Le skieur para-alpin Alexis Guimond affiche ouvertement ses ambitions en vue des prochains mois.

Globe de cristal et médaille en vue

Alexis Guimond sait ce qu’il veut dans les prochains mois. Et le skieur para-alpin de Gatineau ne se gêne pas pour le dire à voix haute.

« Le globe de cristal et une médaille aux Jeux paralympiques », lance-t-il au beau milieu de l’entrevue. Le ton était donné pour les huit minutes suivantes.

« Oui, la barre est haute, concède l’espoir âgé de 18 ans. Mais si je regarde mes résultats la saison dernière, je peux être confiant. »

À sa première saison à plein temps sur le circuit de la Coupe du monde, Guimond a visité le podium au rythme d’un vétéran, et non d’une recrue.

Il y a eu cette troisième place en slalom géant debout en janvier aux championnats du monde. Une dizaine de jours auparavant, il avait gagné l’épreuve de la Coupe du monde de Kranjska Gora, en Slovénie.

C’est sans compter ce qu’il a réussi à accomplir lors des finales de la Coupe du monde à... PyeongChang. Guimond a empoché trois médailles, dont une pour sa victoire en slalom géant.

« Ça se passait exactement sur la même piste que nous allons skier aux Jeux... C’est pour ça que je crois que c’est possible de gagner une médaille paralympique. » 

Puis, il y a cette confidence.

« Je carbure aux défis depuis que je suis tout petit. Quand je participais à des courses contre des personnes non handicapées, j’avais des attentes élevées. J’ai toujours été comme ça. J’ai toujours été un fonceur... toujours été persévérant. »

Guimond, rappelons-le, souffre d’hémiparalysie. Il a dû surmonter deux accidents vasculaires cérébraux depuis sa naissance.

Double champion des Jeux du Canada en 2015, il a été promu au sein de l’équipe canadienne para alpine senior en 2016-2017. Les premières semaines avaient été difficiles. « À pareille date l’an passé, j’étais très stressé. Je m’apprêtais à participer à mes premières courses en Coupe du monde. J’étais notamment tombé. Après Noël, ça s’est replacé. Les choses sont allées beaucoup mieux. »

Alexis Guimond sera tout sauf nerveux à la mi-décembre lors du coup d’envoi de la nouvelle saison à Saint-Moritz. Ses résultats de l’hiver précédent l’ont presque déjà assuré de sa place aux Jeux.

« Je n’ai qu’à terminer dans le top-12 à une course avant les Jeux... Ce n’est pas la tâche la plus difficile », avoue-t-il.

Ajoutez à cela que sa préparation a été longue et fructueuse, à ses yeux, dans les derniers mois.

Il y a eu ce camp d’entraînement au Chili en septembre, suivi d’un autre en octobre en Autriche. C’est sans compter des séjours à Whistler afin de suivre les enseignements du nouveau préparateur physique de l’équipe canadienne.

« J’ai doublé mes poids », lance à un certain moment Guimond à ce sujet.

Lundi, il profitait d’un peu de repos au domicile de ses parents dans le secteur Hull. Le moment idéal pour jaser avec un journaliste. Autant du passé, du présent et de son avenir.

« Le plus gros congé que je vais avoir... Une quinzaine de jours avant de partir vers Panorama, en Colombie-Britannique », précise-t-il.

Ce sera un dernier camp d’entraînement avant le début d’une saison qui s’annonce excitante pour Alexis Guimond.