Kurt Browning a notamment remporté le championnat du monde de patinage artistique à quatre occasions.

Kurt Browning le mentor

Il faisait osciller la balance à seulement 142 livres à l'époque. Et surtout, il venait tout juste de gagner une première médaille aux championnats canadiens seniors de patinage artistique.
C'était il y a 30 ans. Ça se passait à Ottawa en 1987 au centre civique maintenant appelé aréna de la Place TD.
C'était avant qu'il ne remporte ses quatre titres mondiaux.
Kurt Browning s'en souvient encore très bien.
« Je me retrouvais sur le podium aux côtés de Brian Orser. J'avais terminé terminé tout juste derrière le meilleur patineur au monde », s'est-il rappelé, jeudi matin, au bout du fil.
« Surtout, je me souviens que j'avais un sourire assez comique sur mon visage. J'étais de passage dans mon patelin hier et j'ai revu justement la photo de ce moment en question. J'ai beaucoup ri. »
Aujourd'hui, Browning s'avère un peu plus pesant, même s'il a gardé une forme physique incroyable pour « un gars âgé d'un demi-siècle ». Ses cheveux, eux, font partie de l'histoire ancienne, ou presque. Il affiche fièrement un crâne dégarni.
En revanche, ses exploits sur la glace n'ont pas été oubliés.
Son nom se trouve encore dans le livre des records Guinness. Il fut le premier patineur à atterrir avec succès un quadruple saut en compétition internationale.
C'est pourquoi Patinage Canada a décidé d'en faire l'ambassadeur des athlètes aux championnats nationaux qui sont de retour à Ottawa pour une 15e fois. L'événement aura lieu dans une dizaine de jours à la Place TD. Plus précisément du 16 au 22 janvier. « J'ai accepté car j'adore regarder le patinage artistique et surtout, on m'offrait des billets gratuits », lance Browning en riant.
Plusieurs raisons
Sur un ton plus sérieux, il dit prendre toujours plaisir de faire la promotion de ce sport. « Puis, ce championnat a une riche histoire », ajoute-t-il.
Browning l'a gagné à quatre reprises (1989, 1990, 1991 et 1993).
Une autre raison pourquoi il a accepté ? Son horaire chargé lui permettait aussi de passer une semaine dans la capitale nationale.
Kurt Browning a cessé ces dernières années d'assurer la chorégraphie de programmes de patineurs. « Car ça prend beaucoup de temps et d'efforts afin de tirer avantage des nouveaux règlements et faire le plein de points, commence-t-il par expliquer. Puis ma créativité n'est plus compatible avec le patinage de compétition qui a emprunté une direction différente. »
Il y a bien une exception ou deux.
« Je fais quelques chorégraphies pour des galas d'exhibition », précise-t-il.
Tiens, le patineur originaire de Cornwall, Paul Poirier, et sa partenaire en danse, Piper Gilles, possèdent une routine conçue par l'ancien champion. « Je ne sais pas s'ils vont s'en servir lors du spectacle de clôture des championnats canadiens. Peut-être que je devrais les supplier », lance Browning, riant de nouveau.
Il était de bonne humeur l'icône du patinage artistique canadien.
Ce dernier a confirmé qu'on le verra plus souvent sur la glace en 2017, qu'il a accepté de patiner à temps plein dans la tournée « Stars on Ice ». Il avait participé à « quatre ou cinq spectacles l'an dernier ».
« Je croyais que c'était fini pour moi. Puis on m'a offert de redevenir un membre à plein temps de la troupe. »
Père de deux garçons âgés de neuf et 13 ans, Browning prend le soin de noter qu'il n'effectue plus tous les sauts de sa jeunesse. « Il y a des journées où je me sens tellement bien sur la glace. Puis il y en a d'autres où je ressens mes 50 ans », note-t-il.