Richie Ryan est le tout premier capitaine de l'histoire du Fury.

Retour du premier capitaine du Fury

Il n’a passé que deux saisons avec le Fury d’Ottawa, mais Richie Ryan n’a certainement pas été oublié.

Premier capitaine de l’histoire de la franchise, le fougueux irlandais sera de retour sur le terrain de la Place TD pour la première fois depuis qu’il a aidé le Fury à gagner la demi-finale du Soccer Bowl contre le Minnesota United par un glorieux soir d’automne 2015.

Samedi, il portera les couleurs du puissant FC Cincinnati. La date est inscrite sur son calendrier depuis longtemps. Trop longtemps.

« Je suis très excité. Je devais revenir en 2016 quand j’étais avec Jacksonville, mais j’ai été échangé à Miami la veille de notre départ. Tout avait été planifié. Nous avions un bon cercle d’amis ici. Alors, nos billets d’avion avaient été achetés à l’avance. Un beau voyage de 11 jours pour ma femme et ma fille. Finalement, elles s’étaient rendues à Ottawa sans moi ! »

Magnifique meneur de jeu à la crinière blonde, Richie Ryan n’a laissé personne indifférent lors de son séjour dans la capitale nationale. Encore aujourd’hui, il fait partie des joueurs préférés des partisans. Pourquoi ? L’athlète âgé de 33 ans a sa petite idée.

« J’ai été le premier capitaine d’un club construit à partir de rien en 2014. On jouait à l’Université Carleton, puis nous avons fait le transfert à la Place TD où le club a véritablement pris son envol. En 2015, avec essentiellement le même noyau de joueurs, nous avons remporté le premier -- il aurait pu dire le seul -- trophée du club avec le championnat de la saison d’automne. Nous avions un groupe très spécial. Un lien très serré avait été établi avec nos partisans. Les gens vont toujours s’attacher à des équipes à succès. »

Le Fury n’a jamais été capable de recréer cette magie après le départ de Marc Dos Santos, qui a engendré un exode de joueurs à l’arrivée de son successeur Paul Dalglish. Ryan avait lui-même décidé d’aller poursuivre sa carrière ailleurs.

« De mon époque, il ne reste que Colin Falvey et Carl Haworth chez les joueurs et Julian De Guzman est devenu directeur général. C’est la nature du soccer de deuxième division. Les joueurs passent souvent à autre chose, mais lors des deux années où j’ai joué à Ottawa, notre vestiaire était axé sur la famille. Je dois dire que Marc Dos Santos avait fait tout un travail en ce sens. »

La visite de Ryan se fera très rapidement. Si le temps le lui permettait, il aimerait aller casser la croûte chez Fratelli’s, un restaurant du quartier Hintonburg où il s’était installé avec sa jeune famille.

« Je conserve des souvenirs impérissables de mon passage ici. Ma fille, Polly est née ici. Ottawa aura toujours une place de choix dans nos cœurs. Il y a une grande communauté irlandaise ici et les gens nous avaient adoptés. Sur le terrain, les partisans savent qu’un Irlandais donne toujours 110 % de lui-même. Ils savent aussi que nous sommes un peu dingues ! »

Folie furieuse à Cincinnati

À Cincinnati, Richie Ryan a disputé chaque minute des cinq premiers matches de son club. Là-bas, il a la chance d’évoluer devant des foules de 25 000 personnes par match.

« N’importe quel joueur de soccer veut jouer devant de grosses foules. Elles nous injectent une dose d’adrénaline. Nos partisans sont ambitieux. Le club l’est tout autant. Il met tout en place pour accéder à la MLS. »

Rendu à 33 ans, Ryan n’a jamais cessé de rêver à faire le saut dans la meilleure ligue d’Amérique du Nord.

« Mon objectif ne change pas. Depuis que j’ai quitté l’Europe, je veux jouer dans la MLS. Pour une raison que j’ignore, cette occasion ne s’est pas encore présentée. Si Cincinnati passe à la MLS, j’espère que j’en aurai assez montré pour faire partie de leurs plans. »

PAS LE TEMPS DE CÉDER À LA PANIQUE

À son cinquième essai, le Fury va courir après sa première victoire de la saison 2018 dans la USL samedi après-midi à la Place TD.

La commande s’annonce difficile. Le club de Nikola Popovic a beau avoir amassé son premier point de la saison le week-end dernier dans un verdict nul 1-1 contre le FC North Carolina, le prochain adversaire sera plus coriace.

Parce qu’il prépare une éventuelle rentrée dans la MLS et parce qu’il a les poches pleines à force d’attirer 25 000 spectateurs à ses matches, le FC Cincinnati (2-1-2) fait partie de l’élite de la USL.

«Sur une base individuelle, ce club est rempli de joueurs vedettes. Richie Ryan, Nazmi Albadawi, Blake Smith, Daniel Haber, Emery Welschman, Danni Konig ne sont que quelques noms qui me viennent en tête. Ils ont un gros budget. Ils ont des joueurs de type MLS, alors je m’attends à une très forte opposition», a lancé Popovic vendredi matin après le dernier entraînement des siens.

Le Fury a été malmené à ses deux premiers matches de la saison sur la route, mais il a pris du mieux dans ses deux matches suivants. Le club a enfin eu la chance de tenir une semaine complète à l’entraînement à la Place TD et Popovic souligne qu’il a vu des améliorations chez ses troupiers.

«Nous avons commencé à travailler différents éléments que nous avions dû négliger sur la plus petite surface du dôme intérieur. Nous pouvons aller plus en profondeur sur le modèle que nous tentons d’installer. Il y a de l’amélioration sur le terrain, mais ce que vous ne pouvez pas mesurer, c’est le travail qui se fait à l’intérieur de l’organisation. Cette amélioration ne se mesure pas encore sur le tableau indicateur. Nous voulons instaurer une nouvelle culture au sein du club et ce travail va bon train.»

Le Fury (0-3-1) va disputer le deuxième d’une série de trois matches consécutifs à domicile samedi et Popovic assure que la patience des partisans va finir par rapporter. Quand le système de jeu axé sur la possession du ballon aura été maîtrisé par ses joueurs, il y a aura du soccer excitant à la Place TD.

«Notre système est très exigeant. Il a encore besoin de travail, mais nous avons les éléments en place pour que ça fonctionne. Il nous reste à apprendre à garder le ballon plus longtemps pour comprendre les chances de marquer que nous pouvons créer. Nous avons été mieux dans le dernier match.»

Même si le Fury n’a qu’un point au classement, Popovic signale qu’il n’est pas question de céder à la panique.

«Nous visons une place dans les séries. Nous sommes conscients qu’il faut commencer à accumuler des points, mais la fondation que nous sommes en train d’installer a besoin de temps avant de rapporter ses dividendes.»

Joueur MLS à surveiller

Pour les partisans de la MLS, il sera intéressant de surveiller le défenseur Doneil Henry, prêté par les Whitecaps de Vancouver afin de recouvrer la forme.

«C’est un joueur solide à ce qu’on m’a dit, mais il ne maîtrisera pas notre système de jeu immédiatement. Ce qui est dommage, c’est qu’il va le maîtriser quand il sera prêt à retourner à Vancouver!»