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Ancien de l’Intrépide de Gatineau et des Gee Gees de l’Université d’Ottawa, Kevin Domingue soulève le trophée du championnat de la Elite Ice Hockey League en Grande-Bretagne.
Ancien de l’Intrépide de Gatineau et des Gee Gees de l’Université d’Ottawa, Kevin Domingue soulève le trophée du championnat de la Elite Ice Hockey League en Grande-Bretagne.

Kevin Domingue: championnat inespéré en Grande-Bretagne

Jean-François Plante
Jean-François Plante
Le Droit
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Quand la vie vous lance des citrons, faites de la limonade.

La devise s’est appliquée à Kevin Domingue pendant la pandémie. Quand l’ancien attaquant de l’Intrépide de Gatineau a appris que sa dernière saison de hockey universitaire avait été annulée après quatre années chez les Gee Gees d’Ottawa, il a fait le saut au hockey professionnel. Son aventure avec les Oilers de Tulsa dans la East Coast Hockey League n’a pas été fructueuse. Après avoir récolté deux points en 11 matches, il a été libéré en février.

Sans emploi, le téléphone a sonné à la mi-mars pour ce natif de Laval qui a joué son hockey junior avec le Phoenix de Sherbrooke. Une équipe d’Angleterre cherchait des joueurs de calibre international pour participer à un tournoi de cinq semaines qui couronnerait un champion au début du mois de mai. Le Lavallois a accepté. Il s’est dirigé à Nottingham. Dimanche, après 12 matches de saison régulière et quatre matches des séries éliminatoires, il soulevait le trophée du championnat de la Elite Ice Hockey League au Royaume-Uni (EIHL).

«J’ai adoré l’expérience. Au hockey universitaire, ça nous prenait presque quatre mois pour jouer 14 matches. Là, je viens d’en jouer 16 en cinq semaines», lance le hockeyeur de 25 ans au bout du fil.

La EIHL a été amputée de plusieurs clubs cette saison en raison de la pandémie, mais les quatre clubs les plus fortunés (Nottingham, Sheffield, Manchester et Coventry) ont été capables de tenir une saison écourtée à huis clos à Nottingham, là où le déconfinement sanitaire est pourtant bien entamé.

Kevin Domingue, à droite, avec ses deux coéquipiers du hockey universitaire canadien: Dominic Talbot-Tassi à gauche et Christophe Boivin au centre.

Toute l’équipe des Panthers de Nottingham logeait à l’hôtel avec les joueurs de deux autres clubs. Le quatrième club était situé à 45 minutes de route et faisait la navette jusqu’à Nottingham pour disputer ses matches.

Pendant la saison régulière, les Panthers de Nottingham avaient pris le troisième rang avec une fiche de 6-5-1. Dans les séries deux de trois, ils ont éliminé le Blaze de Coventry en deux matches, puis en finale, ils ont aussi balayé les Steelers de Sheffield, les champions de la saison régulière.

«Nous avons vécu un peu d’adversité au début. Nous étions la pire équipe au départ. Les forces ne semblaient pas équilibrées. L’équipe que nous avons battue en finale gagnait ses matches facilement au début. Nous n’avons pas paniqué. Nous avons eu le temps de développer une certaine chimie en étant à l’hôtel sept jours sur sept. Nous avions le droit d’aller magasiner et manger sur des terrasses. Nous avons pu goûter un peu à la vie normale même si nous étions limités dans ce que nous pouvions faire. Il fallait toujours prendre les mesures pour éviter d’amener le virus dans notre tournoi.»

20 points en 16 matches

À la fin des 16 matches, Kevin Domingue avait amassé 20 points pour se retrouver parmi les cinq meilleurs compteurs du championnat avec son coéquipier Christophe Boivin, un ancien du Titan d’Acadie-Bathurst et des Patriotes de l’UQTR. Le défenseur Dominic Talbot-Tassi, un autre ancien de la LHJMQ et de l’Université McGill, était également son coéquipier.

«Ça faisait étrange de retrouver ses rivaux du hockey universitaire dans mon équipe, mais à la fin des 16 matches, c’était comme si nous avions joué une saison complète de 60 matches ensemble. Nous accordions beaucoup de buts au début du tournoi. À la fin, nous en donnions très peu.»

Un retour?

Kevin Domingue ne sait pas trop ce que l’avenir lui réservera à son retour au pays mercredi. Il devra observer une quarantaine, ce qui risque de lui faire du bien. Après tout, il vient de disputer 16 matches en 31 jours.

«J’ai été chanceux d’éviter les blessures, mais mon corps est fatigué. Deux semaines de repos ne feront pas de tort. J’ai eu une année avec des hauts et des bas. J’ai été déçu de perdre ma dernière année de hockey universitaire. Ça n’a pas marché à Tulsa, mais l’aventure en Angleterre a été une belle tribune pour moi. Je suis passionné de hockey et j’ai le goût d’en vivre professionnellement. Il n’y avait pas de spectateurs dans les gradins, mais nous sentions le soutien de nos partisans. Tous les matches étaient télévisés. Le hockey était de bon calibre sur une glace olympique. J’espère revenir en Europe l’année prochaine.»