Isabelle Charest, chef de mission du Canada en vue des Jeux de Pyeongchang.

Isabelle Charest veut promouvoir le sport chez les filles

Isabelle Charest, l’une des plus grandes patineuses de vitesse sur courte piste de l’histoire canadienne, aimerait utiliser sa tribune pour promouvoir la pratique du sport chez les filles.

Chef de mission du Canada en vue des Jeux de Pyeongchang, elle a gagné trois médailles olympiques et sept autres lors de Mondiaux.

«C’est l’héritage que je veux laisser comme chef de mission, dit Charest, 46 ans. Si j’ai une voix à faire entendre, je veux l’utiliser pour ça.»

Au Canada, les chiffres avancent que si une fille n’a pas touché au sport avant l’âge de 10 ans, il n’y a que 10 pour cent des chances qu’elles soient actives une fois rendues à l’âge adulte.

Coordonnatrice aux communications à la Commission scolaire du Val-des-Cerfs, à Granby, elle est en mesure de constater que bien des filles s’écartent tout simplement du sport ou le délaissent. Mais elle sait aussi que les opportunités sont là.

«À Rio en 2016 (où elle était chef de mission adjointe), c’était évident pour moi à quel point le sport est diversifié. Tout le monde peut découvrir sa passion, dit Charest, qui est native de Rimouski. Ça peut être plus artistique ou bien axé sur la puissance. Il y a tous les types de corps. Tout le monde peut y trouver son compte.»

Les succès au Brésil peuvent donner une fausse impression, dit Charest, en référence au fait que les femmes ont obtenu 16 des 22 médailles du Canada là-bas.

«En voyant ça, les gens peuvent penser que le sport féminin se porte bien, qu’il n’y a pas d’efforts particuliers à faire, dit Charest. Mais si on veut valoriser le sport auprès des filles, c’est avant tout pour leur vie au sens large, pour leur bien-être.»

Charest a joué au soccer dans sa jeunesse et a recommencé à y jouer il y a trois ans. Elle est mariée à Steve Charbonneau, un ancien joueur de ligne défensive avec les Alouettes et les Eskimos. Ils ont deux enfants.

Charest a pris part aux JO d’hiver de 1994, 1998 et 2002, méritant une médaille d’argent et deux de bronze, toutes au relais 3000 m. Lors de Mondiaux, elle a gagné trois fois l’or, deux fois l’argent et deux fois le bronze.

L’équipe canadienne devrait inclure environ 230 athlètes. On n’a pas encore annoncé un objectif de médailles pour l’Olympiade sud-coréenne. En 2014 à Sotchi, l’unifolié a totalisé 25 podiums, dont 10 médailles d’or. Charest dit ne pas avoir de chiffre en tête pour 2018.

«Nous voulons mettre l’accent sur le processus, dit-elle. Nous voulons nous assurer que les athlètes soient entourés de ce qu’il faut pour réussir. À ce moment-ci, les athlètes ne pensent pas aux médailles, ils pensent à ce qu’ils doivent faire pour être prêts.»

«Nous savons que si nous mettons en place l’environnement optimal, nous pouvons avoir de très beaux résultats, ajoute Charest. On le voit aux Mondiaux et dans les épreuves de Coupe du monde.»