Alexandre Hogue d’Embrun dispute sa première saison dans la Ligue de l’Ontario avec la meilleure équipe junior au Canada. À 16 ans, il doit faire preuve de patience avant d’obtenir des responsabilités accrues.

Hogue veut faire tomber les préjugés

Alexandre Hogue a une idole. Il lance des balles de feu pour les Blue Jays de Toronto.

Malgré un talent remarquable, Marcus Stroman a dû combattre les préjugés toute sa carrière. Jugé trop petit à 5’8’’ pour lancer dans le baseball majeur, il a fait tomber les barrières les unes après les autres jusqu’à ce qu’il devienne un des as de la rotation des Blue Jays.

Sur les réseaux sociaux, le lanceur de 26 ans a lancé un mouvement avec le mot-clic #HDMH (Height doesn’t measure heart, la taille ne mesure pas le cœur). Alexandre Hogue n’est pas en reste. Lui aussi, sur ses comptes Twitter et Instagram, il utilise fréquemment le #HDMH parce qu’à 5’7’’, il a toujours été condamné à convaincre les sceptiques.

Sa petite taille ne l’a jamais empêché d’être un défenseur offensif à tous les niveaux. Avec les Grads de Cumberland midget AAA, le site eliteprospects.com lui a attribué 47 points en 45 matches la saison dernière, mais Hogue pense qu’on l’a dérobé d’une douzaine de points durant l’année.

Cette taille n’a pas bloqué le Sting de Sarnia à le repêcher au deuxième tour le printemps dernier. Et ça n’a surtout pas empêché les dirigeants de l’équipe de lui faire une place dans leur formation dès l’âge de 16 ans. Ses entraîneurs ont vu neiger avant hier. L’entraîneur-chef Derian Hatcher a été un défenseur étoile dans la LNH. Ses adjoints, David Legwand et Brad Staubitz, ont également fait de longues carrières dans la LNH.

Petite bombe sur patin, Hogue a encore gagné son pari d’accéder à la Ligue de l’Ontario (LHO) dès son premier essai. L’ennui, c’est qu’il est tombé dans la formation numéro un au Canada. Le Sting de Sarnia (15-3-0) compte aussi huit défenseurs dans ses rangs.

« Il y a très peu d’équipes avec huit défenseurs, mais nous sommes quatre recrues et il y a une rotation qui se fait », a dit celui qui a pris part à 11 des 18 matches du Sting cette saison.

Le Sting a fait sa première et seule visite de la saison à Ottawa dimanche dernier. Une délégation de 100 à 120 personnes d’Embrun et des environs est venue le voir à la Place TD. Hogue en était excité, mais il a très peu joué après la première période. Ça aussi, il doit s’y faire.

« J’ai toujours été un défenseur strictement offensif. Ici, on m’a fait comprendre que je devrai porter une attention particulière à ma défensive. Quand ce sera maîtrisé, j’aurai le loisir de m’aventurer à l’attaque. Au début, ça me décourageait, mais on m’a expliqué que les joueurs de 16 ans passaient tous par là dans la ligue. Présentement, aussitôt qu’il y a une punition, c’est fini pour moi. Je ne touche pas aux unités spéciales, mais on m’a dit qu’un jour, ce sera à mon tour d’être le quart-arrière de l’avantage numérique. Je vais être patient. »

Hogue est aussi encouragé par la percée des défenseurs de petit format dans la LNH. Il note l’importance de Ryan Ellis chez les Predators de Nashville, mais aussi de Victor Mete chez le Canadien de Montréal.

« Je calque mon jeu sur Mete. Plein de gens m’ont dit que je lui ressemblais. Il commence à y avoir de la place pour des défenseurs de moins de six pieds dans la LNH. Ça m’encourage et je commence à croire à mon rêve de jouer avec les meilleurs au monde. »

D’ici là, il devra prendre son mal en patience pour gravir les échelons chez le Sting et pour obtenir son premier point dans la LHO. « Je ne joue pas beaucoup dans les matches, mais j’ai la chance de côtoyer et de m’entraîner avec quelques-uns des meilleurs joueurs de notre ligue et mon équipe gagne. »