Yanni Gourde (centre), un joueur non repêché, s’est révélé avec le Lightning de Tampa Bay.

Groulx a beaucoup aidé Gourde

TAMPA BAY — L’attaquant québécois Yanni Gourde est la révélation de l’année avec le Lightning de Tampa Bay, et même si tout le crédit lui revient en tant que joueur jamais repêché autant par la LNH que la LHJMQ, il n’hésite pas à partager celui-ci avec ceux qui l’ont aidé en cours de route.

Parmi ceux-ci, il y a le Gatinois Benoît Groulx, l’ancien entraîneur des Olympiques qui s’occupe de développer les meilleurs espoirs du club avec le Crunch de Syracuse, de la Ligue américaine de hockey.

La recrue de 26 ans, qui avait 24 buts et 54 points avant d’affronter les Sénateurs mardi soir, a passé un peu plus de trois saisons avec Syracuse, dont la dernière sous la gouverne de Groulx en 2016-2017, avant d’obtenir une audition de 20 parties avec le Lightning en fin de saison, où il a commencé à s’établir avec une production de six buts et deux passes. Auparavant avec le Crunch, il avait amassé 48 points, dont 22 buts, en 56 matches.

« Il (Groulx) a vraiment été bon pour moi, il m’a vraiment donné un coup de main, a confié Gourde au Droit mardi matin. Il était tough avec tout le monde, je ne faisais pas exception à la règle. Mais ça reste qu’il a toujours été un bon coach, il te montre vraiment la façon dont il veut que tu joues. Quand tu rentres dans son système, dans sa mentalité, ça va bien aller. Je pense que c’est ce que j’ai fait, j’ai vraiment buyer in ce qu’il me disait et j’ai poussé dans cette direction-là. Le système est le même qu’ici, c’est axé sur la vitesse et travailler fort, ne pas prendre congé pour une seule présence. C’est le même principe dans toute l’organisation. »

Gourde, qui joue à l’aile gauche sur un deuxième trio explosif aux côtés de Brayden Point et Tyler Johnson, a toujours eu confiance qu’il atteindrait la LNH, même quand il sortait des rangs midget AAA avec les Élites de Jonquière à 17 ans en faisant 5’ 7’’ tout en faisant osciller la balance à environ 140 livres. Simple invité au camp des Tigres de Victoriaville, le joueur natif de St-Narcisse a joué trois saisons complètes avec eux, produisant 124 points à sa dernière saison, ce qui lui a ensuite valu un essai dans la Ligue américaine avec le club-école des Sharks de San Jose.

Après une saison et demie passée majoritairement à Worcester, dans la LAH, les Sharks l’ont cependant remercié et c’est alors que le Lightning lui a offert un contrat.

« Ça a été beaucoup d’années, beaucoup de temps et d’efforts, mais ça a toujours été un rêve de jouer dans la Ligue nationale et j’ai toujours gardé ça en tête. J’ai toujours travaillé dans cette direction-là et ça porte fruit aujourd’hui... J’ai eu plusieurs défis à passer au travers, mais je ne voyais pas ça comme quelque chose de démotivant. Je voyais surtout ça comme un effet motivateur de prouver que les gens se trompaient avec moi », raconte-t-il.

Le centre des Sénateurs Jean-Gabriel Pageau a joué toute sa carrière junior en même temps que Gourde et il n’est pas surpris de l’avoir vu atteindre la LNH. « Il a tout le temps été un bon joueur quand je l’affrontais dans le junior. C’était un gars super bon offensivement et un compétiteur, il est acharné. En fait, je me demandais pourquoi il n’a pas monté plus vite que ça. Il a fait sa place, il a prouvé qu’il la mérite. Je lui ai déjà parlé un peu et il me disait que Ben Groulx l’a beaucoup aidé dans son cheminement, comme moi », a-t-il indiqué.

« On a vu ce qu’il (Gourde) pouvait faire pour 20 matches, la question cette année était de savoir s’il pourrait le faire pour 82 matches. Des joueurs sont rappelés de la Ligue américaine et ils carburent à l’émotion pour avoir du succès. Pour le faire de septembre à avril, avec les demandes de la saison, les voyages, c’est une autre histoire et il est en voie de la faire », notait de son côté l’entraîneur-chef Jon Cooper.

Contents pour Burrows

L’entraîneur-chef Guy Boucher était content de voir l’attaquant Alexandre Burrows atteindre le plateau des 900 matches joués mardi soir contre le Lightning, au lendemain d’un match où il lui a donné plus de glace, aux côtés de Jean-Gabriel Pageau à la place d’un Marian Gaborik inefficace, ce qui a donné le but d’assurance de Pageau en fin de rencontre dans un gain de 5-3 contre les Panthers. «On essaie de donner des chances à certains gars, ce qui fait qu’il y a des occasions où il méritait de monter (de trio) et je ne l’ai pas fait. Parfois, assez, c’est assez. Il va continuer avec Pageau et (Bobby) Ryan. J’espère qu’il va savourer ce 900e match. Je l’ai vu jouer dans le junior et je n’aurais jamais pensé qu’il jouerait dans la LNH, il y avait bien des joueurs comme lui et il n’avait rien de spécial. Il est un modèle parce qu’il a bâti sa carrière sur du travail acharné et du caractère, passant de la ligue East Coast à la Ligue américaine puis à la LNH, pour ensuite jouer sur un des meilleurs trios de la ligue avec les jumeaux Sedin. C’est toute une réussite», a-t-il souligné. Pageau était heureux de jouer avec Burrows pour cette étape de sa carrière. «Je l’ai félicité d’abord ce matin, puis je lui ai dit qu’il n’avait plus que 100 matches à jouer (pour le plateau des 1000) pour qu’il se sente plus vieux, a-t-il blagué. C’est un gars qui m’a aidé beaucoup, autant sur la glace qu’en dehors, il connaît tellement bien la ‘game’. Il est un grand pro.»

Entre les lignes

Le but de fin de match de Pageau, qui avait originalement été crédité à la fiche de Burrows, était son quatrième en six matches avant d’affronter le Lightning. «Je n’ai rien changé, mon rôle a changé un peu et j’ai plus de chances de produire offensivement, et présentement ça va bien pour moi. J’espère que ça va continuer», a-t-il dit... 

Guy Boucher a apporté un changement à son alignement, insérant des «jambes fraîches» en Erik Burgdoerfer à la ligne bleue pour remplacer Fredrik Claesson, qui a éprouvé certaines difficultés lundi à Sunrise. Burgdoerfer disputait un quatrième match dans la LNH, un deuxième avec Ottawa cette saison. Il devait former surtout une troisième paire avec Mark Borowiecki. «On a un peu de chimie ensemble de nos jours dans la ECAC (au hockey collégial américain), il était à RPI et j’étais à Clarkson, on a eu quelques bonnes batailles», a blagué Borowiecki, qui a aussi fait quelques présences avec lui lors de son premier match à St. Louis en janvier.