Hockey Junior

L’Intrépide domine mais s’incline

Privé du meilleur compteur de la Ligue de hockey midget AAA du Québec pendant tout le week-end, l’Intrépide de Gatineau aurait pu s’attendre à des matches plus ardus sur le plan offensif, mais ça n’a pas nécessairement été le cas.

Sans Hendrix Lapierre, blessé, l’Intrépide a eu l’avantage 80-45 au chapitre des tirs, mais sans sa touche magique en zone offensive, il a échappé les deux matches qu’il a dominés par la faible marge d’un but. Vendredi, contre les meneurs du classement de la ligue, l’Intrépide s’est incliné 4-3. De retour au Complexe Branchaud-Brière dimanche, les Gatinois ont été surpris 3-2 par le Rousseau Royal de Laval-Montréal, qui a profité des acrobaties de son gardien pour remporter son deuxième match de la saison.

L’avantage numérique de l’Intrépide, qui représente une des forces de l’équipe, a notamment souffert de l’absence de son #22. Il n’a fait mouche qu’une fois en 10 occasions ce week-end.

« Je mets l’accent sur ceux qui sont là. L’absence d’Hendrix donne l’occasion à d’autres d’avoir plus de responsabilités, mais bon, c’est sûr que son absence change la dynamique de notre avantage numérique. Nous avons eu de la difficulté à trouver les lignes de tir. Nous avons compliqué nos jeux aussi », a indiqué l’entraîneur-chef Martin Lafleur lorsqu’il a été questionné sur l’absence de son joueur aux 20 points en 12 matches.

Lapierre a été blessé au haut du corps à Rivière-du-Loup la fin de semaine précédente. Il est évalué sur une base quotidienne. En son absence, un autre joueur de 15 ans avait pris le relais vendredi. William Dagenais avait inscrit trois points.

Dimanche, c’est l’attaquant Kevin Martin et le défenseur Sébastien Pilon qui ont été les plus productifs avec une récolte d’un but et d’une passe chacun, mais le gardien Simon Bérubé a repoussé 95 % des 39 lancers de l’Intrépide (8-6-0). Ce dernier a cogné à la porte des buts pendant tout le match, mais vague après vague, il a été frustré.

À l’autre bout de la patinoire, Alexandre Groleau a repoussé 13 des 16 tirs du Rousseau Royal (2-9-0), qui a brisé l’égalité 2-2 sur un but de Gianni-Adriano Lombardo à six minutes de la fin du match.

« Nous avons tout fait sauf capitaliser sur nos chances. C’est sûr que nous avons manqué de concentration dans certaines phases du jeu. Il ne manquait pas grand-chose, mais plus le match avançait, plus on cherchait le jeu parfait pour battre leur gardien », a ajouté Lafleur.

Deuxième meilleur compteur du club, le capitaine Mathieu Gagnon a dit que Lapierre était « une grosse pièce de notre avantage numérique », mais que son absence ne devait pas servir d’excuse.

« D’autres joueurs doivent remplir son rôle. C’est à nous, comme équipe, d’élever notre jeu d’un cran. Si nous continuons à travailler en équipe, nous allons continuer à gagner des matches. Aujourd’hui, notre défaite est frustrante. La rondelle ne roulait pas pour nous, mais il faut tourner la page et corriger certaines choses. »

Choix des Huskies de Rouyn-Noranda, Gagnon a récolté 17 points en 14 matches à sa deuxième saison dans le midget AAA. Il avait aussi de bonnes nouvelles à communiquer après le match.
« Je suis officiellement un joueur affilié aux Huskies. Ils me suivent toujours et j’ai parlé avec leurs dirigeants récemment. J’essaie de ne pas trop penser à mon statut avec eux. Je me concentre sur ce que j’ai à faire avec l’Intrépide. Si je fais cela, il y a juste de bonnes choses qui vont survenir. »

Victoire des 67’s

À Sault-Ste-Marie, les 67’s d’Ottawa ont comblé un déficit de 2-4 pour l’emporter 5-4 en prolongation sur le deuxième but du match et le quatrième but du week-end de Kody Clark. Mitchell Hoelscher a inscrit son premier but dans la LHO dans la victoire en plus de préparer un autre filet. Samuel Bitten en a fait de même. Travis Barron a compté l’autre but du camp vainqueur. Venu en relève à Olivier Tremblay avec une marque de 4-2 après 28 minutes, Olivier Lafrenière a arrêté les 20 tirs des puissants Greyhounds (7-1-2) pour ouvrir la voie à la remontée des 67’s (6-4-1).

