions qu’il y avait des discussions avec le gouvernement. Nous espérions de bonnes nouvelles. Malheureusement, nous avons manqué de temps.»

Pas le bout du chemin

L’entraîneur-chef André Tourigny se sentait mal pour ses joueurs qui ont mis tous les efforts pour être prêts à lancer leur saison à tout moment. À la radio de TSN 1200 a cependant indiqué que cette saison perdue ne devait pas signaler la fin de leurs rêves.

«Une carrière de hockeyeur, ce n’est pas un sprint. C’est un marathon. Le meilleur joueur de 17 ans n’est pas toujours le meilleur joueur à 18 ans. Un choix de quatrième ronde devient parfois meilleur qu’un choix de première ronde. Ce n’est pas le bout du chemin. Les bons joueurs vont trouver une façon de contourner cet obstacle pour reprendre la route.»

Ce qui frappe André Tourigny, c’est que la carrière junior de très bons joueurs des 67’s vient de prendre fin.

«Qui aurait pensé, en mars 2020, que des gars comme Jack Quinn et Graeme Clarke (deux joueurs de 18 ans repêchés dans la LNH et maintenant sous contrat à 19 ans), venaient de jouer leurs derniers matches avec les 67’s? Je me sens mal pour des gars comme Merrick Rippon et Mitchell Hoelscher qui n’ont pas eu une dernière chance de se faire valoir. Nos joueurs plus jeunes qui ne seront pas repêchés parce qu’ils n’ont pas été vus cette année auront d’autres chances, mais pour Merrick et Mitch, le junior, c’est terminé. Ils ont travaillé si fort.»