Maxime Crépeau a réalisé, samedi, son troisième blanchissage en 10 jours.

Maxime Crépeau ne laisse rien passer

Maxime Crépeau aurait difficilement pu imaginer une meilleure façon de célébrer son anniversaire de naissance.

Vendredi, le gardien de buts québécois a soufflé 24 bougies.

Il n’a pas trop fait de vagues.

Samedi, il a enfilé ses chaussures à crampons et son maillot jaune serin. Il a sauté sur la pelouse – artificielle – de la Place TD pour aider le Fury d’Ottawa à vaincre le club de réserve d’Atantla United, 2-0.

« C’est un BEAU cadeau de fête, s’est-il exclamé. Une belle victoire, un autre blanchissage... Que pourrais-je demander de mieux ? »

La vie semble, effectivement, sourire au jeune athlète de Greenfield Park qui a été prêté au Fury par l’Impact de Montréal.

Il s’agissait de son troisième blanchissage en 10 jours.

Il a maintenant franchi le cap des 300 minutes sans concéder un seul but.

« Mon rôle, personnel, c’est d’offrir à l’équipe une chance de gagner. Je ne suis pas tout seul, derrière. Les trois derniers blanchissages, ce n’est pas juste moi. Les gars travaillent super bien devant moi. Nous l’avons encore vu aujourd’hui », a-t-il déclaré après la partie.

« C’est un effort collectif quand on parle de clean sheets. À la fin de la journée, le gardien peut sortir du lot parce qu’il ne concède pas, mais toute l’équipe devant souffre pour obtenir ce résultat », a-t-il précisé. Crépeau choisit donc la prudence et la modestie, ce qui semble sage.

Trois blanchissages, c’est bien. Il demeure quand même loin du record d’équipe qui appartient à Romuald Peiser.

Le Français a joué pendant 648 minutes consécutives sans laisser passer un seul ballon, durant cette mémorable saison 2015 où il a remporté les gants dorés dans la North American Soccer League (NASL).

Crépeau atteint quand même son objectif premier.

Le Fury a profité de sa belle séquence pour quitter la cave du classement de la United Soccer League (USL).

Les deux victoires et le match nul devraient, au minimum, purifier l’air dans les salons de la Place TD. Tous les joueurs et les dirigeants, qui demandent du temps et de la patience aux partisans depuis le début de la saison, pourront respirer un peu plus à l’aise.

Les choses changent, affirme Crépeau, qui s’affirme de plus en plus comme un leader.

« On l’a senti à Harrisburg, lundi. On l’a senti, ici, aujourd’hui. On a encore bien débuté le match. On a marqué deux buts. Ensuite de ça, on gérait, entre guillemets. Nos adversaires avaient le ballon, mais ils n’étaient pas vraiment dangereux. Donc, ça ne nous dérangeait pas plus que ça. C’est pas comme si nous avions affronté une équipe qui nous avait poussé à jouer sur les talons en essayant des passes en profondeur ou des tirs au but », analyse-t-il.

« Il n’y a pas de transformation, juste une meilleure compréhension. Les gars s’habituent à jouer avec de nouveaux coéquipiers. Au début, les gars ne connaissaient pas vraiment celui qui s’alignait à gauche ou à droite. Il y avait donc moins d’automatismes. Dans une nouvelle saison, il faut de la patience. On s’est dit qu’on se donnait du temps pour bien tout comprendre. On voit maintenant que des automatismes commencent à se former. »

Les attaquants

L’entraîneur-chef du Fury, Nikola Popovic, n’a pas envie de voir la vie en rose. Pas si vite, dit-il.

Crépeau n’était pas scandalisé de voir les visiteurs contrôler le ballon, en fin de match.

Son patron, lui, n’a pas aimé sa lecture de la feuille de match. Le Fury a contrôlé le ballon pendant 33 % du match, seulement. « C’est nettement insuffisant. Nous devons faire mieux », a-t-il décrété.

L’entraîneur était quand même heureux de savoir que Steevan Dos Santos a enfin brisé la glace. Meilleur marqueur de l’équipe, en 2017, le striker originaire du Cap-Vert a enfin inscrit son premier but en 2018.

Dans la victoire de 2-0, Carl Haworth a été l’autre marqueur.

« C’est bon de contribuer aux succès à l’attaque. Nous ne pouvons quand même pas laisser Colin Falvey marquer tous les buts, rigole le capitaine.

L'Impact de Montréal tarde à enfiler les victoires cette saison.

