Le gardien Callum Irving n’a pas joué depuis le deuxième match de la saison au mois d’avril, mais l’absence de Maxime Crépeau pendant une semaine devrait lui ouvrir la porte pour le match à Toronto jeudi ou à domicile dans le match amical contre l’Impact de Montréal vendredi.

Un «zéro» sans Crépeau à Toronto ?

Rendu à un moment critique de sa saison, le Fury d’Ottawa devra trouver une façon de gagner un match sans son joueur le plus utile à Toronto jeudi soir.

Le gardien Maxime Crépeau est avec l’équipe nationale canadienne en vue d’un match de qualification dans la Ligue des nations de la CONCACAF. Pendant ce temps, son club d’Ottawa s’accroche tant bien que mal à ses espoirs de participer aux séries éliminatoires.

Installé au neuvième rang de la conférence de l’Est de la USL à trois points d’une place en séries, le Fury (10-13-5) aurait besoin de ces trois points contre le FC Toronto (3-19-3), pire club de la ligue.

Pour David Monsalve et Callum Irving, les adjoints de Crépeau, c’est une occasion unique à saisir. Monsalve, un Ontarien âgé de 29 ans, n’a pas encore joué cette saison. Irving, gardien titulaire du Fury en 2017, n’a pas vu d’action depuis le deuxième match de l’année au début du mois d’avril.

« Nous sommes très fiers du rappel de Maxime Crépeau avec l’équipe nationale, a dit l’entraîneur-chef Nikola Popovic mercredi. Pour David ou Callum, c’est une chance de nous démontrer qu’ils sont des gardiens de qualité. Ils doivent être prêts. »

Parce qu’il s’est aussi engagé dans un duel amical avec l’Impact de Montréal vendredi à la Place TD, le Fury se trouve dans une position inhabituelle où il va disputer deux matches en deux soirs. Devant ce scénario, il y a de très fortes chances que les deux gardiens voient de l’action.

Première pour Monsalve ?
Ancien membre de l’équipe canadienne chez les juniors, Monsalve a hâte de saisir sa chance.

« Tu pratiques un sport pour jouer des matches. C’est sûr que j’aime m’entraîner, mais quand tu es dans le feu de l’action, c’est là que tu sens que tu fais réellement partie de l’équipe. Si le coach me fait signe, je devrai continuer à faire ce que Maxime (Crépeau) a fait pour nous cette année : un excellent travail. Il a été notre meilleur joueur. Notre joueur le plus constant. J’ai de grosses chaussures à remplir, mais j’ai confiance en mes capacités. Heureusement, j’ai aussi la confiance de mes coéquipiers. »

De son côté, Irving avait disputé toutes les minutes du Fury en 2017. Il avait aussi été choisi le joueur le plus utile du club. Il avait donc amorcé la saison devant le filet ottavien cette année, mais l’équipe avait subi deux revers cinglants de 4-1 et 5-0. Maxime Crépeau a pris sa place dans le troisième match. Il ne l’a jamais cédée depuis quatre mois. Crépeau mène maintenant la ligue pour les jeux blancs.

« Notre situation est particulière à Ottawa. Nous avons trois gardiens de qualité. C’est très compétitif. Maxime a été incroyable toute l’année. Ç’a été difficile pour David et moi d’avoir des minutes de jeu, mais nous n’avons jamais levé le pied à l’entraînement. Il faut être prêt en tout temps. Nous le sommes », a dit le gardien britanno-colombien de 25 ans.

L’attaque doit débloquer
Peu importe qui sera l’homme de confiance de Popovic jeudi à Toronto, il faudra que celui-ci soit appuyé par son attaque. Le Fury a perdu ses trois derniers matches et n’a pas marqué un seul but à ses 366 dernières minutes de jeu...

Un coussin d’un but ne serait pas de refus pour un gardien qui a peu joué durant la saison.

« Moins tu en as à faire comme gardien, mieux c’est. Si nous marquons le premier but, ça rend notre tâche un peu plus facile, mais un match de soccer est imprévisible, alors si je peux réaliser un jeu blanc, je vais nous procurer une chance de gagner », dit Irving.

David Monsalve semblait un peu moins nerveux à l’idée de jouer en dépit des ratés à l’attaque du Fury.

« C’est plus confortable de jouer avec une avance, mais il ne faut pas oublier qu’un match dure 90 minutes. Il faut être patient. De mon côté, tout ce que je peux faire, c’est d’être le dernier rempart. »

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Le Fury s’engage à rester dans la USL en 2019

La direction de l’OSEG a mis fin à des mois de spéculations mercredi en s’engageant fermement envers la USL malgré la création d’une nouvelle ligue professionnelle canadienne qui doit voir le jour en 2019.

La Première ligue canadienne (CPL) prévoit lancer un circuit à huit équipes. Sept villes ont déjà confirmé leur adhésion. Les plus fervents partisans du Fury souhaitaient qu’Ottawa soit la huitième et dernière équipe à joindre le nouveau circuit, mais le président-directeur général de l’OSEG Mark Goudie a mis fin au suspense mercredi après la multiplication des rumeurs sur l’avenir du Fury.

« Nous sommes heureux de faire partie de la USL. Nous n’aimons pas notre position au classement (neuvièmes), mais nous avons déjà confirmé à la USL que nous serons de retour en 2019 », a-t-il dit lors d’un point de presse improvisé après un entraînement du Rouge et Noir à la Place TD.

Goudie a avoué que l’organisation avait étudié l’option de joindre la CPL pour son lancement, mais qu’à ce moment-ci, il était trop tôt pour joindre un circuit en rodage.

« Ce que la CPL essaie de mettre en place est très bon pour le soccer canadien. Nous avons eu des discussions avec leurs dirigeants, mais nous pensons que la USL est le meilleur endroit pour notre club en ce moment. Nous ne fermons pas la porte à la CPL à jamais. La USL est au courant de ça. Nous allons poursuivre le dialogue avec la CPL. Nous leur souhaitons tout le succès au monde et nous verrons où ils en seront rendus plus tard », a ajouté Goudie.

Carl Haworth, capitaine du Fury.

Stabilité avant tout

Pour lui, la USL est une ligue stable et en croissance. L’OSEG voudra voir si la CPL saura s’établir  sur des bases solides avant de faire un pas en sa direction.

À quelques mois de son lancement prévu, plusieurs incertitudes persistent par rapport à la CPL, notamment sur la question du plafond salarial qui serait beaucoup plus bas que celui de la USL. Parce que la ligue se met en branle, des essais libres sont en cours pour construire les équipes, mais le Fury n’avait aucune garantie de pouvoir conserver ses joueurs même si la majorité a la nationalité canadienne.

La sortie de Mark Goudie a semblé réjouir les joueurs, qui ont utilisé la plate-forme de Twitter pour exprimer leurs appuis.

Le capitaine Carl Haworth, seul rescapé de l’équipe originale de 2014, a été le premier à prendre la parole.

« Aucune équipe n’a fait autant pour les joueurs de soccer canadien que le Fury. Nous sommes entre très bonnes mains avec Julian De Guzman (directeur général) et Mark Goudie. Nous soutenons la CPL et ses objectifs, mais chaque chose en son temps. Pour le moment, c’est la bonne décision de rester dans la USL. »

Le Gatinois Maxim Tissot a aussi ajouté son grain de sel.

« Ne vous trompez pas : nous sommes tous derrière la CPL et nous souhaitons que du bien pour cette nouvelle ligue. Rappelons-nous que le Fury compte 19 joueurs canadiens en ce moment. Le club mérite beaucoup de crédit et j’ai hâte d’être de retour sur le terrain en 2019. »