Le 24 novembre, Jean Pascal aura la dure mission de ravir la ceinture du Russe Dimitry Bivol, une «gazelle», selon son entraîneur Stéphan Larouche.

Jean Pascal a dû se renouveler

MONTRÉAL — Afin de se préparer à affronter Dmitry Bivol pour son 10e combat de championnat du monde en carrière, le 24 novembre, à Atlantic City, Jean Pascal n’a eu d’autre choix que de se renouveler.

«C’est clair que la boxe d’aujourd’hui a changé par rapport à il y a 20 ans, a expliqué son entraîneur, Stéphan Larouche, avant une séance d’entraînement, mercredi. Le facteur principal est l’arrivée de boxeurs européens, qui sont des maîtres du contrôle de la distance.»

Larouche a souligné à quel point les vieilles habitudes, les vieilles mentalités ont dû s’adapter afin de contrer ce nouveau style de pugilistes.

«Regardez Riddick Bowe contre Evander Holyfield : des guerres dans une cabine téléphonique, et ils se battaient pendant 12 rounds. Les Russes ne font pas ça. Les Russes contrôlent la distance. Les stratégies que tu appliquais il y a 15-20 ans, elles ne s’appliquent plus. Les gars sont ailleurs. Si tu te mets à courir contre un gars qui est habitué de se déplacer, tu ne fais que le mettre dans son bureau. Par contre, si tu fais reculer un boxeur qui a toujours été un agresseur, il n’est pas capable.»

Le piège pour Pascal (33-5-1, 20 K.-O.), toujours selon Larouche, serait d’oublier ce sur quoi il aura travaillé pendant tout le camp.

«C’est clair que le danger est de revenir dans nos vieilles habitudes. C’est là que la game va se jouer. Il n’aura pas 32 autres chances après ça. C’est peut-être sa dernière. Mais s’il gagne, les portes vont toutes s’ouvrir. Il ne pourra pas dire après : ‘‘J’aurais dû’’. On ne peut pas avoir de regret. Ce que tu as fait dans les années où ça n’a pas bien été, on ne veut plus en entendre parler. C’est fini ces phrases-là. [...] Il faut exécuter. Il faut le faire. Il faut n’avoir aucun regret.

«C’est extrêmement difficile à faire : Jean a une très grosse tâche à accomplir, a-t-il ajouté. C’est le défi qu’il voulait surmonter. Il ne voulait pas affronter n’importe qui, et il voulait un combat de championnat du monde. Le voilà.»

Dans les souliers de Hopkins

Face à Bivol (14-0, 11 K.-O.), Pascal se retrouvera un peu dans les souliers de Bernard Hopkins, soit ceux du vétéran qui veut ravir sa ceinture au jeune loup. Un rôle qu’il apprécie.

«Le temps passe vite, n’est-ce pas? Hier, j’étais le jeune Bivol. Aujourd’hui, je suis Bernard Hopkins qui veut freiner le jeune, a-t-il dit au sujet de ce duel pour le titre des mi-lourds de la World Boxing Association (WBA). Je me sens bien dans ce rôle. J’ai mûri, j’ai gagné en expérience. Je connais bien mon sport. Ce sera à moi de bien appliquer ça le 24 novembre.»

Comment Hopkins a-t-il pu mettre à profit sa sagesse pour lui ravir sa ceinture du World Boxing Council (WBC), en mai 2011?

«Il a été très rusé. Il s’est servi de son expérience, a rappelé Pascal. Je vais faire la même chose : j’ai plus de K.-O. à ma fiche que Bivol a de combats.»

Pascal a plus tard précisé sa pensée au sujet de «l’inexpérience» de son adversaire.

«Il y a une nouvelle tendance depuis l’arrivée chez les pros de [Vasily] Lomachenko : oui, les boxeurs ont beaucoup d’expérience chez les amateurs et ils veulent des combats de championnat du monde rapidement. Mais la boxe amateur et la boxe professionnelle sont deux mondes différents. Il faut beaucoup d’expérience. Et des Lomachenko, il n’y en a qu’un. C’est important de prendre le temps. De bâtir son expérience pour devenir champion et le rester.»

Ces propos pourraient faire sourciller Bivol, qui en sera à sa quatrième défense de titre et qui compte plus de 300 combats chez les amateurs.

Le combat sera présenté au Hard Rock Hotel & Casino d’Atlantic City. Il s’agira d’une journée remplie pour la boxe québécoise. En après-midi, le Groupe Yvon Michel présentera un gala au Casino de Montréal mettant en vedette Francis Lafrenière (17-6-2, 10 K.-O.) contre Jose de Jesus Macias (23-9-2, 12 K.-O.). En soirée, Eye of the Tiger Management présentera un premier gala à Rimouski, où Steven Butler (25-1-1, 22 K.-O.) et Jesus Antonio Gutierez (25-2-2, 12 K.-O.) feront les frais de la finale.