La famille Rougeau a marqué à sa façon l’histoire de la lutte à l’aréna Guertin. On voit ici la première génération, les frères Jacques Rougeau père et Jean Rougeau.
La famille Rougeau a marqué à sa façon l’histoire de la lutte à l’aréna Guertin. On voit ici la première génération, les frères Jacques Rougeau père et Jean Rougeau.

Jeudi rimait avec lutte à Guertin

Deux anciennes gloires de la lutte québécoise, une tonne de souvenirs de leurs nombreux passages à l’aréna Guertin, qui est appelé à disparaître.

« Hull, c’était une ville de lutte », se rappelle Gino Brito, qui a lutté puis organisé et assuré la description de galas au petit écran.

« Quand je pense à l’aréna Guertin et la lutte, je relie ça aux jeudis soirs. On se promenait sept jours sur sept. Mardi, c’était Chicoutimi. Mercredi, c’était Québec. Vendredi, c’était Granby ou Saint-Hyacinthe. Jeudi, c’était toujours notre arrêt à Hull, lance pour sa part Jacques Rougeau Junior, dont les débuts dans le ring remontent à 1977.

«Un de mes premiers combats a eu lieu là. J’avais commencé à l’Auditorium de Verdun. Trois jours plus tard, j’étais dans le ring à Guertin.»

Un amphithéâtre qui fait partie de l’histoire de sa famille, qui a produit trois générations de lutteurs depuis les années 1950.

«J’avais quatre ou cinq ans. Mon père et mon oncle m’amenaient à leurs galas. Je me souviens d’un combat durant lequel Abdullah The Butcher avait fait saigner mon père. J’ai toujours conservé ce souvenir de l’aréna Guertin. Plusieurs années plus tard, c’est moi qui ai lutté contre Abdullah au même endroit.»


« Chaque ville avait ses lutteurs favoris. Je me rappelle qu’à l’époque, les gens de Hull aimaient bien Dino Bravo. »
Gino Brito

Jacques Rougeau a aussi amené sa propre troupe de lutte pour des spectacles familiaux à la même adresse durant les années 2010.

«C’était complet chaque fois», rappelle-t-il.

Un moment cocasse survenu durant la carrière de son père lui vient en tête. Les policiers avaient cogné à la porte du vestiaire à Guertin. Une partisane voulait lui remettre un cadeau qu’elle avait confectionné.

«Il y avait une robe de chambre à paillettes dans le sac pour que mon père la porte pour son entrée dans le ring. Il l’avait porté», relate Jacques Rougeau.

Quant à Gino Brito, il a tout fait. D’abord il aidait son père en assurant le transport de lutteurs nains entre diverses villes. Puis il a lui-même été athlète dans le ring avant d’organiser des galas de la Lutte internationale durant les années 1980.

«Chaque ville avait ses lutteurs favoris. Je me rappelle qu’à l’époque, les gens de Hull aimaient bien Dino Bravo», souligne le septuagénaire en parlant de son ancien voisin décédé en 1993.

Bravo avait affronté King Tonga à quelques reprises à l’époque avant que la paire fasse le saut dans la WWF.

Certaines soirées étaient très intenses au «Vieux-Bob». Au point où quelques altercations éclataient dans le stationnement de l’aréna Guertin à la conclusion des galas.

«Pas de gros problème, précise Brito. Je me souviens d’un soir durant lequel des gars avaient décidé de sauter sur Tonga. Par le temps que j’arrive et que je calme tout le monde, il en avait assommé trois ! Je l’avais envoyé dans l’auto. Je me souviens qu’un des gars ne devait pas peser plus de 120 livres, tout mouillé ! Je ne sais pas ce qu’il faisait là !»

Tonga, rappelons-le, mesurait 6’1’’ et pesait 300 livres.