Jonathan David a compté un but dès son premier match avec l’Olympique de Lille en Ligue 1 française dimanche.
Jonathan David a compté un but dès son premier match avec l’Olympique de Lille en Ligue 1 française dimanche.

Jonathan David fait déjà sa marque à Lille

Jean-François Plante
Jean-François Plante
Le Droit
Quand un club de soccer verse 30 millions d’euros pour se procurer les services d’un marqueur naturel, il est normal que les attentes soient élevées.

Jonathan David n’a pas mis de temps à rassurer ses nouveaux partisans en marquant un premier but dès son premier match dans l’uniforme de l’Olympique de Lille dimanche dernier.

Le Franco-Ontarien de 20 ans a vu son club de LOSC s’incliner 2-1 contre Brest dans ce duel fort attendu, mais il était soulagé d’avoir pu mettre ce premier but de côté après seulement 35 minutes de jeu.

«À titre de marqueur, je veux compter à toutes les occasions qui se présentent, mais d’avoir pu le faire dès mon premier match en Ligue 1 française, ça va me procurer la confiance nécessaire pour le refaire», a-t-il dit dans un point de presse virtuel organisé avec une poignée de journalistes canadiens mercredi.


« Si quelqu’un m’avait présenté tout le parcours que j’ai fait en deux ans, j’aurais été franchement surpris. »
Jonathan David

Né à Brooklyn, mais aussitôt déménagé en Haïti avant de venir s’installer dans le quartier Orléans d’Ottawa à l’âge de 6 ans, David semblait bien détendu mercredi après avoir vécu une semaine fertile en émotions.

Calme, discret, humble et déterminé, il n’a jamais cherché à retenir l’attention même quand il s’est joint à La Gantoise à Gand en Belgique à 18 ans. Son monde a été chamboulé la semaine dernière quand l’Olympique a consenti un montant record pour le transfert d’un joueur canadien. Les 30 millions d’euros représentent également un record pour un joueur en provenance de la première ligue belge. Soudainement, le Canadien est devenu une étoile internationale.

Dire qu’à 17 ans, il défendait encore les couleurs d’un club amateur d’Ottawa en plus de représenter son école secondaire de Blackburn Hamlet.

Deux ans plus tard, il a mené la Ligue Jupiler Pro de Belgique au chapitre des buts. Sur la scène internationale, il a aussi inscrit 11 buts en 12 sélections avec l’équipe nationale du Canada.

Jonathan David a passé presque toute sa vie à Ottawa.

À 20 ans, le voilà rendu en Ligue 1 française. Même s’il est ambitieux de nature, Jonathan David n’aurait jamais cru à une ascension aussi fulgurante quand il a quitté le foyer familial après ses études à l’école secondaire Louis-Riel.

«Si quelqu’un m’avait présenté tout le parcours que j’ai fait en deux ans, j’aurais été franchement surpris, mais j’ai aussi travaillé toute ma vie pour arriver où j’en suis. Et ce n’est qu’un début. Je veux aller plus loin encore.»

Résister à la MLS

Son talent n’a jamais été mis en doute au Canada. Il a brillé avec les équipes nationales dans le programme junior, mais il a toujours résisté à la tentation de signer un contrat avec un club de la MLS. Son rêve a toujours été de jouer en Europe. Aujourd’hui, il se dit fier d’avoir eu la sagesse d’attendre le moment propice pour faire le saut chez les pros.

«J’ai passé presque toute ma vie à Ottawa et je suis fier d’avoir eu le courage d’attendre qu’une occasion se présente à moi pour aller en Europe. J’ai pris le risque de partir seul dans un endroit que je ne connaissais pas pour lancer ma carrière professionnelle. En Belgique, j’ai eu la chance d’évoluer dans un milieu francophone pour faciliter mon adaptation.»

Vivre en français. C’est un peu ce qui l’a poussé vers la Ligue 1 française alors que des clubs de la Premier league d’Angleterre et de la Bundesliga d’Allemagne lui ont aussi présenté des offres alléchantes.

En français

«J’ai choisi Lille parce que je suis rendu à l’étape de ma carrière où je dois jouer beaucoup. Historiquement, c’est un club reconnu pour accorder une chance aux jeunes et c’est ici que je pense que je vais pouvoir continuer de m’améliorer. Le fait que tout se passe en français n’a pas pesé très lourd dans ma décision, mais c’est sûr que ç’a aidé aussi. Je me retrouve dans un endroit où je peux m’exprimer dans ma langue et comprendre tout ce qu’on me dit. Ça va m’aider à m’adapter rapidement.»

À Lille, il a déjà été placé sur un piédestal. Le temps où il aimait passer inaperçu est révolu. Jonathan David cependant la conviction d’être prêt à s’affirmer sous les feux des projecteurs.

«Je ne sais pas si les gens me regardent différemment maintenant, mais c’est sûr que le transfert a fait du bruit. C’est aussi sûr que les yeux sont rivés sur moi, mais ça ne va pas me mettre trop de pression sur les épaules. J’arrive exactement au point où j’ai toujours voulu être dans la vie.»

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Le Canada connaît les adversaires de son groupe de qualifications

ZURICH — Le parcours du Canada en vue d’une participation à la Coupe du monde de soccer de 2022 au Qatar s’est clarifié un peu, mercredi, alors que la FIFA a procédé au tirage au sort dans le cadre du nouveau format de qualifications des pays de la zone CONCACAF.

Ce format, qui comprendra trois tours, a été développé à la suite de l’abolition du précédent en raison de la pandémie de coronavirus, et le Canada sera le favori du groupe B. Ce groupe sera complété par le Suriname, les Bermudes, les îles Cayman et Aruba.

Le Canada, qui pointe au 137e échelon mondial, est le mieux classé de son groupe - son plus proche poursuivant, le Suriname, est 141e.

Chaque pays disputera un match contre chaque adversaire de son groupe, pour un total de quatre affrontements - deux à domicile, et deux à l’extérieur. Ces matchs doivent être présentés en octobre et novembre, dans la fenêtre prévue à cet effet par la FIFA.

Le pays vainqueur de chacun des six groupes accédera au deuxième tour, qui comprendra trois séries aller-retour en mars 2021.

Le pays vainqueur du groupe du Canada croisera le fer avec le vainqueur du groupe E. Ce groupe inclut Haïti, le Nicaragua, le Bélize, Sainte-Lucie et les îles Turquoises.

Si le Canada affronte Haïti, ce sera une reprise du duel quart de finale de la Gold Cup de l’an dernier - remporté, contre toute attente, 3-2 par le petit pays des Caraïbes.

Haïti occupe le 86e échelon mondial.

La Presse canadienne