Valérie Grenier s'est cassé la jambe droite à quatre endroits lors d'une chute aux championnats du monde en Suède.

Grenier plus amochée que prévu

Au lieu de participer au slalom géant des championnats du monde en Suède, Valérie Grenier devait se contenter de regarder la course sur un écran d’ordinateur, jeudi matin, au domicile de ses parents dans l’Est ontarien.

La skieuse alpine de St-Isidore commence à se remettre « un petit peu » de ses émotions, huit jours après sa dangereuse chute à l’entraînement qui a mis fin à sa saison. Au départ, Canada Alpin parlait de trois fractures à la jambe droite.

Finalement, elle était cassée à quatre endroits.

« J’ai encore un peu de douleur, surtout la nuit. J’ai vraiment de la misère à dormir, à trouver une position confortable », a avoué l’ancienne championne du monde junior en descente en 2016.

Le tibia a été cassé. Le péroné aussi. « J’ai deux fractures aussi au-dessus du pied », a précisé Grenier.

Des vis ont été insérées ici et là pour solidifier le tout. On lui a dit que ça pourrait lui prendre quatre à six mois avant de renouer avec son sport favori.

« Dans ma tête, je vais être revenue à temps en vue de la prochaine saison », a assuré Grenier, qui avait terminé quatrième à une épreuve de la Coupe du monde en janvier. C’est sans compter sa sixième place, il y a un an, au combiné des Jeux olympiques à PyeongChang.

« Ce qui est frustrant, c’est que je connaissais ma meilleure saison en carrière. Mais en même temps, je me dis que c’est peut-être le meilleur moment pour me blesser ! C’est plus facile à revenir quand c’est positif. Quand ça va mal et que tu te blesses, tu n’as pas trop le goût de revenir. Tu penses que tu n’es plus bonne. Là, je sais que je peux faire partie des meilleures femmes. Ça me motive. »

Reste que Grenier ne peut chasser pour l’instant ces longues minutes qui ont suivi sa chute. Sur la séquence, son ski gauche a accroché le filet de sécurité le long du parcours après une erreur de jugement en piste. Puis ce fut son ski droit.

« Je me suis retrouvée dans les airs pour ensuite retomber. J’ai glissé longtemps. J’ai pleuré et crié tout le long que je glissais tellement ça faisait mal », a relaté l’athlète âgée de 22 ans.

« Habituellement, je chute souvent à l’entraînement, mais rien de grave comme ça. J’avais été chanceuse jusque-là. Habituellement, je me relève et je suis frustrée. »

Même si elle avait voulu se relever cette fois-ci, son corps ne lui aurait jamais permis.

« À l’hôpital, il y avait 10 docteurs qui m’attendaient à mon arrivée dans la salle. Ils voulaient s’assurer que je n’avais rien d’autre », a poursuivi Grenier.

« Un des docteurs au bout de la table a replacé mon pied à un certain moment parce qu’il n’était pas dans la position qu’il devait être... »

Non, ce n’était pas joli.

Grenier se console. Ce n’est pas son genou qui a écopé. Elle aurait probablement dû faire l’impasse sur la saison prochaine.

Sa rééducation commencera dans six semaines. Elle se déroulera à Calgary, domicile de l’équipe nationale.

Du temps pour le piano

En attendant, la sportive franco-ontarienne se change les idées en renouant avec son côté artistique.

« J’ai recommencé à jouer du piano, ce que je faisais quand j’étais plus jeune. J’avais arrêté depuis que je skiais. Je n’étais plus à la maison », a-t-elle expliqué.

« Je faisais aussi du chant. Je vais peut-être recommencer à pratiquer un peu. »

Surtout que ses coéquipières de l’équipe canadienne lui ont déjà vanté ses cordes vocales.

« Marie-Michèle (Gagnon) aime dire que j’ai une belle petite voix », a confié Grenier en riant.