Contrairement à la ville de Repentigny, qui devait souligner en 2020 son 350e anniversaire, les Internationaux de tennis junior, eux, profiteront d'une deuxième chance de présenter leur 35e édition.
Contrairement à la ville de Repentigny, qui devait souligner en 2020 son 350e anniversaire, les Internationaux de tennis junior, eux, profiteront d'une deuxième chance de présenter leur 35e édition.

Internationaux de tennis junior de Repentigny: le 35e n'est que partie remise

MONTRÉAL — Contrairement à la ville de Repentigny, qui devait souligner en 2020 son 350e anniversaire, les Internationaux de tennis junior, eux, profiteront d'une deuxième chance de présenter leur 35e édition.

Les organisateurs auront ainsi l'occasion de recevoir, comme c'est le cas depuis 1986, quelques-uns des plus beaux espoirs du tennis féminin et masculin de tous les coins de la planète du 27 août au 4 septembre 2021, au parc Larochelle. Ce qu'elle n'a pu faire cette année pour la toute première fois, à cause de la COVID-19.

«Dans l'événementiel, on fait souvent face à un dilemme, car tu soulignes ton 35e anniversaire 34 ans plus tard», cite en exemple Richard Legendre, un ancien joueur de tennis qui a longtemps dirigé les destinées de Tennis Canada.

«Là, les organisateurs vont fêter leur 35e anniversaire d'existence 35 ans plus tard. Le chiffre 35 sera doublement significatif», ajoute-t-il.

Au fil des ans, le tournoi a accueilli bon nombre de Québécois et de Canadiens. Eugenie Bouchard, en 2011, Françoise Abanda, un an plus tard, et Bianca Andreescu, en 2015, y ont triomphé en simple, tout comme Brayden Schnur, seul garçon issu du Canada à avoir gagné le tournoi, en 2013.

Milos Raonic, Denis Shapovalov, Félix Auger-Aliassime et Leylah Annie Fernandez y ont aussi pris part, de même que de futures vedettes planétaires comme Jim Courier, vainqueur en double en 1986, Jo-Wilfried Tsonga, Andy Murray et Nick Kyrgios, qui ont gagné le simple masculin en 2002, 2003 et 2012 respectivement. La Suissesse Martina Hingis et la Roumaine Simona Halep y ont également fait escale.

Le site internet du tournoi affiche même une vidéo coïncidant avec la 30e édition et dans laquelle on voit un Grec alors âgé de de 17 ans, Stefanos Tsitsipas, devenu l'une des coqueluches du tennis masculin, faire l'éloge du tournoi auquel il prenait part.

Si autant de grands noms y ont participé, c'est un peu à cause du moment où il est présenté, soit tout juste avant la deuxième semaine des Internationaux des États-Unis, où le volet junior de ce tournoi du Grand Chelem se met en branle, souligne Legendre.

«C'est un tournoi important. Les Internationaux juniors du Canada, il y en a juste un, c'est l'équivalent de la Coupe Rogers, mais chez les juniors. Ce sont les préliminaires au US Open. Tous les meilleurs jeunes joueurs qui vont jouer au US Open viennent à Repentigny la semaine avant, d'où les noms qu'on a vus historiquement. La date est extraordinaire, c'est la meilleure date qu'on ne pouvait pas avoir.»

Une longue histoire

Bien avant Repentigny, le Canada a été l'hôte d'un tournoi junior avant même l'arrivée du 20e siècle: la Canadian Lawn Tennis Association avait autorisé une épreuve masculine chez les moins de 18 ans dès 1895.

Au fil des ans, les Australiens Rod Laver, en 1956, et Pat Cash, en 1981, de même que le Français Yannick Noah, en 1977 en sont sortis victorieux. Legendre a également remporté le tournoi, alors présenté à Vancouver, en 1971.

Le tournoi, sanctionné par l'ITF, est officiellement arrivé à Repentigny en 1986, après la fermeture du Club Quatre-Saisons à Laval, qui l'accueillait depuis 1983.

Il ne lui a fallu que deux ans pour s'implanter dans la communauté au point de donner le coup d'envoi à de grands travaux de réaménagement et d'amélioration des installations du parc Larochelle, incluant l'aménagement d'un court central pouvant réunir entre 1200 et 1500 spectateurs.

En 1989, Tennis Canada a confirmé la tenue du tournoi à Repentigny pour les cinq années suivantes. L'aventure se poursuit avec le même enthousiasme au sein de la communauté.

«Un tournoi de tennis, ce sont toujours les gens qui sont derrière et qui prennent ça à coeur. C'est assez exceptionnel, ce qui s'est passé à Repentigny depuis 1986», affirme Eugène Lapierre, vice-président de la Coupe Rogers et de Tennis Canada.

Lapierre rappelle que les instances municipales n'ont jamais cessé d'appuyer l'événement. La mairesse actuelle, Chantal Deschamps, en a d'ailleurs été la présidente pendant quelques années. Et parmi les gens qui ont fait de l'événement un succès, Lapierre identifie René Gauthier.

Directeur du tournoi pendant ses 10 premières années d'existence, M. Gauthier est un «maniaque de tennis», décrit Lapierre.

«On avait mis sur pied toute une structure, avec l'Association de tennis junior de Repentigny, avec tous nos parcs. On était favorisé parce qu'il y avait 20 terrains de tennis dans la ville. Une année, on avait plus de joueurs d'inscrits en tennis, l'été, qu'en hockey mineur l'hiver. On comptait 1200 joueurs de tennis», raconte M. Gauthier, qui continue d'assister au tournoi tous les ans, même s'il approche les 80 ans.

L'enthousiasme au sein de la communauté s'est fait sentir par la contribution des familles d'accueil. Selon M. Gauthier, c'est peut-être même le point saillant de la réussite du tournoi.

«L'engouement avec les familles d'accueil a permis à plusieurs fédérations qui avaient plus ou moins les moyens de faire venir leurs joueurs à Repentigny et ensuite d'aller à New York. Avec les familles d'accueil, les fédérations sauvaient les coûts d'hébergement et ça pouvait leur permettre de payer uniquement le transport. On les hébergeait et les nourrissait. C'est une semaine qui ne leur coûtait pas cher.»

M. Gauthier ne cache pas sa fierté quant aux succès du tournoi et n'est nullement inquiet quant à son avenir.

«Je suis très fier de la continuité, de voir que des gens ont continué avec le même enthousiasme et que ça s'est perpétré dans le temps. Ç'a fait la renommée de Repentigny à travers le monde.»