Brian Kilrea se souvient d’affrontements serrés entre les 67’s et les Olympiques.

Kilrea et Henry se souviennent

Une vieille rivalité va reprendre dimanche dans un match extérieur à la Place TD. La dernière fois que les Olympiques de Gatineau ont croisé le fer avec les 67’s d’Ottawa dans un match qui comptait au classement des deux ligues, c’était le 15 décembre 2002.

Il y a 15 ans exactement, les Olympiques l’avaient emporté 6-3 dans un match ponctué de bagarres devant une salle comble au centre Robert-Guertin. Benoît Groulx était l’entraîneur de l’équipe qui portait encore le nom de Hull. Brian Kilrea dirigeait les 67’s et il se souvient encore des débordements qu’engendraient les duels entre les deux clubs juniors de la région de la capitale nationale.

« Nous avions dû arrêter ça. C’était devenu trop compétitif. Il y avait trop de bagarres et les règlements étaient différents dans les deux ligues. Nos règles étaient plus sévères. Je perdais des joueurs à cause des suspensions. Par exemple, à l’époque nos joueurs étaient suspendus lorsqu’il y avait deux batailles sur le même arrêt de jeu. Ce n’était pas le cas dans l’autre ligue. J’étais découragé », a raconté l’entraîneur légendaire jeudi.

Charles Henry était le Grand Manitou des Olympiques dans ce bon vieux temps et il était sur la même page que « Killer » lorsque Le Droit lui a parlé. 

« La dernière année, c’était rendu une farce. Il y a eu un match de 400 minutes de punition ! On préparait tellement notre équipe pour le premier match que ce n’était même plus du hockey. On ne jouait plus pour l’honneur de gagner. C’était la guerre ! »

Les Olympiques ne laissaient pas leur place du côté pugilistique. Francis Wathier, entraîneur-adjoint chez les Gatinois cette saison, a justement participé au dernier match officiel entre les deux rivaux de la rivière des Outaouais. Il s’était battu contre Rodney Bauman en plus d’écoper de trois pénalités mineures sur la même séquence dans cette jungle sur glace.

Charles Henry a un faible pour les matches du milieu des années ’80.

Côté hockey, les 67’s ont eu l’avantage en remportant quatre des huit duels interligues disputés entre 2000 et 2002. Les Olympiques n’ont gagné que deux fois et fait match nul à deux reprises. Là-dessus, Charles Henry avance qu’il a préféré ses matches hors-concours contre les 67’s au milieu des années ’80.

« Nous avions vraiment de bons clubs dans ce temps-là ! Les matches interligues ont été du bonbon pour nos partisans, mais il y en avait eu d’autres entre des clubs de la LHJMQ et de la Ligue de l’Ontario et ça n’avait pas levé. Chez nous, les gradins étaient pleins à Guertin, au Centre municipal et nous avions même déplacé un match au domicile des Sénateurs une fois. C’était bien parce que nous partagions les recettes aux guichets. »

Trop absorbé par la violence qui caractérisait ces matches, Brian Kilrea ne se souvenait pas que son club avait eu l’avantage dans ses confrontations avec les Hullois.

« Je me souviens que tous les matches étaient serrés. Les deux points au classement changent tout. Regardez les Sénateurs présentement. Ils ont désespérément besoin de points. Je me souviens qu’à mes premières années avec les 67’s, nous jouions contre les Festivals de Hull de mon ami Lally Lalonde. Une fois, nous avions remarqué qu’il avait un joueur au bâton illégal. Nous avions attendu la fin du match pour le faire mesurer. Le pointage était égal et nous avions gagné avec un but en avantage numérique. Lally m’avait dit que ce n’était pas correct de gagner de cette façon. Je lui avais répondu que j’étais prêt à gagner à n’importe quel prix ! »