DÉJÀ BEAUCOUP D'EAU DANS LA CALE DE L'IMPACT

L’Impact n’a peut-être pas souvent eu de débuts de saison éclatants depuis son arrivée en MLS en 2012, mais n’empêche que la situation commence à être inquiétante pour la formation montréalaise.

Le président de l’équipe Joey Saputo avait raconté lors de son bilan de fin de saison l’automne dernier qu’il avait commencé à s’inquiéter de l’état de son équipe tard en avril, quand elle présentait un dossier de 1-3-4. Sous les ordres de Mauro Biello, le Bleu-blanc-noir avait temporairement redressé la barre avant un autre effondrement au cœur de l’été, puis une fin de campagne désastreuse qui a mené au départ de l’entraîneur.

Après 11 rencontres la saison dernière, l’Impact présentait un dossier de 3-4-4 et avait 13 points au compteur. Malgré l’arrivée de Rémi Garde et de nombreux changements au sein du personnel de joueurs, voilà que la formation montréalaise présente une fiche de 3-8-0 pour un total de neuf points – son deuxième plus petit total à ce point-ci de la saison dans son histoire en MLS.

Selon ce qu’a rapporté le réseau TVA Sports, Saputo se serait rendu dans le vestiaire après la défaite de 2-0 contre l’Union de Philadelphie samedi pour dire à ses joueurs que leur performance avait été « inacceptable » et « embarrassante ».

« Ce qui m’inquiète, c’est de ne pas avoir suffisamment de joueurs à ma disposition, a pour sa part affirmé Garde. Nous en avons perdu deux autres cette semaine sur des blessures. Ça fait beaucoup. Nous avons un groupe décimé.

«C’est une période difficile, mais nous devons nous relever la tête, regarder devant et nous remettre en question individuellement.»

Le milieu de terrain Jeisson Vargas et le défenseur Victor Cabrera sont les deux derniers membres de l’Impact à avoir pris la direction de l’infirmerie. Les défenseurs Rudy Camacho, Zakaria Diallo et Kyle Fisher, ainsi que le milieu de terrain Marco Donadel sont les autres joueurs présentement sur la touche. Les défenseurs Rod Fanni et Michael Petrasso, tout comme l’attaquant Anthony Jackson-Hamel, ont aussi raté quelques matchs depuis le début de la campagne en raison de blessures.

Si les absents sont nombreux sur la ligne arrière et les adversaires en ont profité à quelques reprises, voilà que c’est au tour de l’attaque d’être portée disparue. Après avoir brillé dans une victoire de 4-2 contre le Revolution de la Nouvelle-Angleterre, l’Impact a été blanchi par le Fire de Chicago, 1-0, et l’Union.

Depuis le début de la saison, tout tourne autour d’Ignacio Piatti offensivement chez l’Impact. L’Argentin âgé de 33 ans a participé à 11 des 14 buts du Bleu-blanc-noir grâce à cinq buts et six aides. Et il est 8-en-8 lors des quatre rencontres disputées en sol montréalais grâce à quatre buts et quatre aides.

«C’est vrai que quand (Piatti) est bien, il est tellement influent sur l’équipe, nous n’allons pas lui demander d’être moins influent, a mentionné Garde. Peut-être qu’inconsciemment, les joueurs autour se reposent sur lui.»

Raheem Edwards et Jackson-Hamel ont profité de mises en scène de Piatti pour inscrire respectivement un et deux buts cette saison. Edwards a aussi marqué sur un centre de Daniel Lovitz en mars. Tout en admettant l’importance de Piatti au sein de l’équipe, ils savent qu’ils doivent mieux épauler leur coéquipier étoile.

«Absolument, sinon nous ne gagnerons pas, a répondu Edwards quand il a été questionné sur l’importance d’appuyer Piatti. Nous devons lever notre jeu d’un cran - moi et le reste de l’équipe.»

Saputo n’a jamais été particulièrement patient, lui qui a fait de Garde le cinquième entraîneur de l’équipe en sept saisons. Cependant, si l’arrivée d’un nouveau personnel d’entraîneurs et d’une dizaine de joueurs par le biais d’échanges ou du recrutement international n’a pas corrigé certaines des lacunes récurrentes de l’Impact, comme les buts concédés sur phases arrêtées ou en fin de rencontre, le président devra peut-être décider si ce n’est pas plutôt au niveau de l’évaluation des joueurs qu’il y a une défaillance.


Avec La Presse canadienne