Jean Gabriel-Pageau a souligné l’importance d’Alain Sanscartier dans sa carrière alors que l’Intrépide retirait son numéro.

Le 16 de Pageau rejoint le 14 de Brière

La boucle a véritablement été bouclée, dimanche, quand le numéro 16 de Jean-Gabriel Pageau a été retiré par l’Intrépide de Gatineau.

Il y a 10 ans, quand il a porté les couleurs de l’équipe midget AAA de sa région, Pageau était un jeune attaquant parmi tant d’autres.

Il a commencé à gravir l’échelle à la base. Il était même celui à qui on demandait de ramasser les traîneries qui s’étaient accumulées, dans l’autocar de l’équipe, au retour des voyages.

« Je n’étais pas tout seul ! C’était une des tâches qu’on réservait aux recrues. Nous étions quatre ou cinq, cette année-là, si je me souviens bien », raconte-t-il.

Il pouvait s’agir d’une tâche particulièrement ingrate, quand l’équipe rentrait d’un voyage dans la région de Montréal, dans les froids de janvier, aux petites heures du matin.

« Une gang de jeunes, dans un bus, ça se laisse traîner pas mal. »

Pageau n’a pas eu à faire le ménage, ce week-end, lorsqu’il a rendu visite à son ancienne équipe. Il a même eu le privilège de livrer un discours aux joueurs, avant le début du match contre les Gaulois de Saint-Hyacinthe.

Les adolescents de 15, 16 et 17 ans, selon tout ce qu’on a pu comprendre, ont été très attentifs et réceptifs.

Il a ensuite eu droit à un bel accueil de la foule, lors de la cérémonie où sa bannière a été officiellement dévoilée. Il est devenu le deuxième joueur de l’histoire de l’Intrépide à recevoir cet honneur. Son mentor et ami Daniel Brière a également reçu cet honneur, il y a quelques années.

Pageau était entouré de ses parents, de sa sœur et de sa fiancée pour l’occasion.

Dans son court discours, il a parlé de « la famille  de l’Intrépide ».

« Je suis honoré. Ce n’est pas juste mon passage à l’Intrépide. C’est mon passage dans le programme sport-études. Ça m’a beaucoup aidé », a-t-il affirmé, quelques minutes avant la cérémonie.

« Alain Sanscartier m’a tellement aidé quand j’étais plus jeune... Il m’a aidé autant sur la glace qu’à l’extérieur. Il parlait tout le temps du CAP. C’était un acronyme. Pour lui, tout passait par le comportement, par l’attitude et par la performance. »

Pageau s’est greffé au programme sport-études de l’école secondaire Nicolas-Gatineau lors de sa sixième année du primaire. Il y est resté jusqu’en quatrième secondaire.

« Les dirigeants de l’Intrépide m’ont aussi enseigné à faire mon auto-évaluation. Grâce à eux, très jeune, j’ai appris à analyser mes propres matches. J’utilise toujours ces outils pour identifier les choses que je fais bien, comme celles que je pourrais faire mieux. Être capable de se regarder dans un miroir, c’est une bonne chose. »

L’Intrépide, qui continue de célébrer son 25e anniversaire, pourrait retirer quelques chandails de plus dans les prochains mois. D’autres anciens joueurs, comme Derick Brassard et Corey Crawford, connaissent de belles carrières dans la LNH.

BATTUS PAR UN SOLIDE GARDIEN

L’Intrépide aurait facilement pu offrir une victoire à Jean-Gabriel Pageau.

En fait, l’Intrépide aurait sans doute mérité de battre les Gaulois de Saint-Hyacinthe, dimanche après-midi.

« Nous avons eu le meilleur à cinq contre cinq. Nous avons appliqué beaucoup de pression. Nous avons eu des chances de marquer », a résumé l’entraîneur-chef Martin Lafleur, au terme d’un match où son équipe a été battue, 4-2.

« Le gardien de l’autre côté a écrit le reste de l’histoire », a-t-il complété dans un haussement d’épaules.

Le gardien en question, un dénommé Félix Dubois, a effectué 41 arrêts. Il s’est surtout signalé durant une troisième période qui s’est déroulée en très large partie dans son territoire.

Félix Dubois a repoussé 41 rondelles dans une victoire des Gaulois de Saint-Hyacinthe.

L’Intrépide a donc encaissé un troisième revers consécutif.

« Nous avons eu une rencontre d’équipe. Nous venons de connaître une longue séquence de victoires. Durant cette séquence, nous nous sommes un peu éloignés de notre identité. Vendredi soir, nous n’avons vraiment pas joué un bon match. Nous avons demandé à nos joueurs de revenir à des choses de base. Nous voulions revenir à cette identité qui nous a permis de connaître beaucoup de succès », explique Lafleur.

« J’ai vraiment beaucoup aimé la réponse de nos joueurs. »

Capitaine en forme

La réponse a d’abord été offerte par le leader. Le capitaine Mathieu Gagnon a inscrit les deux buts de son équipe, dans la défaite.

Il aurait facilement pu inscrire deux ou trois points de plus.

Il a été celui qui a causé le plus de problèmes au gardien Dubois au troisième tiers. Il a frappé un poteau. Il a servi une belle passe à un de ses partenaires de trio, dans l’enclave. Ce dernier n’a pu compléter la manœuvre.

Gagnon a eu la chance de lui-même faire dévier une passe, par la suite. La rondelle a raté le filet par quelques centimètres à peine.

« Mathieu a connu un très bon match. Un de ses meilleurs matches de la saison, en fait. Il a bien répondu, il s’est levé. C’est ce qu’on veut comme leadership au sein de notre équipe. Nous ne voulons pas juste des paroles, nous voulons du concret », indique Martin Lafleur.

Gagnon, lui, a l’impression que plusieurs coéquipiers l’ont suivi. « Ça démontre tout le caractère de notre équipe. C’est bon signe à l’approche des séries. »

« Nous avons perdu un autre match, mais il faut voir les côtés positifs. Ça nous prend une grosse semaine d’entraînement pour retrouver le chemin de la victoire. »

Il ne reste après tout que quatre parties à jouer à l’Intrépide en saison régulière. Les trois prochains matches seront disputés sur la route. L’équipe rendra d’abord visite au Rousseau-Royal, en milieu de semaine. Elle passera ensuite la fin de semaine prochaine en Estrie. Elle affrontera les Cantonniers de Magog deux fois plutôt qu’une.