Les Vikings de Casselman ont joué avec le feu en laissant filer une avance de 3-0 après deux périodes jeudi soir pour voir les Canadians de Carleton Place égaler la marque 3-3 avec cinq minutes à jouer, mais un but inusité de Carter Mallette a procuré un cinquième championnat de suite aux Vikings.

La dynastie des Vikings se poursuit

Contre vents et marées, la flotte des Vikings de Casselman est demeurée imperturbable ce printemps pour poursuivre sa domination de la scène du hockey junior B dans l’Est ontarien.

En l’emportant 5-3 dans un Complexe J.R. Brisson bien rempli jeudi soir, les Vikings ont triomphé des Canadians de Carleton Place junior en cinq matches dans la finale de la CCHL2.

Un but de Carter Malette a brisé l’égalité de 3-3 avec 4:13 à jouer. L’attaquant de 20 ans a payé le prix ultime pour donner la victoire aux siens. Un tir de Yanick Dicaire a dévié sur son visage avant d’aboutir dans le fond du filet pour permettre aux Vikings de soulever la Coupe Barkley pour une cinquième année consécutive.

Carter Malette a payé le prix ultime pour marquer le but vainqueur du match décisif de la CCHL2 à l'aide de son visage. Sur cette photo croquée par son père, on peut voir l'état du héros du match avant de recevoir ses «points de la victoire».

Dans une ligue qui a compté au moins 16 clubs depuis cinq ans, les champions ont toujours été les mêmes. Le capitaine Sébastien Plante et le joueur le plus utile des séries Ethan Wensink ont même réussi l’exploit de participer à chacun de ces cinq championnats. Jeudi soir, ils ont mis fin à leurs carrières juniors avec un grand point d’exclamation.

«Tous les championnats sont spéciaux, mais pour moi, les plus savoureux auront été mon premier et mon dernier. Au premier, on tirait de l’arrière 3-1 dans la finale. Dans le septième match, on s’était fait compter avec 36 secondes à jouer. On perdait 2-1, mais on a égalé avec 14 secondes à faire et on avait gagné en deuxième prolongation! Ce soir (jeudi), je termine ma carrière junior avec une victoire. Je ne pouvais pas demander mieux», a dit le double champion compteur du circuit avec deux saisons de plus de 100 points.

Plante n’a pas été épargné par les blessures durant les séries et sa production offensive a été «limitée» à 17 points en 16 matches, mais le hockeyeur d’Orléans a indiqué que les embûches lui avaient permis d’apprécier son dernier championnat.

«C’est plus gratifiant de gagner dans l’adversité. Je n’ai pas joué mes meilleures séries. Je n’étais pas au sommet de ma forme, mais comme c’était mes dernières, je me suis forcé pour jouer. Là, nous sommes plusieurs joueurs de 20 ans à finir nos carrières en beauté.»

Toujours chez les joueurs, Kyle Millett a fait partie des quatre dernières équipes championnes des Vikings. Chez les entraîneurs, Michel Ruest, Geoff Séguin et A.J. Plant obtiendront chacun leurs cinquièmes bagues de championnat. Le trio a remporté chacune de ses 18 séries depuis qu’il est à la barre de l’équipe.

Non sans difficulté, les Vikings ont complété leur «drive for five» — leur slogan des séries 2018 — tout en ayant combler un retard de 1-3 en demi-finale contre les Blue Wings de Perth sans Brady Cloutier, leur meilleur défenseur blessé. Toutefois, l’entraîneur-chef Michel Ruest a souligné que le passé victorieux de son club avait fait la différence.

«En arrière 3-1, tout le monde croyait encore à notre remontée. Ça fait 18 séries consécutives qu’on gagne. On a un club confiant. Les joueurs sont restés calmes dans l’adversité. À partir du cinquième match contre Perth, on a été capable de contrer leurs deux meilleurs trios. Notre gardien (Nicholas Campbell) a élevé son jeu d’un cran et on a recommencé à avoir du succès.»