Hockey junior

Dagenais dans la mire des recruteurs

En Outaouais, Hendrix Lapierre a fait les délices des recruteurs de la LHJMQ depuis le début de la saison, mais il est loin d’être le seul hockeyeur de 15 ans de la région à retenir l’attention.

La cohorte outaouaise des joueurs nés en 2002 est impressionnante. Ce groupe exceptionnel a gagné sa part de championnats au fil des ans. William Dagenais est d’ailleurs un élément important de ce solide noyau.

À 15 ans, il pointe au quatrième rang des compteurs de l’Intrépide de Gatineau avec six buts et 13 points en 16 matches. Certains recruteurs de la LHJMQ l’ont identifié comme un espoir de première ronde. Au pire, les autres recruteurs sondés par Le Droit le voient sortir au début de la deuxième ronde.

Dimanche, dans un revers de 6-2 contre le Phénix du Collège Esther-Blondin, il a inscrit le premier but du match, mais les visiteurs sont revenus en force. Seul Jack Seymour a été capable d’ajouter un but pour l’Intrépide, qui avait gagné 5-2 la veille contre les Forestiers d’Amos grâce à une prestation de deux buts et trois points de Connor Romain.

« Nous avons été opportunistes samedi et beaucoup moins aujourd’hui, a expliqué Dagenais. Ça va nous prendre une grosse semaine de pratique. »

Privé d’Hendrix Lapierre dans un quatrième match de suite, l’Intrépide a maintenant subi trois revers à ses quatre derniers matches, mais l’équipe se maintient quand même parmi les meilleures de la Ligue de hockey midget AAA du Québec. Malgré le pointage de dimanche, l’Intrépide (9-7-0) n’a vraiment pas été déclassé. Un peu trop de dentelle, quelques buts chanceux et un gardien dans une forme moyenne ont ouvert la porte au Phénix (5-6-3).

4 x 15 ans

Quatre joueurs nés en 2002 se sont taillé un poste avec l’Intrépide cette saison. L’an prochain, ils seront beaucoup plus, ce qui ne sera pas une mauvaise chose.

« Depuis le début de notre hockey mineur, nous avons gagné plusieurs tournois et championnats, dit Dagenais. Nous avons gagné la coupe Dodge chez les pee-wee et nous avons gagné le tournoi bantam Royal-Brassard deux fois de suite. C’est motivant de faire partie d’un groupe aussi talentueux. Même dans les pratiques, ça nous donne des défis. »

Doté d’un bon gabarit à 6’1’’ et 174 livres, Dagenais reconnaît qu’il n’est pas le même genre de joueur que Lapierre, identifié comme l’un des deux meilleurs espoirs du prochain repêchage de la LHJMQ.

« Je suis un attaquant en puissance avant tout. Rendu dans le territoire adverse, j’aime finir mes mises en échec. De temps en temps, je parviens à compléter des jeux. Même si je n’ai pas autant de finesse, j’ai toujours eu de bonnes statistiques offensives », raconte l’aîné d’une famille de deux garçons.

Son frère, Nathan, n’a que 10 ans et il serait également un joueur à surveiller selon William. « C’est un late et il joue pee-wee AA. »

Attaquant de puissance

Chez l’Intrépide, son entraîneur Martin Lafleur apprécie la contribution d’un jeune joueur comme William Dagenais.

« Il s’améliore de match en match. C’est un attaquant de puissance avec de bonnes habiletés. Il s’en sert pour se créer de l’espace et il est capable de marquer aussi. À 15 ans, il ne recule devant rien. C’est un joueur assez complet. »

S’il admet penser au repêchage sur une base quotidienne, Dagenais dit qu’il doit encore travailler certains aspects de son jeu.

« J’ai déjà beaucoup travaillé à améliorer mon attitude et je dois lancer au filet plus souvent, car j’ai un bon lancer. »

Cette remarque a fait sursauter Martin Lafleur. « Honnêtement, je n’ai rien à reprocher à William depuis qu’il est ici. Il a une très bonne attitude. Il travaille fort et il veut s’améliorer. »

Passion à retardement

La passion, voilà un autre élément qui explique les succès du #71 sur la patinoire.

« Ma mère m’a inscrit au hockey quand j’avais cinq ans. Au début, je n’aimais pas ça, mais mon père m’a motivé en m’amenant chaque jour à la patinoire avec lui. À six ans, j’ai suivi un camp MaxPuissance et c’est là que j’ai eu la piqûre. J’ai vu que j’avais du talent et que je pouvais me démarquer en jouant avec des plus vieux. À partir de là, il m’arrivait de m’endormir avec mon casque ou mon bâton de hockey ! »