Julian De Guzman veut que le Fury soit une terre d’accueil pour les joueurs de soccer canadien.

Le Fury prend possession de la Place TD

Il était temps ! Samedi, le Fury d’Ottawa va lancer sa sixième saison locale depuis son ascension au soccer professionnel alors que le Nashville SC sera le visiteur, mais les joueurs de Nikola Popovic ont seulement commencé à s’entraîner à la Place TD mercredi.

L’hiver s’est éternisé. Depuis trois semaines, les joueurs du Fury s’entraînaient à l’intérieur du Complexe Branchaud-Brière en attendant que la neige dégage la surface synthétique du parc Landsdowne.

« C’était important pour nos joueurs, surtout les nouveaux, d’apprivoiser leur environnement. S’entraîner dans le froid pourra jouer à notre avantage contre Nashville, un club qui se prépare à faire le saut dans la MLS en 2020 », a expliqué le directeur général Julian De Guzman.

Le Fury n’a pas joué depuis deux semaines. Après avoir étiré son camp d’entraînement en Floride pour s’entraîner à l’extérieur dans un environnement naturel, il a amassé quatre points sur une possibilité de six à ses deux premiers matches à l’étranger.

« Nous aurions été corrects avec un point et contents avec trois points. Quatre ? C’est un accomplissement majeur. Nous n’avons jamais fait ça à nos cinq premières années ! Ces points échappés en début de saison ont été un facteur déterminant quand nous avons raté les séries en 2017 et 2018. »

À sa deuxième année complète comme directeur général, l’ancienne gloire du soccer canadien a eu le temps de créer une identité pour le Fury : un club professionnel de deuxième division en Amérique du Nord qui mise majoritairement sur des joueurs canadiens au talent au-dessus de la moyenne et complété par des joueurs étrangers qui peuvent faire la différence.

« Quand je suis arrivé ici comme joueur en 2015, il n’y avait pas de culture. Tout était nouveau pour ce club. Nous avons très bien fait en 2015, mais nous n’avions pas vraiment d’histoire quand Marc Dos Santos est parti. Aujourd’hui, j’aime penser que notre club peut servir de terre d’accueil pour tous les Canadiens qui veulent jouer au soccer professionnel. Ils pourront devenir le visage de la franchise en jouant plus de 100 matches ici ou se servir de notre tremplin pour accéder à la MLS ou aux ligues européennes. »

Pour Julian De Guzman, il est maintenant clair que le Fury est devenu le seul club canadien sur les 36 clubs de la USL.

« Nous avons 7-8-9 joueurs canadiens sur le 11 partant. Nous sommes un club canadien qui arrive à gagner des matches. Nous devons devenir un club des séries. Et quand nous avons des joueurs étrangers, ils doivent être capables de faire la différence comme j’étais le Canadien qui devait faire la différence quand j’ai joué en France, en Allemagne ou en Espagne. Nous sommes en train d’écrire notre histoire. La USL est en pleine évolution. Elle se situe là où était la MLS il y a 15 ans et nous avons besoin de ce club pour accorder des minutes de qualité à nos Canadiens qui vont jouer dans les équipes nationales. »

Matches historiques

La saison locale du Fury sera lancée samedi après-midi, mais déjà, les partisans surveilleront le calendrier. En juillet, le Championnat canadien prendra une ampleur inégalée alors que le Fury devra affronter un club de la nouvelle Canadian Premier League (CPL) pour la première fois.

« Cette année, des équipes de cinq ligues vont participer au championnat : la Première ligue du Québec, la League One d’Ontario, la CPL, la USL et la MLS. Ça va être le championnat le plus excitant de l’histoire ! Jeune, je mourais d’envie de voir un tel championnat au Canada et ça s’en vient ! »

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DES VISAGES CONNUS, D'AUTRES À DÉCOUVRIR

L’édition 2019 du Fury d’Ottawa, c’est 24 joueurs, dont 16 Canadiens et 12 vétérans de l’édition précédente.

Écarté des séries pendant trois saisons consécutives, le Fury a conservé un noyau de joueurs pour lui greffer quelques vedettes qui devraient gagner rapidement le cœur des partisans à la Place TD. Le portrait a été complété par des joueurs prêtés par le FC Toronto et l’Impact de Montréal dans la MLS. De l’avis du directeur général Julian De Guzman (JDG), ce groupe sera apte à exécuter le système de jeu axé sur la possession que privilégie l’entraîneur-chef Nikola Popovic. Faute de joueurs avec les qualités recherchées l’an dernier, Popovic avait dû abandonner rapidement ce système afin de sauver la face après un départ catastrophique.

« Dans nos deux premiers matches, nous avons distribué le ballon à un rythme beaucoup plus soutenu qu’à notre moyenne des dernières années. La qualité des passes a également augmenté. L’intensité à l’entraînement aussi. Ça nous a permis d’être en possession du ballon et de créer plus d’occasions de marquer », a résumé JDG.

Furieusement connus

Carl Haworth : le capitaine n’a plus besoin de présentation. Il est l’unique survivant de la première édition du Fury. Il compte 125 matches dans l’uniforme noir, rouge et blanc. Il est aussi le meilleur marqueur de l’histoire.

Thomas Meilleur-Giguère : prêté par l’Impact pour une troisième saison consécutive, le défenseur de 21 ans a été le « jeune joueur » par excellence du Fury l’an dernier où il a amorcé chacun des 26 derniers matches. Il se rapproche dangereusement de la MLS.

Thomas Meilleur-Giguère, Jamar Dixon, Carl Haworth et Maxim Tissot sont déjà bien connus des partisans du Fury.

Maxim Tissot : Le Gatinois de 26 ans récupère toujours d’une opération à un genou avant d’entamer une troisième saison à Ottawa après avoir longtemps été un membre de l’Impact de Montréal. Les blessures ne l’ont pas lâché l’an dernier, si bien, qu’il n’a pris part qu’à deux matches. Il a gagné le championnat de la NASL avec Marc Dos Santos à San Francisco en 2017.

Jamar Dixon : Natif d’Ottawa, le milieu de terrain de 29 ans amorce déjà sa quatrième saison avec le club. Il a été le joueur de l’année du Fury en 2017.

Nouvelles vedettes

Christiano François : L’attaquant haïtien joue à un des rythmes les plus rapides de la USL. Pour un petit joueur, il joue avec puissance et excelle dans les duels à un contre un. Il arrive de Pittsburgh où il était un joueur important l’an dernier.

Wal Fall : Le milieu de terrain allemand représente le coup de maître de JDG durant la saison morte. Il a toujours fait partie d’équipes gagnantes dans la USL. JDG le compare à Atiba Hutchinson, un des meilleurs milieux de terrain de l’histoire du soccer canadien. Fall organise l’attaque et peut marquer des buts aussi.

Charlie Ward : Ce milieu de terrain anglais de 24 ans sera le quart-arrière du club. Il va construire le jeu à partir de l’arrière. C’est un moteur inépuisable sur le terrain. Toujours occupé, il couvre beaucoup d’espace et s’assure de récupérer le ballon pour son équipe.

Charlie Ward, Wal Fall et Christiano François