Jonathan David a reçu un accueil triomphal à Lille cette semaine lors de l’annonce de son transfert chez l’Olympique.
Jonathan David a reçu un accueil triomphal à Lille cette semaine lors de l’annonce de son transfert chez l’Olympique.

Jonathan David, de l'ombre à la lumière

Jean-François Plante
Jean-François Plante
Le Droit
Au Canada, Alphonso Davies est l’enfant chéri du monde du soccer depuis des années.

À 15 ans, le jeune homme d’Edmonton a fait sa rentrée dans le championnat canadien en portant les couleurs des Whitecaps de Vancouver dans un duel contre le Fury d’Ottawa en 2016.

Il est rapidement devenu le plus jeune joueur actif à évoluer en MLS. En juillet 2018, il n’avait que 17 ans quand les Whitecaps ont vendu son contrat au Bayern de Munich dans la Bundesliga pour un montant record de la MLS (à l’époque) de 22 millions d’euros €.

Dans l’esprit d’à peu près tout le monde, la relève du soccer canadien passait par lui. Son nom était sur toutes les lèvres.

Pendant ce temps, un autre joueur né la même année (2000) faisait une ascension encore plus spectaculaire loin des yeux de tous. Cette semaine, l’Olympique de Lille en Ligue 1 française a sorti son chéquier pour se procurer le contrat de Jonathan David. La Gantoine de Gand a ainsi pu gonfler ses coffres de 30 millions d’euros € en cédant les droits de l’attaquant d’Orléans. Un montant record pour un joueur canadien.

Contrairement à Davies et la majorité des autres jeunes vedettes canadiennes, David a emprunté un chemin différent avant de devenir une étoile internationale. Il n’a pas fait partie des académies de l’Impact de Montréal, du FC Toronto ou des Whitecaps de Vancouver. Il n’a même pas joué pour le Fury d’Ottawa, pourtant un club professionnel dans sa cour.

« Il avait un plan en tête. Il savait depuis très longtemps que son parcours passerait par l’Europe. Il a joué localement avec les Hornets de Gloucester et les Internationals d’Ottawa. Il attendait l’occasion d’aller jouer en Europe », a indiqué Joé Fournier, son entraîneur pendant quatre ans dans le programme sport-études de l’école secondaire Louis-Riel à Blackburn Hamlet.

Jonathan David

En Belgique

À 18 ans, Jonathan David prend donc le chemin de la Belgique où il s’est mis à marquer des buts presque instantanément. Beaucoup de buts. Il explose. En 2018-2019, à sa première saison professionnelle, il signe 14 buts et cinq passes décisives avec la Gantoise où le club atteint notamment la finale de la coupe de Belgique. En 2019-2020, la comète David parvient à confirmer ces débuts supersoniques : 40 matches, 23 buts et huit passes décisives pour celui qui terminera l’exercice (interrompu) en qualité de vice-champion de Belgique et de meilleur buteur de Jupiler Pro League.

En 2019, il devient le meilleur compteur de la Gold Cup en portant le maillot canadien. Il devient aussi le joueur par excellence au pays.

À 20 ans, il est accueilli en héros à Lille où il sera un Dogue jusqu’en 2025 ou jusqu’à ce que son contrat soit acheté par un club de la Premier League (Angleterre), de la Bundesliga (Allemagne), de La Liga (Espagne) ou de la Série A en Italie.

Si Jonathan David a pris la planète soccer par surprise en utilisant son immense talent pour devenir un joueur dominant aussi rapidement, Joé Fournier lui, a eu le temps de voir venir le coup.

Offres refusées

« Le talent de Jonathan était reconnu au Canada en raison de ses prestations avec les équipes nationales juniors. À l’école secondaire, il arrivait à se démarquer même en jouant contre des joueurs qui avaient trois ou quatre ans de plus que lui. Il était encore en 10e année quand les clubs de la MLS de Montréal, Toronto et Vancouver l’ont approché pour le mettre sous contrat. Il avait refusé toutes les offres pour s’assurer de poursuivre son parcours en Europe. Il avait eu des essais en Belgique et en Allemagne et il avait arrêté son choix avec La Gantoise parce que cette équipe lui permettait d’avoir beaucoup de temps de jeu et d’évoluer dans un environnement francophone. C’était très important pour lui. »

Pour Joé Fournier, il était évident que son poulain voulait faire ses classes sans sauter d’étapes.

« Il y a des jeunes qui sont attirés par les clubs renommés comme le Real Madrid, le FC Barcelone ou le Paris-St-Germain dans les grosses ligues européennes, mais une fois arrivées là-bas, ils ne jouent pas ou à peu près pas. Jonathan voulait jouer. En commençant en Belgique, il s’assurait de pouvoir développer son talent. Il s’assurait de rester sous le radar aussi. En faisant le saut en France, c’est un peu la même chose. C’est un choix songé. Il n’est pas encore dans un championnat relevé comme ceux d’Angleterre ou d’Allemagne, mais c’est clair que ça sera la prochaine étape pour lui. »

Aujourd’hui, Jonathan David est le premier Canadien à porter le maillot de l’Olympique de Lille en Ligue 1. Comme d’habitude, il va prendre ses aises. Au moment propice, il fera sauter la banque d’un grand club à nouveau.

+

Jonathan David

QUELQUES FAITS MARQUANTS SUR JONATHAN

  • Né à Brooklyn, déménagé en Haïti, puis arrivé à Ottawa à l’âge de 6 ans
  • Il a été dans le programme sport-études de soccer de l’école secondaire Louis-Riel de la 9e à la 12e année
  • Il a joué pour les Hornets de Gloucester et les Ottawa Internationals
  • En 2018, il a fait le saut en Belgique dans l’organisation de la Gantoise de Gand
  • Toutes compétitions confondues, il a inscrit 48 buts et 20 passes décisives en 95 matches dans les deux dernières saisons
  • Son transfert de 30 millions € d’euros est un record pour le moment payé par l’Olympique de Lille
  • C’est également un montant record pour le transfert d’un joueur canadien
  • L’attaquant de 20 ans portera le dossard numéro 9 avec LOSC (Lille Olympique soccer club)
  • Son contrat est valide jusqu’en 2025, mais peut être vendu à tout moment
  • Avec l’équipe nationale senior, il a déjà 11 buts en 12 sélections
  • Il a été le joueur par excellence au Canada en 2019
  • Il a été le meilleur compteur de la dernière Gold Cup
  • Il a été le meilleur compteur de la Première ligue belge en 2020 à égalité avec Dieumerci Mbokani (18 buts)
  • Il est le premier joueur canadien à jouer dans la première équipe de Lille