Yaroslav Alexeyev a joué deux saisons avec le Phœnix de Sherbrooke. Jamais, assure-t-il, des gestes dégradants n’ont été posés lors des initiations.

Initiations dégradantes chez le Phoenix? Une mauvaise traduction, dit Alexeyev

Une entrevue donnée par l’ancien joueur russe du Phœnix de Sherbrooke Yaroslav Alexeyev au site internet russe Sport-Express, dont certains passages ont été traduits en anglais et publiés sur les médias sociaux samedi, a créé la commotion.

Les propos d’Alexeyev, traduits en anglais grâce à l’application Google Translate et publiés par le journaliste ontarien Andrew Zadarnowski sur Twitter, font état de possibles initiations et de gestes dégradants posés à l’encontre de joueurs recrues du Phœnix, des gestes qui auraient eu lieu lors de la première année du joueur russe à Sherbrooke, en 2016-17.

Yaroslav Alexeyev mentionne que lors du party d’initiation des recrues, ces derniers devaient porter une couche pour adulte, et qu’ils devaient prendre cinq verres de bière. Le dernier à le faire devait boire cinq portions de vodka, en plus. 

Le Russe dit aussi que les recrues devaient placer un biscuit entre leurs fesses et courir autour de la maison où se tenait l’initiation. Le dernier arrivé de la course devait manger son biscuit et au bout de l’événement, tout le monde devait faire de même.

Questionné à ce sujet, via Facebook, et en anglais, Alexeyev était encore sous le choc de la proportion de cette histoire.

« Ce que j’ai raconté, ce sont des histoires que j’ai entendues de la part des gars de l’équipe, lorsqu’on faisait des partys ensemble. Ça n’est jamais arrivé à Sherbrooke », a-t-il expliqué

Un peu plus loin dans l’entrevue au site Sport-Express, Alexeyev dit essentiellement ceci.

« Je n’ai pas aimé le party l’année suivante. Ils (les vétérans) ont mis des lanières sur les recrues, leur ont donné des couronnes et les ont placés dans une petite cabane. Le vétéran était vêtu d’un tablier noir, avec un masque de gangster et des gants à nettoyer, et un manche à balai avec un condom au bout. Il appelait les gars un après l’autre et il poussait le balai dans les fesses pour les faire crier et faire peur aux autres. »

Confronté à cette traduction de son entrevue, Alexeyev a réitéré que ça ne s’était pas passé à Sherbrooke.

« Ce n’est pas vrai. C’est une mauvaise traduction », a-t-il dit, avant de poursuivre.

« J’ai dit au journaliste qu’il y avait des partys auxquels j’assistais, lors desquels les gars partageaient ce genre d’histoires qu’ils avaient déjà entendu, mais pas des histoires qui s’étaient déjà passées dans l’équipe. Pourquoi Google a décidé de traduire ça différemment, je ne sais pas. »

Alexeyev, qui a passé deux ans avec le Phœnix, et qui a été échangé au Drakkar de Baie-Comeau par la suite, s’est dit dépassé par les événements.

« Ça me fait un peu peur tout ça, car je ne suis pas vraiment une personne publique. »

« Pas vrai du tout »

Carl Neill était le capitaine du Phœnix lors de la saison recrue de Yaroslav Alexeyev et il confirme que des gestes dégradants de la sorte n’ont jamais été commis.

« Non, vraiment pas. Des gars de l’équipe à l’époque ont commencé à me texter hier soir (samedi) pour me parler de ça et je n’en revenais pas. On peut voir, dans ce qui a été publié sur Twitter, que c’est mal traduit. Ce genre de choses ne s’est jamais produit chez le Phœnix de Sherbrooke », a-t-il affirmé.

Neill confirme cependant qu’il a déjà entendu ce genre de « légendes urbaines » concernant des initiations dégradantes s’étant déjà produites dans le passé

« Je n’ai jamais été témoin de telles choses depuis que je suis dans le junior; nous (chez le Phœnix), on faisait un party en début d’année avec les gars, rien de spécial ne s’y passait. »

« C’est très surprenant, et en même temps très décevant de lire ça. Le gars (Andrew Zadarnowski, NDLR) a pris ça sur un site russe, l’a passé dans Google Translate et ça sort tout croche. Je me sens mal pour les organisations qui doivent gérer ce genre de choses; en tout cas, le Phœnix, ce n’est pas comme ça du tout », a-t-il réaffirmé.

Jocelyn Thibault dément

« C’est complètement faux. J’ai parlé à des gars qui en étaient à leur année recrue en même temps que Yaroslav et ça ne s’est jamais passé. Je ne suis vraiment pas content de cette situation, on n’a jamais toléré ce genre d’action dans notre équipe, et on ne le fera jamais. Oui, les gars ont des get together, des partys, mais on s’assure que ce soit bien encadré. Et c’est clair que ce genre d’activités est interdit », a tonné le directeur général du Phœnix de Sherbrooke.

« On a des règles internes à ce sujet. On s’occupe de 23 ou 24 joueurs, qui sont sous notre responsabilité, et je peux dire sans gêne que nos joueurs sont sur la coche. On met beaucoup d’efforts pour encadrer les joueurs. »

« Je crois que c’est une mauvaise traduction. »

Le Phœnix a réagi officiellement en début d’après-midi.

« (...) en aucun cas, le Phœnix de Sherbrooke ne cautionne et ne tolère ce type d’initiation. L’organisation fait tout en son pouvoir pour sensibiliser les joueurs à ce genre de pratique interdite par la LHJMQ et continuera de le faire dans le futur », peut-on lire dans le communiqué de l’équipe.