« Je n’ai pas dormi depuis deux nuits... C’est comme si on m’avait arraché le coeur », a déclaré Trevor Harris.

Harris restera... si Dieu le veut

Trevor Harris a vidé son casier mardi à la Place TD. Contrairement à l’an dernier, les sourires se faisaient rares et la coupe Grey n’était pas plantée au beau milieu du vestiaire.

Ce trophée deviendra la propriété d’une nouvelle équipe dans une douzaine de jours à la suite de l’élimination hâtive du Rouge et Noir, dimanche après-midi, en demi-finale de l’Est. Ottawa s’est incliné 31-20 contre les Roughriders de la Saskatchewan.

« Je n’ai pas dormi depuis deux nuits... C’est comme si on m’avait arraché le coeur », a soutenu Harris.

Le quart-arrière vedette était le joueur le plus attendu par les médias à sa sortie du vestiaire. Son avenir s’avère nébuleux.

À l’image de 11 autres partants du Rouge et Noir, Harris peut se prévaloir de sa pleine autonomie en février.

Est-ce qu’il sera de retour à Ottawa en 2018 ? Ou est-ce qu’il évoluera ailleurs ? Montréal sera notamment à la recherche d’un nouveau quart.

« Bien sûr que je veux revenir ici, a commencé par répondre Harris. Mais je ne suis pas en contrôle de mon avenir. Je me laisse guider par Dieu... »

Est-ce qu’il est prêt à sacrifier quelques dollars afin de demeurer chez le Rouge et Noir ? En coulisses, on dit qu’il viserait un salaire de plus de 500 000 $.

Est-ce que ça sera trop riche au goût des dirigeants de l’équipe ?

« L’argent n’a jamais été une grosse affaire dans ma vie. J’ai déjà joué pour un salaire de 50 000 $ en 2012. J’avoue par contre que ma vie a bien changé. Je dois maintenant prendre soin d’une famille. Cela dit, je veux surtout m’assurer de me retrouver dans un environnement où je peux exceller et exploiter au maximum le talent que Dieu m’a donné. »

L’autre question qui est revenue sur le tapis durant cette matinée à la Place TD ? Est-ce que le Rouge et Noir veut miser à nouveau sur lui ?

En mêlée de presse, le directeur général Marcel Desjardins a commencé par dire « oui, nous aimerions le ravoir ici ». « Il (Harris) veut aussi revenir ici. Espérons que nous pouvons nous entendre sur un montant », a-t-il ajouté.
Desjardins a répété que le numéro 7 est le premier choix du Rouge et Noir en tant que quart en 2018. Il semble ne pas avoir l’intention de magasiner pour une option moins coûteuse à ce poste.

Plus tard en entrevue à TSN 1200, Desjardins a qualifié le travail du quart-arrière de 31 ans et de ses substituts Drew Tate et Ryan Lindley de « bon, mais pas exceptionnel ». Il a aussi mentionné que Harris, qui a complété 398 de 572 passes pour 4679 verges, 30 touchés et 11 interceptions en 2017, « devra être meilleur et il est le premier à le reconnaître ».

« Trevor a réalisé de belles choses. Ses statistiques le reflètent. Mais il reste que notre fiche n’était pas ce qu’elle aurait dû être. »

Ottawa a complété le calendrier régulier avec huit gains, neuf revers et un verdict nul.

En demi-finale de l’Est, l’équipe n’a jamais réellement été dans le coup.

« Nous avons offert notre pire performance lors de notre match le plus important de l’année », a avoué Desjardins.

L’entraîneur-chef Rick Campbell, lui, a rappelé que des changements s’avèrent inévitables chaque année. « Que tu gagnes ou que tu perdes », a-t-il précisé.

Le Rouge et Noir a perdu les services des Abdul Kanneh, Ernest Jackson, Chris Williams, Mitchell White et Forrest Hightower après la saison dernière. 

L’année précédente, il avait dit adieu à Justin Capicciotti, Shawn Lemon, Jovon Johnson et Keith Shologan.

« C’est la nature de notre ligue avec les nombreux contrats d’un an, a souligné Marcel Desjardins.  La majorité des équipes sont dans la même situation. Elles auront plusieurs joueurs qui peuvent devenir agents libres. La différence, c’est que nous avons un peu plus de noms connus (...) Parfois, tu dois prendre des décisions difficiles. »

Reste à voir si une de ces décisions sera de se tourner vers un quart-arrière moins dispendieux.

LE ROUGE ET NOIR EN BREF

La «French Mafia» pourrait rester intacte

Le maraudeur Antoine Pruneau est sous contrat pendant deux autres saisons. Même chose pour le spécialiste des longues remises Louis-Philippe Bourassa et la recrue Anthony Gosselin. 

Il reste une autre année aux ententes du centre-arrière Patrick Lavoie et du bloqueur Jason Lauzon-Séguin. L’ailier défensif Arnaud Gascon-Nadon et le secondeur Jean-Philippe Bolduc sont les deux seuls membres de la «French Mafia» du Rouge et Noir qui peuvent devenir joueurs autonomes en février. 

Ils ont toutefois exprimé dans les dernières heures le souhait de demeurer dans la capitale. 

En fait, Bolduc va passer le prochain hiver à Ottawa. «Je suis très heureux ici», a-t-il rappelé. Surtout, il espère que la direction résistera à la tentation de passer un important coup de balai et apporter plusieurs changements. 

«L’équipe a participé aux éliminatoires trois fois en quatre ans. Elle a participé au match de la coupe Grey deux fois en plus de la gagner à une occasion... C’est sûr que nous n’avons pas obtenu le résultat souhaité cette année. Mais je crois que nous avons la bonne recette ici. On a juste besoin de l’améliorer», a dit Bolduc. 

«Dans une ligue où il y a beaucoup de roulement, je pense que c’est important de s’offrir de la stabilité», a noté pour sa part Gascon-Nadon.


Une célébration devenue virale

Diontae Spencer ne pensait jamais que sa célébration deviendrait virale. 

Il a fêté dimanche un touché en invitant ses coéquipiers à recréer la danse limbo dans la zone des buts au premier quart. Ces quelques secondes de folie ont été reprises non seulement sur les médias sociaux, mais dans divers bulletins sportifs à la télé. Même ESPN l’a qualifié de célébration de l’année 2017 au football. 

«Je reçois plusieurs appels et messages textes depuis notre match à ce sujet. Ça fait jaser au sud de la frontière», a soutenu le receveur de passes. 

«C’est bien, mais il reste que nous n’avons pas gagné cette partie», a-t-il ajouté. Ce qui explique que Spencer ne voulait pas trop se péter les bretelles. 

Il a expliqué avoir pratiqué la célébration plus tôt dans la semaine avec ses coéquipiers. 

Ce n’est pas la première fois que le numéro 85 retient l’attention après avoir inscrit un touché. On l’a vu mettre un genou au sol et faire semblant de demander en mariage le poteau de la zone des buts lors d’une partie durant l’été. 

«Diontae est original avec ses idées. Moi j’aime ça. Il ne fait jamais ça pour narguer l’adversaire. Je trouve au contraire que ça amène de la saveur au match», a soutenu le maraudeur Antoine Pruneau.