La gardienne de but de l'équipe canadienne de water-polo féminin, Jessica Gaudreault, d'Ottawa. 

Jessica Gaudreault: la gardienne tricotteuse qui brille dans l’eau

La gardienne de l’équipe canadienne féminine de water-polo rentre au bercail.

Jessica Gaudreault et ses coéquipières seront en visite à Ottawa lors des trois prochains jours avant de partir vers Budapest pour un camp d’entraînement et des matches hors-concours. Ça commencera vendredi avec une clinique destinée aux jeunes athlètes du club Capital Wave, à la piscine du Sportsplex de Nepean.

Un endroit que connaît très bien Gaudreault. « J’aimais ça car c’était à seulement à cinq minutes de route de chez moi, s’est rappelé l’athlète franco-ontarienne, jeudi, lorsque jointe à Montréal où l’équipe nationale est installée.

« Nos séances d’entraînement, quand j’étais jeune, se passaient à cette piscine-là. Je m’en souviens encore très bien car ça finissait tard le soir vers 22 h 15 ! »

Gaudreault a commencé à pratiquer le water-polo à l’âge de 13 ans. D’abord chez les Titans d’Ottawa puis le Capital Wave.

Tout ça, après un essai infructueux à la natation.

« J’étais tellement mauvaise. En fait, je n’aimais pas trop ça. Je n’ai jamais réussi à faire ma place sur une équipe compétitive de natation », a relaté la femme maintenant âgée de 25 ans, qui est une des meilleures joueuses au monde à sa position.

Gaudreault a été nommée gardienne par excellence de la Super finale de la Ligue mondiale, en 2017, lorsque le Canada a terminé deuxième. Elle a reçu des récompenses similaires dans d’autres compétitions internationales, dont à la Coupe UANA en 2015.

Une gardienne qu’on devrait voir à Tokyo, cet été. Le Canada s’est qualifié en vue du tournoi féminin des Jeux olympiques pour la première fois depuis 2004, à Athènes.

Un billet obtenu l’an dernier grâce à une médaille d’argent gagnée aux Jeux panaméricains.

L’identité des joueuses qui participeront à l’aventure olympique sera connue en juin.

À moins d’une surprise, Gaudreault devrait être du voyage. L’attente la rend tout de même nerveuse.

« Je suis comme ça », explique-t-elle.

Son passe-temps favori pourrait l’aider à chasser ce stress.

Jessica Gaudreault adore tricoter. C’est un des petits bijoux retrouvés dans sa biographie sur le site web de Water Polo Canada. Une info qu’elle confirme en entrevue.

« J’en fais toutefois un peu moins depuis deux ans... Mais auparavant, j’apportais ma laine partout quand on voyageait. À l’aéroport, la chambre, mais pas souvent à la piscine, a-t-elle précisé.

« Une année, j’ai tricoté des foulards pour tous les membres de ma famille comme cadeau de Noël ! »

Sa famille, c’est maman Ajit, papa Eric et frérot Ryan. Et il y a le chien de Jessica, Yogi, qu’elle retrouvera avec plaisir ce week-end.

En fait, Gaudreault ne sera pas la seule à cogner à la porte de la résidence familiale.

« Il y a huit filles de l’équipe qui vont rester avec moi chez mes parents. Ma mère a hâte, explique-t-elle sur un ton sérieux.

« Ma mère adore recevoir de la visite. Elle provient d’une grande famille. Elle a cinq sœurs. J’ai beaucoup de cousins et de cousines. Il y a toujours du monde chez nous. »

Gaudreault retrouvera sa chambre, elle qui avait quitté le nid familial en 2012.

D’abord pour ses études aux États-Unis, plus précisément à l’université de l’Indiana où elle a connu une brillante carrière sportive avec les Hoosiers. Puis depuis deux ans, on la retrouve à Montréal où elle s’entraîne avec l’équipe canadienne.

« Deux fois par jour pour environ un total de cinq heures. Nous nous préparons très bien en vue des Jeux olympiques, concède la gardienne de 5’6’’, qui accorde de bonnes chances à son équipe, à Tokyo.

« Les autres pays nous respectent beaucoup plus depuis que nous avons gagné l’argent à la Ligue mondiale en 2017 et que nous avions terminé quatrièmes aux Mondiaux. »