Kyle Turris serait échangé avant la date limite s’il ne parvient pas à négocier une prolongation de contrat.

Ils vont finir par s’entendre

CHRONIQUE / Désolé, ça ne me rentre simplement pas dans la tête. Kyle Turris qui pourrait quitter les Sénateurs à titre de joueur autonome sans compensation, l’été prochain. Turris qui pourrait partir plus tôt, en fait. Turris qui serait échangé avant la date limite s’il ne parvient pas à négocier une prolongation de contrat.

Je sais fort bien que tout cela est possible. Ça s’inscrit même dans l’ordre normal des choses. Des joueurs changent d’organisation année après année, le 1er juillet.

Je reconnais que c’est possible, donc.

Dans le cas qui nous intéresse, je doute que ce soit probable.

Les insiders de TSN, Darren Dreger et Bob McKenzie, ont commencé à laisser planer la possibilité d’une transaction, la semaine dernière. Cette information leur a forcément été transmise par une source proche des négociations. Ça peut donc s’inscrire dans une stratégie de négociations.

Elle a possiblement porté fruit. Pierre Dorion a offert cette très révélatrice réponse, mercredi, lors de sa courte rencontre avec la presse. « Les négociations s’en vont dans la bonne direction... Depuis qu’on a recommencé à se parler. »

Dorion trouvera une façon de payer Turris à sa juste valeur. Bryan Murray est son mentor. Durant ses neuf années passées dans le bureau du directeur général, Murray a souvent répété qu’il était crucial pour les Sénateurs de conserver un bon noyau de joueurs de la région.

Turris a grandi très loin d’Ottawa, en Colombie-Britannique, mais il a tout fait pour s’intégrer à sa communauté d’accueil au cours de cinq dernières années. Il a choisi de s’installer dans le coin en permanence. Au départ, il a pris cette décision pour se rapprocher du préparateur physique des Sénateurs, Chris Schwarz. Au fil des ans, il a choisi d’élever ses enfants dans une ville qui lui plaît.

À son arrivée, Turris traînait une réputation de joueur capricieux. Il a effectué un virage à 180 degrés, très rapidement, pour devenir l’athlète le plus facile à diriger dans le vestiaire.

Les Sénateurs ont, en théorie, des espoirs de qualité qui devraient être capables de lui succéder dans le rôle de centre numéro un d’ici quelques années. Ces jeunes ont cependant beaucoup de choses à prouver.

Guy Boucher a dit, durant le camp d’entraînement, qu’une équipe de la LNH n’a jamais trop de joueurs de qualité à cette position.

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Le centre des Jets de Winnipeg Mark Scheifele collabore avec le site Internet Players’ Tribune. Il dresse la liste des cinq joueurs les plus durs à affronter dans la LNH. Au sommet de son palmarès : Erik Karlsson.

« C’est comme une légende urbaine. Il est le Bill Murray de la LNH. J’ai parlé à quelques joueurs des Sénateurs. Comment fait-il ? Tout a l’air si simple. On m’a répondu que Karlsson est, livre pour livre, le joueur le plus puissant de la LNH. »

« Karlsson est absolument incroyable. Il est le défenseur polyvalent parfait. »

Je vous rappelle qu’on parle ici d’Erik Karlsson. Il n’y a pas si longtemps, on disait de lui qu’il était carrément inutile dans son propre territoire.

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J’ai pondu plusieurs chroniques, dans les 12 derniers mois, sur les problèmes d’assistance lors des matches des Sénateurs au Centre Canadian Tire.

Chaque fois, c’est immanquable, je reçois des quantités de réponses par courriel et dans les réseaux sociaux. Très souvent, ce sont des partisans d’autres équipes et ils sont terriblement prévisibles.

« Déménagez cette équipe à Québec au plus sacrant, qu’ils répètent. Là-bas, au moins, elle sera soutenue par de vrais partisans ! »

J’ai pensé à ces gens, mardi, quand j’ai vu les dizaines de sièges vides, au Centre Bell, lors du match inaugural à domicile du Canadien de Montréal.

C’est drôle, des fois, comme la vie a le don de relativiser certaines choses.

Les partisans des Sénateurs n’iraient jamais jusqu’à dire aux partisans du CH que leur club devrait déménager à Québec. Ça ne leur ressemble pas.

Ils savent trop bien que, de toute façon, un déménagement ne réglerait pas le problème. Le CH a joué deux matches dans la Vieille Capitale pas plus tard que le mois dernier. Il n’a pas réussi à faire salle comble au Centre Vidéotron non plus !