Nikola Popovic dirigera le Fury d'Ottawa pour la saison 2018.

Un vent nouveau

La première saison du Fury d’Ottawa dans la United Soccer League (USL) a été parsemée de hauts et de bas, mais elle s’est surtout terminée en queue de poisson avec une seule victoire à ses 12 derniers matches.

Au fil d’arrivée, le club a raté les séries éliminatoires par six points. Plusieurs choses ont changé dans la saison morte. Le poste d’entraîneur-chef et de directeur général a été scindé en deux. Légende du soccer canadien, Julian De Guzman a pris le rôle du DG et il a cédé les rênes de l’équipe à Nikola Popovic, un ancien adjoint du populaire Marc Dos Santos à Swope Park. Popovic a participé à deux finales de suite avec cette équipe de la conférence de l’Ouest de  USL. La première comme adjoint à Dos Santos, la deuxième

comme entraîneur-chef d’une équipe qui a marqué beaucoup de buts.

Popovic s’amène donc à Ottawa avec l’intention d’imposer le système de jeu avec lequel il a eu du succès en Amérique du Nord. De Guzman va lui demander de réussir à ramener le Fury à la respectabilité avec une formation bondée de jeunes talents canadiens.

Après six semaines de camp d’entraînement, le Fury repart avec une page blanche et avec un fort vent d’optimisme alors qu’il lancera sa saison samedi soir à Charlotte contre l’Independance. Si le camp d’entraînement a réussi à convaincre Popovic d’avoir les outils nécessaires pour marquer des buts cette saison, l’entraîneur-chef grimace quand on lui demande si son équipe est fin prête à commencer sa saison du bon pied samedi contre une des meilleures formations de la USL.

« Peut-être pas. J’ai confiance aux joueurs que nous avons. Ce n’est pas le problème. C’est juste que ça fait six semaines qu’on s’entraîne dans un dôme sur du gazon artificiel. Ça va être un défi pour nous de jouer sur un terrain au gazon naturel et aux dimensions conventionnelles après autant de semaines à nous entraîner dans un espace restreint. J’ai hâte de voir comment les joueurs vont répondre au défi. »

Le système de jeu que tente d’instaurer Popovic est très exigeant. « Nous avons besoin d’espace pour l’appliquer comme il faut. Depuis des semaines, on essaye de le mettre en place dans une boîte d’allumettes. Ce n’est pas facile à enseigner ou à apprendre dans ces conditions. »

Le site d’entraînement temporaire du Fury au Centre R.A. n’offre peut-être pas la préparation optimale, mais Popovic demeure confiant à la veille du début de la saison régulière même s’il devra attendre encore un mois avant de jouer un premier match à la Place TD.

« Je pense que nous avons un club très compétitif. Nous allons nous battre pour un résultat. Mentalement, nous sommes prêts pour ça. »

Dans sa tête, Popovic connaît déjà l’identité de son 11 partant, mais il assure que cela va changer durant la saison.

« J’ai identifié les joueurs qui maîtrisent les principes de notre système. Certains ont appris plus vite que d’autres. Il faudra se montrer patients avec ces derniers. »

Pas d’excuses dit Dixon

Pour l’Ottavien Jamar Dixon, un des adjoints au capitaine Carl Haworth, les excuses ne tiendront pas à Charlotte samedi soir.

« Je me concentre sur les trois points de la victoire. Je  ne me ferai pas croire qu’un match nul serait un bon résultat. Oui, nous sommes habitués à jouer sur une petite surface, mais justement, peut-être que la grande surface va nous aider à profiter de notre vitesse et gagner de l’espace pour exécuter notre plan de match. »

À sa troisième saison à Ottawa, Dixon est bien placé pour évaluer la nouvelle édition du Fury à celles des deux dernières années où les déceptions ont été supérieures aux surprises.

« Toute l’équipe est excitée. Il y a une énergie positive dans le vestiaire. Les nouveaux joueurs sont fantastiques. Il y a beaucoup de Canadiens et chaque nouveau joueur nous apporte quelque chose. Nous sommes tous impressionnés par le nouveau personnel d’entraîneurs. L’équipe progresse bien. J’ai hâte de voir où nous serons rendus à la mi-saison. »

LE FURY 2018 EN QUELQUES NOTES

Ce qui s’est passé pendant la saison morte

Ayant cédé son titre d’entraîneur-chef intérimaire pour se concentrer sur ses tâches  de directeur général, le message de Julian De Guzman est clair. Le Fury d’Ottawa est en mission pour redorer l’image du soccer au Canada. Plus de la moitié de l’alignement (15 joueurs sur 27) qu’il a confié à son nouvel entraîneur Nikola Popovic est constitué de Canadiens. C’est énorme. Le Fury veut montrer à la planète soccer qu’il y a du talent au Canada et que ses joueurs méritent plus de respect. C’est un pari audacieux, mais aussi le meilleur moyen de développer de jeunes talents à la maison.

Une addition importante

Colin Falvey : le défenseur irlandais est une brute sur le terrain. Il déteste perdre. Il sait rallier les troupes. Il n’accepte pas les excuses. Avec lui, il n’y a pas de demi-mesure. Il a été un élément clé de l’équipe finaliste de la NASL en 2015. Il est de retour après avoir été capitaine du Indy Eleven pendant deux ans.

Une perte importante

 Ryan Williams : le spécialiste des jeux arrêtés et des coups francs a marqué neuf buts en 40 matches avec le Fury, mais l’équipe a bien travaillé dans la saison morte pour combler son départ au milieu du terrain. 

Un élément à surveiller en 2018

Du soccer offensif. Le nouvel entraîneur-chef Nikola Popovic a établi un système de jeu axé sur la possession du ballon. Chaque contrat octroyé en prévision de la saison 2018 a été fait en fonction de cela. Contrairement à son prédécesseur Paul Dalglish qui voulait aussi un système de jeu offensif, Popovic a promis qu’il ne dérogerait pas de son plan même celui-ci ne connaît pas de succès instantané. Depuis deux ans, le Fury a changé son approche en cours de route quand les résultats n’étaient pas au rendez-vous. Les joueurs étaient mêlés entre les changements de système de jeu. Cette saison, les consignes sont claires et ne changeront pas dans la victoire comme dans la défaite.

Prédiction 

Un top-6. La conférence de l’Est de la USL est très compétitive avec des clubs aux budgets imposants comme ceux du FC Cincinnati, des Rowdies de Tampa Bay ou de Louisville City, mais des clubs comme le Charleston Battery, le Charlotte Independance et le Red Bull de New York sont toujours coriaces. Il faudra aussi surveiller la rentrée de deux anciens clubs de la NASL, le Indy Eleven et le FC North Carolina. Le club d’expansion à Nashville constitue une autre intrigue. Comme Ottawa (8-10-14) a pris le 10e rang de la conférence l’an dernier et qu’une progression est anticipée, une place dans le top-6 de la conférence à 16 équipes est envisageable. Les huit premières équipes accèdent aux séries éliminatoires.