Plusieurs fin de carrière
La dynastie des Vikings pourrait être ébranlée la saison prochaine. Onze joueurs de 20 ans viennent de disputer leur dernier match.

«C’est assez exceptionnel d’avoir 11 joueurs de 20 ans dans un club, mais c’est assez rare d’avoir la chance de gagner cinq championnats de suite. Nous avons décidé de foncer avec ce que nous avions en nous disant que nous allions traverser le pont une fois rendu à la rivière. On arrive à la rivière demain», a lancé le directeur général Raymond Lavergne, architecte de cette troupe impitoyable.

Depuis cinq ans, en incluant les séries, les Vikings ont maintenu un dossier de 253-44-13.

Jour de la marmotte dans le junior A

Les Canadians de Carleton Place sont à la CCHL ce que les Vikings de Casselman sont à la CCHL2.

La finale de la « centrale » Junior A (CCHL) s'est mise en branle vendredi soir à Carleton Place et les Canadians ont bien l'intention d'imiter les Vikings en remportant un cinquième championnat de ligue consécutif.

Pour la troisième année de suite, les Canadians sont confrontés aux Sénateurs d'Ottawa junior dans la finale. Les protégés de Martin Dagenais ont mordu la poussière à leurs deux premiers essais. Ils ont forcé la tenue d'un septième match en 2016, mais ils s'étaient inclinés en cinq matches en 2017.

Jamais deux sans trois dans ce scénario qui ressemble au jour de la marmotte dans la CCHL ?

« Les Canadians ont une coche de plus que nous. Ça va nous prendre un gardien en forme pour nous aider à traverser la tempête. Il faudra limiter les dégâts en début de match pour jouer avec eux, car les matches ne vont pas se terminer 8-7. On va avoir droit à des matches 2-1 et 3-2 », a dit celui qui voudrait bien ébranler les colonnes du temple à Carleton Place.

Il avait vu juste puisque son club a gagné le premier match 2-1 en lever de rideau vendredi même s'il a été dominé 43-24 dans les tirs.

Séries incluses, les Canadians (61-6-2) de l'entraîneur-chef Jason Clarke n'ont perdu que six matches sur 69 en temps réglementaire cette saison. Les « petits » Sénateurs (46-9-2) ont remporté le championnat de leur division en saison régulière, mais ils ont mis six matches pour disposer de Pembroke en première ronde et sept matches pour éliminer Brockville en demi-finale mercredi soir.

« C'est sûr que nous sommes moins reposés, mais la bonne nouvelle, c'est que nous sommes en santé jusqu'à maintenant », a indiqué Martin Dagenais.

Peu importe le résultat de la finale, les deux clubs sont assurés de participer à la Coupe Fred-Page qui se tiendra justement au domicile des Sénateurs à la fin du mois d'avril.

« C'est le fun d'être en finale parce que nous savions que notre ligue avait deux places assurées au championnat canadien de l'est du Canada. En participant à la finale, ça prouve que nous méritons d'être là », a ajouté Martin Dagenais.

Même s'il amorce la série contre les redoutables Canadians dans le siège du négligé, Dagenais s'attend à ce que son équipe offre une lutte sans merci aux quadruples champions en titre.

« Ça va nous prendre des matches parfaits, mais c'est ce que nous avons fait dans le septième match contre Brockville. Nous les avons limités à trois ou quatre chances de marquer. Maintenant, les Canadians ont une défensive incroyable et ils ont quatre solides trios. Ils sont bien dirigés, mais je crois que nous avons l'avantage devant le filet. Connor Hicks est un gardien qui est à son mieux quand il reçoit beaucoup de tirs. Nous ne sommes pas loin derrière eux et nous pensons qu'ils sont battables », a conclu Dagenais, dont le club aura l'occasion d'ajouter à son coussin dans le deuxième match présenté au Complexe Jim-Durrell samedi.

Le troisième match se tiendra sur la petite glace de Carleton Place lundi avec le quatrième match qui reviendra à Ottawa mercredi.