Nikola Popovic amène son club en terrain inconnu à Halifax pour le premier match entre une équipe de la United Soccer League et une autre de la Canadian Premier League.

Match historique du Fury à Halifax

Le débat soulève les passions des amateurs du soccer partout au pays.

Le Fury d’Ottawa devrait-il continuer d’être le seul club canadien à jouer dans le championnat de la USL ? Encore aujourd’hui, les adeptes de la Canadian Premier League (CPL) digèrent mal que l’équipe de la capitale ne fasse pas partie du nouveau circuit national à sept clubs. Le Fury a préféré rester au moins une autre saison dans une ligue qui a fait ses preuves au lieu de tout risquer en s’engageant dans une ligue naissante.

Mercredi soir à Halifax, le Fury disputera le premier match d’une série aller/retour historique. Les billets ont tous trouvé preneurs pour ce premier duel entre un club de la USL et un autre de la CPL. L’entraîneur-chef Nikola Popovic est bien conscient de l’enjeu élevé de cette série.

« Nous savons tous ce qui s’est passé cet hiver », dit-il en faisant allusion à l’épisode où la CONCACAF avait initialement refusé de sanctionner la saison 2019 du Fury dans la USL sous prétexte qu’à titre de club canadien, il devait plutôt se ranger vers la CPL, le plus haut circuit national.

Pour Popovic, il est donc normal que son club et ceux de la CPL entretiennent une rivalité encore plus féroce. Il sait que plusieurs souhaitent l’échec d’un club qui fait bande à part.

« Il faudra faire attention. Il faut laisser les émotions de côté. Il faut rester concentré sur nos tâches, notre vision et ce que nous voulons faire. Tout le reste, nous allons le laisser aux partisans. Ce sont des facteurs extérieurs. Le championnat canadien est une compétition spéciale pour nous. C’est une période excitante de l’année pour notre club. Nous voulons bien faire. »

Pour la première fois de l’histoire, 13 clubs ont amorcé cette compétition nationale. Il n’en reste plus que sept pour les quarts de finale.

Le gagnant de la série Ottawa/Halifax va affronter le FC Toronto au prochain tour. Champions en titre, les Torontois seront les derniers à amorcer le tournoi à l’étape des demi-finales. Deux autres clubs de la CPL ont survécu aux premières rondes éliminatoires. Le York 9 se mesurera à l’Impact de Montréal à compter de mercredi. Même chose pour le Cavalry de Calgary contre les Whitecaps de Vancouver.

Dans cette compétition, tout peut arriver. Le Fury a notamment gagné deux fois contre des « géants » de la MLS à domicile. En 2017, le Fury avait renversé les Whitecaps 2-0. En 2018, il avait surpris le FC Toronto 2-1 devant ses partisans de la Place TD. Nikola Popovic se méfie donc des Wanderers, un club qui occupe le quatrième rang de la CPL avec une fiche de 3-5-2, mais qui n’a perdu qu’une seule fois en six matches à domicile.

« C’est un club dangereux qui fait partie d’une nouvelle ligue. Ils ont un club physique. Ils seront devant leurs partisans. Il faudra être aux aguets. »

Capitaine Haworth motivé

Membre du Fury depuis ses débuts, Carl Haworth en sera à sa sixième participation au championnat canadien. On le sentait fébrile à l’approche du match très attendu.

« C’est facile de se lever pour ce genre de match. Cette compétition fait partie de nos faits saillants dans une saison. Nous sommes préparés. C’est enfin le moment de jouer. Si nous jouons à la hauteur de nos capacités, nous devrions être corrects. Nous savons que le FC Toronto nous attend dans la prochaine ronde. Notre objectif, c’est de jouer contre eux. En même temps, nous savons que Halifax va jouer pour la réputation de sa ligue. Il faudra les respecter. »

+

Manque d’effectifs au mauvais moment

Les règles du championnat canadien de soccer sont bien claires. Chaque équipe participante doit inscrire un minimum de trois joueurs canadiens sur son alignement de départ.

Jusque là, il n’y a aucun problème. Le Fury d’Ottawa mise sur 17 joueurs canadiens et huit joueurs internationaux. Les Wanderers de Halifax ont 15 Canadiens et 10 joueurs étrangers.

C’est après que ça se complique un peu pour le club de la capitale nationale. Dans son match le plus important de la saison et possiblement un des plus marquants de ses six années d’existence, le Fury se retrouve en manque d’effectifs et le sourire de Nikola Popovic était plutôt jaune avant de s’envoler vers Halifax mardi matin.

« Nous voulons que notre club devienne la référence en matière de développement de joueurs canadiens. Nous avons plusieurs Canadiens de grande qualité, mais il s’agit de savoir lesquels pourront survivre à notre horaire de fou... Notre calendrier n’a pas été tendre envers nous. Nous multiplions les séries de deux matches par semaine avec beaucoup de déplacements. Nous venons de compléter notre dernier match à seulement 10 joueurs (carton rouge) pendant plus de 70 minutes. Nos joueurs sont fatigués. Plusieurs traînent des blessures. »

Alignement inconnu

Trois joueurs clés n’ont pas pris part au dernier match à New York vendredi dernier : Mour Samb (le meilleur compteur du club), Wal Fall et Charlie Ward (les deux pièces maîtresses au centre du terrain). Samb traînait une blessure. Fall est à la veille de devenir père pour la première fois. Sa compagne attend un bébé d’un jour à l’autre. Le couple n’a pas de famille au Canada. L’Allemand souhaite donc rester près de la maison en attendant le grand jour. Ward a quant à lui profité d’un repos mérité.

« Il faudra voir ce que nos médecins vont dire. On ne peut rien faire pour Wal, c’est sûr ! Ward est prêt. Mour ? On ne sait pas. Même chose pour Kevin Oliveira qui a été blessé à la fin du dernier match. Maxim Tissot est revenu dans le dernier match. Il pourra nous donner plus de minutes. On vise une rentrée à la 65e minute pour lui. Thiago [De Freitas] a commencé son premier match à New York. Jamar Dixon revient à peine d’une blessure et c’est la même chose pour Nana Attakora. Carl Haworth et Thomas Meilleur-Giguère jouent en dépit de blessures mineures. On se croise les doigts », a ajouté l’entraîneur Popovic.

Dans les circonstances, il pourrait fort bien lancer un appel à deux joueurs en parfaite santé. Cameron Shaw et Antoine Coupland sont des adolescents de 18 et 15 ans, mais ils ont la confiance de l’entraîneur-chef après avoir signé des contrats d’académie de la USL la semaine dernière. « L’occasion pourrait se présenter pour eux », avoue Popovic.

Contre Elton John

Chez les Wanderers, il faut savoir qu’ils attirent en moyenne plus de spectateurs (5988) à leurs matches que le Fury (4327). Leur meilleur compteur est Akim Garcia. Il a cinq buts en 13 matches. Ils ont aussi un joueur nommé Elton John ! Il est natif de Trinidad-et-Tobago.