L’ancienne championne du monde Ivanie Blondin, d’Ottawa, n’a jamais été aussi rapide depuis le début de sa carrière. Tout ça après avoir combattu une dépression l’hiver dernier.

Ivanie Blondin passe de dépressive à plus rapide

Un an plus tard, Ivanie Blondin a retrouvé le sourire, la joie de patiner très vite et surtout le goût de vivre. Et ça paraît sur la glace.

L’ancienne championne du monde a remporté cinq médailles, dont trois d’or, lors des championnats canadiens de patinage de vitesse sur longue piste, le week-end dernier, à l’anneau olympique de Calgary. L’athlète originaire d’Ottawa a réussi trois records personnels au 1000 m, 3000 m et 5000 m.

« Je n’étais pas dans un bon état mental l’an passé, surtout en début de saison. J’étais dépressive », a-t-elle confié au Droit, lundi, au lendemain de son retour en force.

La femme qui a fêté ses 29 ans en avril en parle pour la première fois. Elle se cherchait l’hiver dernier, quelques mois après avoir participé à ses troisièmes Jeux olympiques où une visite sur le podium lui avait échappé.

Blondin se souvient encore des semaines qui ont précédé la première étape de la Coupe du monde au Japon en novembre 2018.

« Je ne voulais même pas partir pour y aller. J’avais déjà hâte que la saison finisse. J’ai pris des médicaments pendant six mois. Je n’étais pas la même Ivanie que les années passées, a-t-elle relaté.

«J’ai beaucoup appris sur moi-même. Et cela a fait de moi une personne et une athlète plus forte.»

Blondin avait quand même trouvé le moyen de gagner quelques médailles l’hiver dernier sur la scène internationale. Il y a eu l’argent aux championnats du monde en départ groupé en février à Inzell, en Allemagne.

«J’ai eu des performances OK en Coupe du monde. Ce n’était pas ma meilleure saison. Tout le monde sait que je suis revenue des Mondiaux avec une médaille, mais disons que j’ai été chanceuse. J’étais en mode dépression durant la saison.»

Le printemps a été bénéfique. L’été aussi. Puis son environnement de travail a changé. Tout ça lui a permis de remettre le compteur à zéro.

«Le personnel a changé un peu», a-t-elle souligné au sujet de l’équipe nationale.

Un entraîneur japonais, Eiji Kohara, s’est joint au groupe. Le Hollandais Remmelt Eldering continue d’épauler Blondin à titre de coach principal.

«Il a toujours été là pour moi. Il a le cœur jeune, même s’il n’est pas si vieux !»

L’athlète franco-ontarienne s’est déniché un nouveau psychologue sportif à l’Université de Calgary. «J’ai été cherché de l’aide. Il est vraiment bon, a-t-elle relaté.

«La plus grosse différence, c’est notre groupe d’entraînement. Trois gars se sont ajoutés à nous.»

Dans le lot, il y a Jonah Hurtubise, d’Aylmer. Le trio masculin rejoint Blondin et ses coéquipières Isabelle Weidemann, d’Ottawa, et Valérie Maltais, de Saguenay.

«C’est un groupe plus serré. Nous sommes tous amis. Après les séances d’entraînement, nous allons prendre un café. C’est un environnement positif. Il n’y a pas de drames comme les années précédentes. Tout le monde reste positif. Tout le monde s’aide à repousser nos limites. Ça se reflète sur la glace.»

Ivanie Blondin prendra le départ des deux premières étapes de la Coupe du monde prévues du 15 au 17 novembre à Minsk, en Biélorussie, puis du 22 au 24 à Tomaszow Mazowiecki, en Pologne. L’équipe canadienne patinera ensuite à Nur-Sultan, au Kazakhstan, du 6 au 8 décembre, pour conclure la première moitié de saison.

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Weidemann a effacé Klassen

Isabelle Weidemann y rêvait depuis un bout de temps.

La patineuse de vitesse d’Ottawa a effacé un record canadien vieux de 13 ans qui était détenu par la sextuple médaillée olympique, Cindy Klassen, depuis 2006. Elle a arrêté le chrono à 6:47,34 au 5000 mètres lors des championnats nationaux sur longue piste qui ont pris fin durant le week-end.

La marque de Klassen était de 6:48,97.

« Je suis enchantée de la course que j’ai faite, a dit Weidemann au site web de Patinage de vitesse Canada.

«Le record canadien est un standard que je voulais surpasser la saison dernière. Alors je suis contente d’avoir amélioré mon temps au point d’y arriver. Cindy Klassen est quelqu’un que j’admirais vraiment quand j’étais une jeune patineuse. Donc de battre son record représente quelque chose de très spécial. Ça signifie beaucoup à mes yeux.»

Weidemann, 24 ans, a gagné cinq médailles la saison dernière sur le circuit de la Coupe du monde.

Le produit des Concordes de Gloucester a gagné l’or au 3000 m à Tomakomia, au Japon, en novembre 2018.

Aux Jeux olympiques à PyeongChang, Isabelle Weidemann avait notamment terminé sixième au 5000 m. Il s’agira de sa cinquième saison cet hiver sur le circuit de la Coupe du monde.

Son frère Jake fait partie de l’équipe de développement. Sa sœur Lily, âgée de 20 ans, a aussi participé aux championnats canadiens dans les derniers jours, améliorant plusieurs records personnels.