Maxim Tissot espère que le Fury d’Ottawa sera de retour en 2021. D’ici là, il va réfléchir à son avenir.

Tissot réfléchit à son avenir

La suspension des activités du Fury d’Ottawa est venue chercher Maxim Tissot droit au cœur, mais aussi entre les deux oreilles.

La nouvelle annoncée vendredi a éveillé une réflexion insoupçonnée chez le joueur de soccer gatinois.

L’ancien de l’Impact de Montréal va laisser son agent s’occuper de la suite des choses pour 2020, mais dans une entrevue avec Le Droit ce week-end, il a indiqué que la possibilité d’accrocher ses crampons lui avait traversé l’esprit.

« Je veux continuer à jouer, mais pour la première fois de ma carrière, j’ai pensé à la retraite. J’aime encore trop ça pour la prendre, mais j’ai connu quelques saisons consécutives avec de grosses blessures. J’en suis à mon deuxième club de suite qui suspend ses activités. Cette fois-ci, ce n’est même pas monétaire. C’est un problème de sanction. Je n’ai jamais vu ça au soccer. On dirait que je dois surmonter embûche par-dessus embûche. C’est peut-être un signe ? En même temps, je me dis que ça serait trop lâche de tout arrêter maintenant. »

Maxim Tissot n’a que 27 ans. Il a gagné le dernier championnat de la NASL avec les Deltas de San Francisco en 2017. Ce club d’expansion savait déjà avant la finale qu’il ne disputerait pas une deuxième saison, mais la NASL a fermé ses portes de toute manière et Tissot était revenu à Ottawa où il a été blessé presque toute la saison 2018.

En 2019, il est revenu au jeu au mois de juillet juste à temps pour le Championnat canadien où il a marqué un but contre les Wanderers de Halifax. Il a finalement pris part à 15 des 34 matches du Fury en saison régulière, mais avec les matches du championnat canadien, il est parvenu à franchir la barre des 1000 minutes jouées. S’il était satisfait d’avoir atteint cette marque qu’il s’était fixée avec son physiothérapeute après une opération au genou, Tissot était quand même déçu d’avoir été laissé de côté pour le match éliminatoire à la Place TD.

À la fin de la saison, l’entraîneur-chef Nikola Popovic avait tout simplement écarté le joueur vedette local de sa formation partante.

« Ça m’a laissé un goût amer de ne pas jouer le match des séries à la maison. Je n’ai même pas été sur le banc et on ne m’a pas donné d’explications. Ça venait effacer tout le travail que j’avais fait pour revenir au jeu. C’était l’objectif de revenir à 100 % de mes forces pour les séries. »

Il faut dire qu’en juillet, Nikola Popovic misait énormément sur le retour de Tissot pour amener son club au prochain niveau, mais comme l’année précédente, il a quelque peu brusqué ce retour en utilisant le Gatinois dans plusieurs matches consécutifs en peu de jours.

« Je suis revenu vite sans vraiment avoir la chance de m’entraîner avec le groupe avant de jouer un match. J’ai joué dans trois matches de suite et ça ne m’a pas donné le temps de soigner des petits bobos reliés à ce retour au jeu hâtif. J’avais besoin d’un peu de repos et quand j’en ai parlé avec l’entraîneur, ça n’a pas bien été reçu. Ç’a été pas mal fini pour moi après... »

Maxim Tissot espère que le soccer n’est pas mort à Ottawa. Il aimerait vraiment jouer à nouveau près de la maison. Il voulait voir ce que 2020 lui réserverait à présent qu’il a recouvré la pleine santé.

« En jouant chez moi, j’ai vu les partisans s’identifier à nous. Les spectateurs applaudissaient beaucoup Antoine (Coupland de Chelsea) lorsqu’il rentrait sur le terrain. Je sentais aussi un appui supplémentaire quand on m’insérait dans un match. Même chose pour Jamar (Dixon d’Ottawa). Je trouve la situation navrante. Ce sont les joueurs et les partisans qui écopent. »

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DIFFICILE D'IDENTIFIER UN COUPABLE

Le soccer professionnel de deuxième division est malade aux États-Unis et au Canada.

Les deux derniers clubs de Maxim Tissot viennent de fermer leurs portes. « Pour Nana (Attakora), c’est encore pire. Ses trois derniers clubs ont fermé boutique », a dit le Gatinois au sujet de son coéquipier, qui a aussi été obligé de se trouver du boulot après les fermetures des Strikers de Fort Lauderdale et des Deltas de San Francisco dans la défunte NASL.

Peiné par le départ du Fury d’Ottawa, Maxim Tissot dit qu’il est compliqué d’identifier un coupable dans cette débâcle.

« Je ne peux pas en vouloir au Fury de se tenir debout devant ses valeurs. Il ne voulait pas qu’on le force à changer de ligue. Ça aurait été la troisième ligue en sept ans. Et si la CPL ne fonctionne pas ? Le Fury fait quoi après ? Il paie d’autres frais d’expansion pour retourner dans la USL ? »

Selon Tissot, le directeur général Julian De Guzman et le président John Pugh ont fait un travail admirable pour mettre le soccer canadien sur la carte.

« À Ottawa, notre modèle est exactement ce que la CPL veut reproduire en donnant des minutes de jeu à plein de joueurs canadiens. Julian a tout donné pour le soccer canadien. C’est le joueur qui a joué le plus de matches pour l’équipe nationale. Quand tu vois deux gars d’expérience comme John et Julian prendre la décision qu’ils ont prise, il faut la respecter. J’espère que le club sera de retour en 2021. En même temps, je comprends aussi que pour la CONCACAF, ça n’a pas d’allure d’avoir un club canadien dans la capitale nationale qui joue aux États-Unis alors que la CPL existe. »

Coupland en Allemagne

Antoine Coupland, l’autre joueur francophone de l’Outaouais avec le Fury en 2019, n’a pas pu commenter le départ du Fury. Il était à l’aéroport d’Ottawa où il s’apprêtait à s’envoler vers l’Allemagne au moment où Le Droit l’a joint.

« Je m’en vais m’entraîner avec le club des moins de 17 ans du RB Leipzig pour les trois prochaines semaines », a-t-il écrit dans un texto signé avec un point d’exclamation. Avec ou sans Fury, l’adolescent de 15 ans n’a pas à s’inquiéter de son avenir.