Le Buckinois Chris Flynn est toujours considéré, 30 ans plus tard, le meilleur joueur de l’histoire du football universitaire canadien.
Le Buckinois Chris Flynn est toujours considéré, 30 ans plus tard, le meilleur joueur de l’histoire du football universitaire canadien.

Gagner dans sa cinquantaine

RUBRIQUE — QUE SONT-ILS DEVENUS ? / Chris Flynn lance encore le ballon à l’âge de 53 ans. Et il continue de courir et changer de direction comme un écureuil.

Même que le meilleur quart-arrière de l’histoire du football universitaire canadien a mené une équipe à un championnat, l’automne dernier, en Outaouais. Ses coéquipiers des Falcons et lui ont gagné la finale de la... Ligue de touch football de Buckingham.

«La ligue dans laquelle j’avais commencé à l’âge de 14 ans, souligne Flynn. J’affronte des gars qui sont environ 25 ans plus jeunes que moi. Il y a juste deux ou trois joueurs plus âgés que moi. Mais j’ai beaucoup de plaisir. C’est très compétitif. À mon réveil le jour de notre finale en novembre, je ressentais la même nervosité que lorsque je jouais à l’époque. Il y avait juste moins de gens dans les estrades!»

Flynn espère qu’il y aura une nouvelle saison. Car il n’a pas l’intention de s’arrêter.

L’an dernier, il a raté quelques parties, dont une en raison d’un voyage à Halifax. Les Huskies de Saint-Mary’s ont retiré le numéro 1 qu’il a porté pendant quatre saisons entre 1987 et 1990.

Quatre saisons marquées par quatre titres de conférences et deux participations au match de la coupe Vanier. Flynn demeure le seul triple récipiendaire du trophée Hec Crighton décerné au joueur par excellence du football universitaire canadien. En 2011, il été intronisé au Temple de la renommée du football canadien.

«J’ai pu me faire un nom car à l’époque, TSN diffusait trois ou quatre de nos matches chaque saison. Nos faits saillants se retrouvaient aussi en manchette de leurs bulletins de nouvelles. Quand je revenais à Buckingham, tout le monde m’en parlait.»

Sa carrière chez les pros l’a amené en France. Il y a eu cette courte aventure en tant que receveur chez la Machine de Montréal de la défunte Ligue mondiale. «Où j’ai côtoyé des gars qui portaient des bagues du Super Bowl», relate Chris Flynn.

C’est sans oublier deux essais chez les défunts Rough Riders d’Ottawa où il n’a jamais eu une réelle occasion en tant que quart-arrière.

«Je me souviens de mon premier passage en 1992. Chaque quart-arrière devait jouer un quart durant un match hors-concours. Je n’avais eu finalement que trois jeux à l’attaque. C’est mon seul regret. J’aurais aimé disputer un quart complet ou même un match complet.»

Lors de son deuxième passage à Ottawa en 1996 où il a disputé trois parties, on l’avait muté au poste de maraudeur.

«Je faisais bien ça lors des entraînements. J’interceptais les passes de notre quart-arrière. On voulait me ramener la saison suivante... mais l’équipe avait finalement fermé ses portes.»

Les Roughriders de la Saskatchewan lui avaient offert de se joindre à eux en 1997. «Mais je me suis dit qu’il était temps que je me trouve un véritable emploi!»

Le père de famille travaillait chez Axon Sports avant la pandémie. Il s’occupait de distribuer un appareil permettant d’évaluer les athlètes ayant subi une commotion cérébrale.

Sa grande fille de 28 ans, Chelsea, habite au Texas tandis que fiston Nate, âgé de cinq ans, passe une partie de son temps avec lui à Mayo. «Je lui ai aménagé une patinoire l’hiver dernier», lance le fier papa, qui excellait aussi au hockey.

«J’ai joué au sein des Sieurs de Papineau, une équipe pee-wee BB. Stéphane Richer était un de mes coéquipiers.»

Le même Richer qui allait marquer 50 buts plus tard chez les Canadiens de Montréal pendant que Flynn se faisait un nom au football universitaire canadien.

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« J’ai pu me faire un nom car à l’époque, TSN diffusait trois ou quatre de nos matches chaque saison. [...] Quand je revenais à Buckingham, tout le monde m’en parlait. »
Chris Flynn

SAUVER UNE FEMME DE LA NOYADE

Trophées et plaques meublent le bar dans son sous-sol. Dans le lot, il y a une médaille qui souligne son acte de bravoure survenu, il y a 26 ans, en banlieue de Paris.

Chris Flynn, qui jouait alors chez les Fighters de Croissy-sur-Seine, avait sauvé une femme de la noyade. Il se déplaçait en vélo avec son coéquipier Matt Nealon quand la paire a aperçu au loin une personne en détresse dans la Saine. «Au début, on croyait qu’elle faisait de la plongée. Car il n’y avait aucune raison de croire que quelqu’un nagerait dans ces eaux sales et polluées.» «Matt était blessé à une épaule. Il ne pouvait pas se lancer à l’eau. J’avais le choix de faire comme les gens autour de nous qui regardaient sans aider ou de plonger.»

Une fois qu’il a ramené la dame sur la rive, Nealon et lui ont dû cogner à plusieurs portes avant qu’un appel soit fait auprès des autorités.

Le geste héroïque a fait les manchettes. Une cérémonie avait été organisée après un match pour lui remettre la médaille. 

«Ça m’avait gêné car je n’ai jamais craint pour ma vie. Je le ferais à nouveau. La dame était chanceuse que j’étais en bonne forme. L’eau était froide. C’était en mars.»