La luxation à l’épaule gauche et la déchirure du ligament croisé antérieur du genou droit subies le 30 novembre ont ruiné la participation aux JO de Marie-Michèle Gagnon.

Guérison lente, retour en vitesse pour Marie-Michèle Gagnon

Deux semaines après une chute en descente qui a mis fin à sa saison et ruiné sa participation aux Jeux olympiques, Marie-Michèle Gagnon travaille déjà d’arrache-pied à recouvrer la santé afin de reporter ses efforts sur les épreuves... de vitesse.

Le 30 novembre, à l’entraînement, l’athlète de Lac-Etchemin a perdu la maîtrise de ses skis dans le dernier virage du tracé de Lake Louise, en Alberta. Un impitoyable Claire’s Corner qui a réservé le même sort à la grande Lindsey Vonn, pas plus tard que le lendemain.

Comme Gagnon, Vonn s’est écrasée à pleine vitesse dans le filet protecteur, en bordure de piste. La grande championne américaine avait toutefois l’avantage de porter une attelle au genou. La Québécoise a pour sa part subi une déchirure du ligament croisé antérieur au genou droit, en plus d’une luxation de l’épaule gauche. Sa saison finissait avant même d’avoir commencé. Retour sur neige prévu en août.

«C’est toujours très décevant de rater des courses à cause de blessures, encore plus les Olympiques», a-t-elle attesté, mercredi après-midi, lors d’un point de presse téléphonique tenue à partir de Calgary.

C’est dans la capitale albertaine qu’elle a été opérée. Sa mère est à ses côtés. Elles rentrent vendredi à Québec, où Gagnon passera le plus clair de cet hiver à s’échiner en physiothérapie et en entraînement en salle, au PEPS de l’Université Laval. Ses Jeux seront comme téléspectatrice.

Mais pour elle, rater les Jeux olympiques n’est pas catastrophique. À 28 ans, celle pour qui une première blessure à l’épaule gauche avait aussi gâché les JO de 2014 prévoyait déjà prolonger sa carrière au moins jusqu’aux Jeux d’hiver de Pékin, en 2022. Elle garde le cap.

«Notre sport, ce n’est pas juste les Olympiques. La culture du ski alpin est établie en Europe depuis longtemps. Les Coupes du monde et les Championnats du monde ont aussi toujours fait partie de mes rêves. Mais mon but n’a pas changé et ce sera dans quatre ans. C’est seulement une pause», fait-elle valoir.

Revoir ses plans

Reste que celle qui visait une médaille olympique au combiné descente-slalom, à PyeongChang, doit réviser ses plans. Et pas seulement parce qu’elle n’ira pas en Corée. Sa discipline de prédilection, où elle a remporté ses deux victoires de Coupe du monde en carrière, sera rayée du programme international dans deux ans. Les Championnats du monde d’Are, en 2019, s’avéreront la dernière compétition d’envergure avec un combiné.

De là l’idée développée l’été dernier de mettre davantage l’accent sur les disciplines de vitesse, descente et Super-G. Son accident ne la fera pas dévier du parcours tracé en compagnie de l’entraîneur-chef de l’équipe féminine canadienne, Manuel Gamper, de laisser le slalom de côté dès la saison prochaine. Ce qui sera maintenant son retour en piste.

«Même si j’ai eu plus de succès en technique, la vitesse a toujours été plus naturelle pour moi, dit-elle. Je verrai après un an si je reviens au slalom ou non, mais c’est possible que je n’en fasse plus jamais.»

À propos de sa violente chute, Gagnon ne blâme ni le parcours, la météo, l’équipement ou même la vitesse en piste surpassant 130 km/h, qui ne se situe «pas en-dehors de notre confort».

«C’est la faute du skieur. C’est comme en course automobile, même avec une Formule 1 tu peux faire des tonneaux», affirme Gagnon, estimant que son manque d’expérience en descente n’était pas non plus en cause, comme le démontre la mésaventure vécue par la championne olympique de descente de 2010 Vonn au même endroit 24 heures plus tard.

Gagnon n’avait pas raté de course depuis son entrée officielle sur le circuit mondial en 2008, après qu’une fracture à la jambe ait bousillé sa saison recrue de 2007. Elle avait depuis pris 190 départs en Coupe du monde, quatrième dans l’histoire canadienne depuis la naissance du grand cirque blanc derrière Erik Guay (229), Thomas Grandi (215) et Emily Brydon (203).