Dans le court métrage signé par son équipe de rallycross, Andreas Bakkerud est un pilote qui tente de fuir les Forces armées canadiennes.

GP3R: silence, on tourne... et on roule!

Trois-Rivières — Le pilote de rallycross Andreas Bakkerud venait à peine de poser les pieds à Trois-Rivières que déjà, il était pourchassé par les Forces armées canadiennes. S’en suivra une course folle, dans tous les sens du terme, puisque différents types de véhicules seront utilisés pour tenter de semer les militaires, de l’île Saint-Quentin jusqu’au circuit du GP3R... en passant par l’Amphithéâtre Cogeco.

Bakkerud et son équipe de course, Monster Energy RX Cartel, ont passé une bonne partie de la journée à filmer des séquences en vue de la réalisation d’un court métrage, dont on devrait voir le produit final la semaine prochaine.

Appuyée par le géant des boissons énergisantes, RX Cartel aime produire ce genre de films pour se rapprocher de son public. Et selon ces Britanniques, il n’y a pas de meilleur endroit que Trois-Rivières pour répondre à leurs attentes. «C’est un drôle de scénario, à la limite un peu stupide, mais c’est pour faire rire les gens», mentionne Bakkerud, un pilote originaire de la Norvège âgé de 27 ans, l’un des plus charismatiques du Championnat mondial de rallycross, qui s’installe en ville jusqu’à dimanche pour la première fin de semaine du 50e Grand Prix de Trois-Rivières.

Dans le film, Bakkerud campe le rôle d’un talentueux pilote – ce qu’il a toujours été – faisant l’envie des FAC. Ces derniers étudient ses prouesses sur la piste et tentent de les dupliquer. En panique, Bakkerud, vêtu d’une chemise d’hôpital, décide de s’enfuir. Il utilisera plusieurs véhicules motorisés, dont une voiture de la série NASCAR Pinty’s, un VTT et une motoneige... cette dernière sur la rivière St-Maurice! Il va même rencontrer un quadriporteur sur sa route, celui d’un citoyen de Trois-Rivières, René Lapalme, qui a accepté de jouer le jeu avec plaisir.

«Andreas apprendra que la Marine royale canadienne finit toujours par retrouver les fugitifs», sourit le directeur général du GP3R, Dominic Fugère, qui a participé à la réunion de production, jeudi en matinée. «La motoneige sur la rivière, c’est mon idée», ajoute-t-il, en remerciant au passage la Ville de Trois-Rivières ainsi que de l’armée pour leur contribution, entre autres par l’entremise du maître de première classe du NCSM Radisson, Denis Bergeron.

«Nous n’avons pas un circuit pharaonique comme celui d’Abu Dhabi à offrir aux pilotes ni la tradition de Spa-Francorchamps en Belgique. Sauf qu’ici à Trois-Rivières, on peut leur offrir l’accessibilité. L’équipe RX Cartel était très heureuse de ce projet et les gens autour le sont tout autant.»

Plusieurs dizaines de curieux épiaient le tout, surtout du côté de l’île St-Quentin, pour voir cet étrange énergumène à bord de sa motoneige défier les militaires, au confluent de la rivière St-Maurice et du fleuve St-Laurent.

«Andreas est un ancien coéquipier de Ken Block, une vedette mondiale des réseaux sociaux. Il sait comment ça marche», poursuit Dominic Fugère, après avoir accueilli, sur la petite plage tout près de l’Amphithéâtre Cogeco, le pilote de la motoneige... qui n’était pas le pilote Bakkerud. Non il s’agissait plutôt de Simon Bourassa, un type de Pont-Rouge qui a accepté l’invitation lancée par le Circuit de motoneiges sur l’eau du Québec pour prendre part au tournage.

«Je suis la doublure de Bakkerud en fait», explique Bourassa, qui s’est amusé comme un petit fou jeudi. «Moi, ça ne me dérange pas de répéter la séquence plusieurs fois! Il y a pas mal plus de vagues sur la rivière en ce moment que lors de nos courses du circuit québécois et c’est vraiment stimulant. Surtout quand l’armée court après toi!»

Parlant de courir, Bakkerud, le vrai cette fois, a choisi de sprinter devant les lettres de l’Amphithéâtre pour une partie de son film, séquence qui prend fin à bord de la voiture NASCAR du pilote Jocelyn Fecteau. «C’est tellement beau ce site, je cours ici chaque matin depuis que je roule au Grand Prix de Trois-Rivières et c’est notre sixième année ici.»

Fecteau, lui, devenait un complice de Bakkerud, en aidant le fugitif à distancer les militaires. «Je n’agirais pas comme ça dans la vraie vie», dit le pilote en riant, saluant lui aussi la collaboration de tous les partenaires impliqués.

Maintenant, il ne reste plus qu’à voir le produit final. Celui-ci devrait être disponible dans les prochains jours, sur les réseaux sociaux de l’écurie RX Cartel.