L’entraîneur-chef du Fury, Nikola Popovic, estime que son équipe n’a qu’une «toute petite chance» de gagner face au Toronto FC mercredi.

Le Fury peut-il (encore) surprendre?

Le Fury d’Ottawa a déjà réussi l’exploit de vaincre un club de la MLS en compétition officielle. Deux fois plutôt qu’une, même.

En 2016, en demi-finale du Championnat canadien, ils ont blanchi les Whitecaps de Vancouver 2-0, durant une soirée mémorable à la Place TD.

En 2017, scénario similaire. Toujours devant leurs supporters, ils ont réussi à remonter la pente dans la deuxième demie pour surprendre le Toronto FC, 2-1.

Si on voulait simplifier au maximum les choses, on pourrait penser qu’ils n’ont qu’à reprendre la même recette pour que le scénario se répète une troisième fois.

Le Fury accueillera de nouveau le Toronto FC, mercredi soir. Le format ne change pas. L’équipe qui remportera la série aller-retour se qualifiera pour la grande finale du Championnat canadien.

«Cette année, ce sera complètement différent», intervient toutefois le nouvel entraîneur-chef du Fury, Nikola Popovic.

«Il n’y a absolument aucun point en commun, aucun rapport. Les joueurs sont différents. Les années sont différentes. Nous ne sommes pas au même endroit, dans le calendrier. Les matches seront complètement différents», ajoute-t-il, avant de dire toute son admiration pour les Torontois qui s’amènent.

«Nous ne parlons pas uniquement d’un des meilleurs clubs de soccer de toute l’Amérique du Nord. Le Toronto FC forme un des meilleurs clubs de toute la CONCACAF, argue-t-il. Vous n’êtes pas sans savoir qu’ils ont atteint la finale de la Ligue des champions. Ils sont les tenants du titre de la MLS Cup. Ce ne sera pas facile, pour nous. Je crois que nous avons une chance de gagner, mais il s’agit d’une toute petite chance.»

Un collègue lui a fait remarquer que les champions de 2017 ne connaissent pas une saison 2018 à tout casser. Ils ont remporté seulement quatre de leurs 19 premières parties en saison régulière. Ils occupaient en début de semaine le 10e rang – sur 11 équipes – dans l’Association Est.

«Ils ont quand même une masse salariale très élevée. Ils ont des joueurs célèbres. Ils ont remporté des titres prestigieux», a-t-il répondu.

Les survivants
Popovic a raison. Les changements survenus au cours des derniers mois ont transformé le visage du Fury.

Il suffit de consulter le XI partant, lors de la visite précédente de TFC. Seulement quatre joueurs appartiennent toujours au club.

«Le monde a beaucoup changé, acquiesce un des rares survivants, le défenseur Eddie Edward. Dans le sport, comme dans la vie, les succès du passé ne veulent rien dire quand on vit dans le moment présent.»

«Il n’a pas été facile de gagner ce match, l’an dernier. Je m’en souviens très bien. Nous avions su profiter de leurs rares erreurs», indique un autre «survivant» de 2017, le milieu de terrain Jamar Dixon.

Edward, un joueur qui est originaire d’Ottawa, note toutefois des similitudes. Pour les supporters et pour les dirigeants du Fury, la demi-finale du Championnat canadien revêt toujours un cachet particulier.

«Je ne peux prétendre le contraire. Ce serait malhonnête de ma part», déclare-t-il.

«Nous avons mis tout plein de joueurs de talent sous contrat, durant la saison morte. Ces joueurs doivent livrer la marchandise, maintenant. Leur tour est venu.»

Gagnon-Laparé devra patienter

Jérémy Gagnon-Laparé sera très bientôt appelé à jouer un rôle important, au milieu de terrain, avec le Fury.

Chaque chose en son temps. Il ne devrait pas faire partie du XI partant contre le Toronto FC.

Au terme de la séance d’entraînement de mardi, le jeune Québécois récemment embauché s’est dit anxieux. « Je suis un joueur de soccer. Je me sens prêt », a-t-il déclaré.

« Je sais que j’ai des ajustements à faire. Je dois me familiariser avec le système de jeu. Je dois développer des automatismes avec mes nouveaux coéquipiers. C’est cool, il y a quand même pas mal de joueurs ici que j’ai déjà vu. J’ai croisé certains joueurs lors des camps d’entraînement de l’équipe nationale. J’en ai côtoyé d’autres lors de mon passage avec l’Impact de Montréal. Il y a Jimmy, Gabby, Max Crépeau, Max Tissot... Je n’aurai pas trop de mal à entrer dans le groupe. »

Nikola Popovic ne veut pas brûler d’étapes. L’entraîneur-chef du Fury dit souvent qu’un joueur doit « apprendre une nouvelle langue » lorsqu’il de joint à un nouveau club.

« Dans les prochaines semaines, Jérémy devra découvrir ce qu’on fait. Il devra se familiariser avec notre culture. Il devra découvrir nos valeurs. Pourquoi sommes-nous ici ? Que faisons-nous ? Quand il saura tout ça, son intégration se fera tout naturellement », pense-t-il. « Je ne suis pas inquiet. Un joueur aussi talentueux devrait franchir les étapes très rapidement. »

Gagnon-Laparé a joué en deuxième division française, en 2017. Il s’est dit charmé par le plan d’action du directeur général du Fury, Julian De Guzman. « Ça me parle, dit-il. On sent qu’il y a une direction, ici. Le club sait où il veut s’en aller. Pas mal de trucs ont été mis en place par le coaching staff et par Julian. Les Canadiens, ici, se sentent valorisés. »