Lewis Hamilton
Lewis Hamilton

Hamilton refuse de boycotter la course en Belgique, malgré les manifestations

Jerome Pugmire
Associated Press
SPA-FRANCORCHAMPS, Belgique - Le champion de Formule 1 Lewis Hamilton refuse de boycotter le Grand Prix de Belgique comme l’ont fait de nombreux autres athlètes d’autres sports professionnels aux États-Unis à la suite d’une intervention policière qui a mal tourné pour Jacob Blake au Wisconsin le week-end dernier.

La NBA a reporté trois matchs éliminatoires qui devaient se dérouler mercredi, après que les joueurs des Bucks de Milwaukee aient refusé de quitter leur vestiaire pour disputer leur rencontre face au Magic d’Orlando. Les joueurs et les équipes de baseball, de soccer et même ceux au tennis ont pris la même décision pour exprimer leur appui aux mouvements ‘Black Lives Matter’ (BLM) et ‘End Racism’, afin que cessent le racisme systémique et la brutalité policière.

Hamilton, sextuple champion du monde et seul pilote noir en F1, a déclaré qu’il appuie ceux qui préconisent le boycottage, mais rappelé que de telles mesures n’auraient pas le même effet en Europe.

«Tout d’abord, je crois que c’est formidable ce qu’ils (les athlètes) font dans leurs sports aux États-Unis. Beaucoup de personnes se tiennent debout avec les joueurs et manifestent pour obtenir des changements, a dit Hamilton en conférence de presse jeudi. Mais ça, c’est aux États-Unis, et je ne sais pas si mes gestes, ici, pourraient aider la cause... nous sommes en Belgique, pas aux États-Unis.»

Hamilton s’est régulièrement exprimé pour dénoncer le racisme au cours des dernières semaines à la suite du décès tragique de George Floyd - un Noir qui n’était pas armé - lors d’une intervention policière à Minneapolis en mai. Hamilton et d’autres pilotes, dont Lance Stroll, s’agenouillent à chaque course cette saison en solidarité avec le mouvement ‘BLM’. Il a aussi porté un chandail sur lequel est écrit ‘End Racism’, a levé son poing vers le ciel sur le podium et dénoncé les autres équipes de F1 qui ont été trop discrètes à propos du racisme.

«Je n’ai pas discuté avec quiconque (du boycottage), mais je suis très fier de voir toutes ces personnes là-bas; je les appuie, et j’essaie de le faire du mieux que je peux ici, a expliqué le Britannique. J’ignore si notre décision de boycotter la course ici (pourrait aider), alors elle doit avoir lieu. Je vais essayer de discuter avec la F1 afin de déterminer ce que nous pouvons faire afin de poursuivre notre campagne de sensibilisation.»

Mercedes a aussi recouvert ses bolides argentés d’une peinture noire cette saison en soutien à Hamilton et au mouvement de lutte contre le racisme.

Le pilote Ferrari Sebastian Vettel, qui s’est agenouillé aux côtés de Hamilton lors des six courses jusqu’ici cette saison, a aussi été interrogé à savoir s’il avait songé à boycotter l’épreuve belge.

«Ça ne fait aucun sens qu’on prenne une décision aussi drastique parce qu’il n’y a rien de concret sur la table, et qu’il n’y a aucune raison de boycotter une course, a évoqué l’Allemand. Les mesures de boycottage - ou de grève ou d’absence aux matchs - qui ont été préconisées par certains athlètes aux États-Unis sont spécifiques aux États-Unis, je crois. Nous semblons très satisfaits des gestes que nous, les pilotes, posons, et nous voulons continuer de transmettre ce message.»