Le Français Tony Gallopin a décroché la victoire, hier, lors de la 11e étape du Tour de France grâce à une échappée en toute fin de parcours.

Gallopin s'échappe avec la 11e étape

Le Français Tony Gallopin a filé vers la victoire après avoir orchestré une échappée à un kilomètre de la fin de la 11e étape du Tour de France, hier.
L'Italien Vincenzo Nibali a retenu le maillot jaune de meneur de la course.
Les coureurs étaient de retour en action après avoir profité la veille de la première journée de répit de la compétition.
Gallopin a signé sa première victoire d'étape en carrière en complétant les 187,5 kilomètres reliant Besançon et Oyonnax, près de la frontière suisse, en quatreheures 25 minutes.
La course comportait quatre ascensions classées de petites à moyennes vers la fin.
Gallopin, qui a porté le maillot jaune la journée avant que Nibali ne le reprenne, avait tenté pour la première fois de s'échapper à environ 13 kilomètres et demi de la fin. Le coureur de l'équipe Lotto-Belisol a tenté sa chance de nouveau à trois kilomètres de l'arrivée. Cette fois, ç'a fonctionné.
Il s'est forgé une avance de plusieurs secondes, résistant sans trop de problème à un assaut désespéré du peloton de coureurs au cours des dernières centaines de mètres.
«Incroyable, s'est exclamé Gallopin. J'étais venu ici m'entraîner pour le Tour de France. Ça m'a vraiment été utile aujourd'hui.
«C'est réellement une victoire qui me fait sentir très bien.»
Le haut du classement demeure inchangé parce que Nibali a fini dans le peloton, dans le même temps que Gallopin.
Le leader de l'équipe Astana conserve son avance de 2:23 face à l'Australien Richie Porte. L'Espagnol Alejandro Valverde est troisième, un autre 24 secondes derrière. Gallopin demeure cinquième, à 3:12 de Nibali.
En grande forme, Nibali se retrouve en bonne position pour remporter la victoire à Paris, le 27 juillet. Mais d'astreignantes journées pointent à l'horizon: dans les Alpes, plus tard cette semaine, et dans les montagnes Pyrénées, dans la troisième semaine.
Talansky s'accroche
L'Américain Andrew Talansky, peinant après avoir été victime de deux chutes au cours des dernières étapes, a été largué par le peloton après la mi-course. Blessé au dos et démoralisé par son classement, il a mis pied à terre à environ 60 kilomètres de l'arrivée. Aucun de ses équipiers ne l'a attendu.
Au bord de la route, le directeur sportif de la formation américaine Robbie Hunter s'est lancé dans une entreprise désespérée de persuasion. Durant de longues minutes, il a parlé à son coureur, prostré sur son vélo. L'écart grandissait. L'abandon semblait inéluctable.
Puis, de peine et de misère, Talansky est remonté sur son vélo. En larmes, il s'est lancé dans un contre-la-montre désespéré pour rallier l'arrivée dans les délais.
Il a finalement franchi la ligne avec un peu plus de 32 minutes de retard sur Gallopin, à peine consolé par le tonnerre d'applaudissements qui l'a accueilli à Oyonnax.
«J'ai mal au dos mais je voulais quand même terminer pour mon équipe, pour mes copains. On m'a fait confiance pour ce Tour, je ne voulais pas arrêter après tout ce qu'ils ont fait pour moi», a-t-il laconiquement expliqué.
«Il a eu une journée difficile, pire que ce à quoi on s'attendait. Il n'a pas voulu rendre les armes», a ajouté l'autre directeur sportif de la Garmin, Charles Wegelius.
«Il méritait beaucoup mieux. C'est cruel d'avoir connu ces deux chutes en deux jours. Robbie l'a encouragé jusqu'à la ligne.»
Arrivé sur le Tour avec l'objectif de finir dans le top-10 après sa victoire sur le Dauphiné, ses deux chutes dans les étapes de Nancy et Gérardmer ont rapidement annihilé toutes les ambitions du jeune talent américain.
Vingt-sixième à 14 minutes et 44 secondes de Vincenzo Nibali avant l'étape, il pointe maintenant à la 44e place avec un débours supérieur à trois quarts d'heure. Il va lui falloir désormais trouver de solides raisons de reprendre le départ jeudi.
L'étape d'aujourd'hui, d'une distance de 185,5 kilomètres entre Bourg-en-Bresse et Saint-Étienne, sera semblable à celle d'hier.
Avec Agence France-Presse