Samedi, sous le coup de midi, l’Atlético d’Ottawa lancera sa saison dans la Première ligue canadienne.
Samedi, sous le coup de midi, l’Atlético d’Ottawa lancera sa saison dans la Première ligue canadienne.

Un départ pour l’Atlético

Jean-François Plante
Jean-François Plante
Le Droit
Les amateurs de ballon rond ont vécu une montagne russe d’émotions dans la région de la capitale fédérale depuis novembre dernier.

D’abord, le Fury d’Ottawa est mort après six ans d’existence. La franchise de la United Soccer League (USL) a même été vendue et déménagée à Miami en Floride.

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Les partisans du club digéraient encore la mauvaise nouvelle quand l’Atlético de Madrid, une institution sur la scène mondiale du soccer, est intervenu en sauveur. Le 29 janvier, le club de La Liga d’Espagne s’est porté acquéreur d’une franchise d’expansion dans la Première ligue canadienne (CPL) pour l’installer dans la capitale nationale.

Il n’en fallait pas plus pour déclencher une effervescence aux guichets du club. La vente d’abonnements de saison était en voie de surpasser celles du Fury. Le club était rendu en Espagne, dans les installations de l’Atlético, quand la pandémie a frappé à la mi-mars. Les Ottaviens n’ont eu que trois jours pour s’entraîner à Madrid avant de rentrer au pays où tout s’est arrêté.

Cinq mois plus tard, le club s’apprête finalement à marquer l’histoire en disputant son premier match dans la CPL. Samedi, sous le coup de midi, l’Atlético d’Ottawa lancera sa saison dans un tournoi qui va regrouper les huit équipes canadiennes à l’Université de l’Île-du-Prince-Édouard à Charlottetown. Le match sera présenté à la télévision nationale (CBC).

Dans la bulle de Charlottetown, les Island Games verront chaque équipe disputer sept matches. Chaque club va s’affronter une fois. Les quatre premiers clubs seront retenus pour la deuxième phase : un tournoi à la ronde de trois matches. Les deux meilleurs clubs vont ensuite s’affronter en finale. Le champion aura son laissez-passer pour la Ligue de la Concacaf en 2021.

Tout est prêt à Charlottetown. Les 276 joueurs et membres du personnel ont tous passé des tests négatifs à la veille du lancement du tournoi jeudi avec un choc entre les deux clubs finalistes de 2019 : Calgary et Hamilton.

Ottawa aura quant à lui rendez-vous avec un rival ontarien, le York 9, en lever de rideau. Si plusieurs ne croyaient pas au scénario d’une saison 2020 dans la CPL, Fernando Lopez n’avait jamais perdu la foi.

« C’était important de sauver la saison. Les dirigeants des clubs et l’état-major de la ligue ont fait un travail extraordinaire pour trouver la formule des Island Games. J’ai toujours cru que nous allions trouver une solution. Des ligues partout à travers le monde ont dû annuler leurs activités. Ici, nous avons trouvé un moyen de permettre aux joueurs canadiens de jouer dans une compétition », a dit le président-directeur général de l’Atlético d’Ottawa.

Son club, dirigé par l’entraîneur-chef espagnol Mista, est constitué de seulement 20 joueurs, dont six ajoutés à la dernière minute lundi. Ils seront appelés à disputer sept matches en 23 jours, soit un duel aux 3,28 jours. C’est peu, mais tout le monde est dans le même bateau.

« Nos 20 joueurs seront importants. Les substituts auront un grand rôle à jouer, surtout que nous pourrons en utiliser cinq par match. »

Le défi qui attend l’Atlético est colossal. Il s’agit du seul club d’expansion de la CPL et personne n’a joué de match préparatoire. Allez donc savoir ce que l’avenir réserve dans un tournoi qui sera disputé sur un mois. L’Atlético, selon les experts, ne fait pas partie des équipes qui aspirent au carré d’as. Pour Lopez, c’est aussi bien ainsi.

« J’aime notre rôle de négligés. Nous allons nous en servir pour nous motiver. Pour ma part, je suis très confiant. J’ai vu cette équipe s’entraîner à partir du premier jour à Madrid jusqu’à maintenant. Cette équipe a évolué. Nous allons traiter tous les matches du tournoi comme une finale. Samedi, ça sera notre première finale. Après, nous disputerons une deuxième finale. Nous aimerions être champions dès le départ, mais pour y arriver, il faut se faufiler dans les quatre premières équipes. »

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L'atlético d'Ottawa aura rendez-vous avec un rival ontarien, le York 9, en lever de rideau.

DES JOUEURS À SURVEILLER

Les plus fervents partisans du Fury d’Ottawa auront de la difficulté à identifier les joueurs de l’Atlético d’Ottawa quand ils sauteront sur le terrain pour leur premier match la Première ligue canadienne (CPL) samedi mdi.

Le club de la CPL n’a retenu qu’un seul joueur du défunt club de la USL. Antoine Coupland, un joueur local de Chelsea. Encore là, l’adolescent de 16 ans a participé à trois matches du Fury en 2019. Les trois fois, il avait fait des entrées tardives.

Seulement quatre joueurs ont évolué dans la CPL en 2019, dont le capitaine Ben Fisk, qui s’alignait avec le Pacific FC. Deux joueurs internationaux, le Ghanéen Bernardino et le Jamaïcain Tevin Shaw, n’ont jamais pu rejoindre l’équipe en raison de la fermeture des frontières.

Les partisans ont donc de nouvelles vedettes à adopter. Le Droit a demandé au président-directeur général Fernando Lopez d’identifier quelques visages qui gagneront à être connus dans le prochain tournoi des Island Games. Il a retenu trois noms de joueurs établis et un jeune joueur de moins de 21 ans.

Le choix évident, c’est Ben Fisk. Le capitaine est expérimenté. Attaquant natif de la Colombie-Britannique, il a inscrit six buts en 24 matches avec le Pacific FC l’an dernier. Il a joué dans la NASL avec le FC Edmonton, dans la USL avec le Battery de Charleston. Il a joué en deuxième division en Espagne ainsi qu’en Irlande. À 27 ans, il sera le leader de l’équipe sur terrain ainsi qu’à l’extérieur de celui-ci.

Francisco Acuna est un des quatre joueurs internationaux de l’Atlético. Le milieu de terrain mexicain a 32 ans et pourrait même être un des meilleurs joueurs du tournoi. «Il représente une référence claire. Il sera un joueur clé. Tout va passer par lui», affirme Lopez. Victor Martinez, un autre joueur espagnol, risque d’obtenir beaucoup de minutes de jeu aussi.

À l’arrière, Lopez cite l’arrivée tardive du défenseur Milovan Kapor. Âgé de 29 ans, ce Torontois a pratiqué son sport en Ouzbékistan, en Biélorussie, en Slovaquie et en Israël.

«Il est méconnu ici à cause de son parcours, mais il sera un des meilleurs défenseurs de la compétition. Son profil ira à merveille avec notre style de jeu.»

Enfin, quand on lui demande d’identifier un jeune joueur prometteur, Lopez pense immédiatement à Antoine Coupland, l’un des favoris de la foule à la Place TD l’an dernier malgré son rôle limité.

«C’est notre mini-étoile. Il a beaucoup grandi depuis le début du camp. C’est du pur matériel pour l’équipe nationale canadienne. Il n’a que 16 ans, mais il sera un des meilleurs joueurs de moins de 21 ans du tournoi. Il est excitant à voir. Il amène beaucoup d’énergie. Il est capable d’être compétitif à un haut niveau.»