Le commissaire Gary Bettman est aux anges quant à l'«équilibre compétitif» qui règne dans sa ligue.

Gary Bettman est aux anges

«La parité, dans notre ligue... C’est complètement fou», déclare l’entraîneur-chef de l’Avalanche du Colorado, Jared Bednar.

C’est l’évidence même. La parité est forte, dans une Ligue nationale où les quatre champions de section sont tombés dès le premier tour des séries éliminatoires. Les équipes qui ont complété la saison régulière en septième ainsi qu’en huitième positions pourraient s’affronter dans les deux finales d’Association.

Le monde qu’avait imaginé le commissaire Gary Bettman durant le lock-out de 2005 est devenu bien réel.

Bettman préfère utiliser l’expression «équilibre compétitif». Ce sont les mots qu’il utilise constamment, quand il parle de sa ligue où «n’importe qui peut aspirer aux grands honneurs, presque chaque année».

Le moment semble parfaitement choisi pour que Bettman pavoise. Les Hurricanes de la Caroline ont déjà leur ticket pour la Finale de l’Est. Les Stars de Dallas pourraient bien accéder à la Finale de l’Ouest. Chaque soir, des matches terriblement divertissants sont joués, même si tous les clubs de grand marchés sont sortis de la course.

«Tout commence avec les matches, avec le produit qu’on voit sur la patinoire», a déclaré M. Bettman dans un entretien avec l’Associated Press, mardi.

«On ne peut tout simplement vendre un produit de qualité inférieure.»

«Quand les matches sont intéressants et divertissants, il est facile d’en faire la promotion. Il n’est pas compliqué de lancer des campagnes de marketing qui nous permettent de cibler de nouveaux amateurs. Les histoires qui mettent en vedette nos joueurs sont bien plus importantes que les villes qui sont impliquées.»

On ne peut pas dire qu’il y a un engouement national pour les petites villes de Raleigh, en Caroline du Nord, ou Columbus, en Ohio. Toutefois, on sait qu’un club Cendrillon affrontera les Blue Jackets ou les Bruins de Boston au prochain tour. Il faudra s’attendre à la suite d’une merveilleuse histoire.

Il aurait été difficile d’imaginer la Caroline en Finale d’Association, au milieu des années 1990, quand les clubs de gros marchés dépensaient des sommes colossales pour se donner un avantage sur leurs rivaux. On parle désormais de «l’ère de la rondelle morte» quand on fait référence à cette période de l’histoire. M. Bettman se souvient fort bien des conversations qu’il avait avec les entraîneurs des formations les moins fortunées, à l’époque.

«Je m’intéressais à leurs stratégies. Ils me disaient qu’ils accrochaient et qu’ils retenaient leurs adversaires. Ils essayaient de neutraliser les joueurs de talent du club adverse pendant 50 minutes, dans l’espoir d’ensuite se sauver avec la victoire.»

Le plafond salarial était de 39 millions $US, au départ. Il se chiffre à 79,5 millions $US, de nos jours.

Le système n’est pas parfait. Certains joueurs de calibre moyen ont parfois de la difficulté à se faire payer à leur juste valeur. Les athlètes versent à contre-coeur, depuis plusieurs années, une portion de leurs salaires en fiducie. Ce sujet risque d’ailleurs de faire couler beaucoup d’encre dans les prochains mois.

La parité, toutefois, rend bien des gens heureux.

«L’écart qui existe entre nos équipes n’est pas très grand, croit le bras droit de Gary Bettman, Bill Daly. Ce n’est pas un problème! C’est un aspect unique de notre système. Ça fonctionne bien. Nous ne verrons pas chaque année tous les clubs favoris tomber dès la première ronde. Mais je ne serais pas surpris que ça se reproduise un jour.»

Gary Bettman estime que la première ronde des séries de la coupe Stanley offre un spectacle sportif unique. D’ailleurs, le partenaire de diffusion américain de la LNH, NBC Sports, a enregistré des records d’écoute, cette année.

«Évidemment, si deux équipes provenant de marchés majeurs s’affrontent en finale, les cotes d’écoute risquent d’être plus importantes. Avec le temps, ça pourrait changer. Regardez la NFL! Les gens se branchent, année après année. Ils se contrefichent des équipes qui sont impliquées.»

La parité permet à la LNH de mettre en valeur différents marchés. On se souvient des légendaires fêtes de rue qui se déroulaient sur l’avenue Broadway, en plein coeur du centre-ville de Nashville. L’an dernier, Washington s’est retrouvée à l’avant-scène. Cette année, on découvre Columbus, la Caroline et San Jose.

M. Bettman est fier d’affirmer que, pour la première fois en 102 ans d’histoire, tous les matches éliminatoires sont présentés à la télévision nationale américaine.

«Quand une équipe se qualifie pour les séries, tout peut arriver. Et c’est généralement ce qui se produit.»